‹ L'Ingénieur Social Dans L'EntrepriseChapitre 9 sur 46 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

Afin d'obtenir les conditions les plus confortables pour tous, les températures « Standard » ci-dessous seront maintenues aussi près que possible des chiffres ci-dessous:

Bureaux et ateliers de dessin .............. 670à 6902

Ateliers et pièces où les ouvriers travaillent DRSES es e 0 ne CCR Eee OS RE 679 à 690

1. Tarsezz (Ida), New ideals in business. N. Y. Mac Millan, 1916

2. Nous indiquons ici des degrés Fahrenheit dont le 32° corres pond au 09 cent.

Ateliers et chambres où les ouvriers sont modérément actifs et sont libres d’aller CREME RSS PRE LAURE ER OS 0 26077

Serruriers, ateliers de menuiserie, etc........ 550 à 650

On s’est préoccupé d'améliorer l’aération des ateliers et d'y maintenir une température constante parce qu’on s’est aperçu que le rendement en était augmenté. Voici quelques exemples qui le prouveront surabondamment : La Western Electric Instrument C° à pu adopter la journée de 8 heures en été, et, cependant, le travailleur aux pièces produisait sensiblement autant que sous le régime de dix à douze heures. De même, l’Hamilton Watch C9 écrivait à la maison qui lui avait posé des ventilateurs qu’un semblable phénomène se constatait dans le travail de ses ouvriers.

Enfin, pour compléter l’ensemble de la construction et rendre l’usine vraiment agréable, les patrons, poussés par les ingénieurs sociaux, ont ménagé autour des bâtiments des espaces permettant de créer des parcs. Ils ont essayé de réaliser cette formule « l’usine dans un jardin ». On voit que les chefs d'industrie, encouragés par leurs ingénieurs sociaux, se sont efforcés de placer l’ouvrier dans des conditions de travail agréables en lui fournissant les moyens d’éviter autant que possible les accidents. Maintenant en effet, on ne considère plus l'accident comme un tribut que doit payer au travail l’activité humaine ou comme un risque que l’ouvrier doit connaître avant d’entrer dans le métier. Autrefois, on estimait qu'il devait y avoir tous les ans dans l’industrie un ‘déchet d’ouvriers, comme il y avait un déchet de matières. Mais la campagne inaugurée par le Safety

first Movement a eu pour effet, nous l’avons vu, de dissiper cette erreur. Les patrons savent à présent que l’ouvrier est la plus grande richesse qu’ils possèdent. Pour le protéger, tout un programme d’amélioration a été mis en œuvre : Ce fut le rôle du Safety Program.

On s’est convaincu d’abord que pour lutter contre les accidents, il était nécessaire de rendre populaire |’ (esprit de Safety ». Pour cela on employa deux moyens : Eduquer les ouvriers et faire de la propagande.

L'éducation des ouvriers se fit surtout grâce à des conférences où l’on essayait d’éveiller leur attention et de ‘es faire réfléchir en leur permettant d'apporter des suggestions en vue d'éviter les accidents. On organisa ensuite des concours où ces suggestions devaient être primées.

La propagande fut plus activement menée, le Safety Publicity devint très à la mode. On posa dans les ateliers des affiches avisant les ouvriers des dangers qu’ils couraient et leur exposant les moyens de les éviter. Parfois on introduisit dans les enveloppes de paye des papillons dans le même genre.

Cependant cette propagande n’était pas suffisante ; ‘ on comprit qu'il fallait lutter contre les accidents d’une manière plus scientifique. On se mit alors à l’étude et à l’invention d'appareils de protection. Pour trouver des appareils vraiment efficaces, il fallait rechercher tout d’abord les causes des accidents. Voici comment on procédait. Quand un malheur survenait, on commençait par faire une enquête ; le plus souvent conduite par un spécialiste « le safety expert », dont le premier acte était de prendre une photographie de la façon suivant

laquelle l’accident était survenu. Ensuite il faisait un rapport soumis à un comité appelé Comité de Safety; formé de directeurs qui prenaient les décisions voulues,

Dans quelques usines, à côté de ce Comité composé de chefs de service, on en créait un autre ayant un rôle purement consultatif et formé uniquement d’ouvriers. Le véritable but de ce second comité était d’éduquer les ouvriers, de les rendre favorables et de les intéresser aux mesures de Safety par l’intermédiaire de leurs délégués.

Parfois ces comités nommaient des commissaires ouvriers, chargés de veiller à l’application des règlements, qui avaient en général une autorité extraordinaire sur leurs camarades et qui étaient obéis beaucoup plus que ne l’auraient été des représentants patronaux.

Ainsi on retrouve à l’intérieur de l’usine une propagande semblable à celle que nous avions vu s’exercer sur le patronat. Nous assistons à la mise en pratique des campagnes destinées à émouvoir l'opinion. Rappelons que nous avions cité aussi celle entreprise en vue d’organiser dans les usines des services médicaux, examinons donc les résultats qu’elle a obtenus.

Nous n’envisagerons pas les débuts des services médicaux, nous étudierons simplement leur forme actuelle et leur domaine d’application. À

Une des principales attributions de ces services est lPexamen de l’ouvrier dès l’embauche, qui permet de déceler les aptitudes physiques et de diriger le travailleur vers les ateliers qui lui conviendront le mieux.

On élimine ainsi ceux auxquels le travail de l’usine ne conviendrait pas. Le service médical refuse par

exemple dans une fabrique où l’on requiert un travail de précision un ouvrier dont la vue sera faible. De même ayant à examiner une candidate dont les poumons sont légèrement atteints, 1l ne permettra pas qu’elle soit employée dans des ateliers où voltigent des poussières de métaux, il exigera qu’elle soit mise à un travail sain et facile où elle pourra se guérir. Mais si cette jeune ouvrière est par trop atteinte, le service médical lui défendra de pénétrer dans les ateliers où elle risquerait de contaminer ses camarades. Ainsi ce service protège les travailleurs contre les risques professionnels et les risques de contagion ; 1l évite au patron l’emploi d'éléments inaptes qui sont le plus souvent des causes de retard et de troubles. Mais une fois l’examen d'embauche accompli le rôle du service médical n’est pas terminé. [Il devra suivre l’ouvrier pendant son séjour à l’usine, car, dans certaines maisons, 1l est chargé d’examiner tout ouvrier normal et en bonne santé au moins une fois par an. Le service médical se compose en général d’un médecin et d’une ou plusieurs infirmières ; parfois ce praticien s’adjoint des spécialistes tel que des oculistes ou des radiographes, cela varie suivant les industries et les risques professionnels. !

Voici comment d’après MM. Frankel et Fleischer sont organisés les services médicaux.

1. Le médecin, chef du service médical, est souvent lui-même aussi un spécialiste qui porte le titre de « médecin industriel «. Il acquiert cette formation spéciale dans les écoles de « médecine industrielle » qui existent aux Etats-Unis. Citons par exemple celle de Harvard University où à côté de l’enseignement proprement technique on enseigne l’art d'organiser et de diriger un service : médical,

Chief physician

Special clinics Medical examiner Dispensary Oculist Dentist Doctors Roentgen- Doctor Laboratory | | | tologist | | Assistant Assistant Nurse Nurse Experts Clerical staff Clerical staff TRADUCTION

Médecin chef

Cliniques Docteur faisant Dispensaire de te l'examen médical aide en cas d’accident ee ARE ÈE 40: | Se es Docteurs soignant Ars . gRe ne | | les malades logiste | | Assistant Assistant | Infirmières Experts Infirmières

Personnel de bureau Personnel de bureau

Nous verrons plus loin que le service médical fait maintenant partie intégrante de l’organisation scientifique des usines. Toutefois l’usage que certains industriels en ont fait n’a pas toujours été très noble. Certains patrons les utilisaient comme un moyen de rétablir promptement l’ouvrier et de le renvoyer à son travail au plus vite. Pour cela on lui administrait des remèdes de qualité inférieure qui à la longue faisaient plus de mal que de bien.

Mrs. Tarbell s’indigne contre ces pratiques. « Voilà, dit-elle, ce que l’on fait alors que le vrai but d’un service médical serait de lutter contre l’emploi de ces remèdes si appréciés par l’élément féminin des usines et tellement recommandés par la quatrième page des journaux 1! ». Cet esprit tend de plus en plus à disparaître et le service médical est maintenant organisé aussi bien en faveur des ouvriers que dans l’intérêt des patrons.

Le fonctionnement d’un service médical vraiment complet comporte un personnel de bureau nécessaire à la tenue des fiches qui sont établies dès qu’un ouvrier est nouvellement embauché. On y mentionne tous les examens, l’histoire des maladies et des accidents s’il y a lieu. Ces fiches restent en la possession du service médical tant que l’ouvrier est employé dans la maison. Voici résumés par Mrs. Tarbell quelques-uns des renseignements qu’elles portent. Cet auteur analyse ceux indiqués sur la carte d’une jeune ouvrière Jane Dae qui a subi l’examen d’entrée à l’usine Clothcroft Shop of Cleveland (Ohio).

« Au début cette jeune fille ne présentait aucune maladie organique, seules ses amygdales étaient grosses et cinq de ses dents demandaient de la surveillance. Elle se plaignait aussi de maux de tête, de maux de gorge et de quelques autres petites misères. Cette carte permettait de suivre les différentes visites qu’elle fit à Pinfirmerie et les remèdes qui lui furent ordonnés. Notamment on pouvait remarquer qu’elle venait à la visite quand sa production diminuaït, On notait aussi

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