CHAPITRE VI
Les conditions d’admission dans une école d’occultisme n’ont rien d’arbitraire, elles sont déterminées par la nature même du savoir occulte. De même qu’un homme ne saurait devenir un peintre s’il ne veut pas prendre un pinceau en mains, de même personne ne saurait recevoir une instruction occulte s’il ne consent à remplir les conditions que l’instructeur considère comme indispensables. Au fond cet instructeur ne donne jamais que des conseils et c’est dans ce sens qu’il faut accueillir tout ce qu’il dit. Il a lui-même passé par les chemins préparatoires à la connaissance des mondes supérieurs, il a expérimenté ce qui est nécessaire, il dépend du libre vouloir de chacun de suivre ou non la même route.
Si quelqu’un demandait à recevoir les instructions d’un occultiste sans vouloir se plier aux conditions nécessaires, il agirait comme un jeune homme qui irait trouver un professeur de peinture pour lui dire « Apprenez-moi à peindre, mais épargnez-moi la peine de toucher à un pinceau. »
L’action de l’instructeur ne va jamais plus loin que ne le comporte la bonne volonté du disciple, mais il faut remarquer que le désir général de progresser dans la science supérieure n’est pas suffisant. Beaucoup de gens ont naturellement ce désir, mais celui qui se contente de l’avoir sans vouloir se plier aux conditions imposées par l’instructeur ne saurait rien entreprendre de bon. C’est à quoi doivent songer ceux qui se plaignent du peu d’empressement des occultistes à leur égard. Si vous ne voulez pas remplir ces conditions dans toute leur rigueur, il faut que pour le momentvous renonciez à tout progrès occulte. Ces conditions sont, à vrai dire, rigoureuses mais non pas dures, car leur observation doit, de toute nécessité, être un effet de votre volonté libre.
Si l’on ne considère pas ce caractère, les exigences de l’instructeur peuvent apparaître comme une contrainte de l'âme et de l’esprit, car la dis-
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cipline consiste en une culture de la vie intérieure. Il faut donc bien que l’occultiste donne des conseils qui se rapportent à cette vie intérieure, mais on ne saurait considérer comme une contrainte des obligations auxquelles on se soumet librement. Si quelqu’un dit à son maître : « Fais-moi partager la sagesse tout en me laissant à mes sensations, à mes sentiments et à mes représentations d’autrefois», ce qu’il demande est impossible, car il ne veut rien autre que contenter sa curiosité et son désir d’apprendre. Dans de telles dispositions, l’acquisition du savoir occulte est impraticable.
Énumérons maintenant en ordre les conditions imposées au disciple. Avant tout, remarquons que pour aucune d'entre elles on n’exige qu’elle soit intégralement réalisée. Ce que l’on demande, c’est uniquement l’effort sincère pour y parvenir. Personne ne peut satisfaire entièrement à ces exigences, mais il est au pouvoir de tous de commencer à le faire. L’important, c’est la bonne volonté et le désir profond d’entrer dans cette voie.
La première condition est la suivante : I! faut veiller à sauvegarder sa santé physique et spirituelle. Naturellement, il ne dépend pas d’un homme d’être bien portant, mais il dépend de lui
d’y tendre et de faire le nécessaire pour y parvenir. Une connaissance saine de la vérité ne saurait être que Tapanage d’un homme sain. Aucun instructeur ne repoussera un candidat pour défaut de santé, mais tous demanderont que l’élève ait la volonté de vivre sainement. Dans ce domaine, il faut que l’homme agisse en toute indépendance. Les bons conseils d’autrui, conseils que généralement personne ne sollicite, sont en règle générale tout à fait superflus, chacun doit s’efforcer de veiller sur soi-même. Au point de vue physique, il s’agit beaucoup plutôt d ecarter les influences nocives que d’autre chose. Certes, pour remplir nos devoirs nous devons souvent nous mettre dans des conditions nuisibles à notre santé; certes, il faut savoir, le cas échéant, placer le devoir au-dessus du souci de la santé. Mais que de choses auxquelles on peut renoncer de bon gré. Le devoir doit, dans bien des cas, être placé au-dessus delà santé, souvent même au-dessus de l’existence; la jouissance, jamais. Chez le disciple, la jouissance ne doit être qu’un moyen pour vivre sainement, et, dans ce domaine il est absolument nécessaire d être vis-à-vis de soi-même entièrement sincère et véridique. Il ne sert à rien de mener une vie ascétique, si cette résolution est inspirée par les
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mêmes mobiles que les autres jouissances. Il se peut qu’on trouve dans l’ascétisme une volupté semblable à celle que l’ivrogne trouve à boire. Dans ce cas, il ne faut pas attendre de l’ascétisme ainsi compris qu’il conduise à la connaissance supérieure. Beaucoup rejettent la difficulté qu’ils ont à se développer sur leurs conditions d’existence : « Dans ma situation, disent-ils, il m’est impossible d’évoluer. » Certes, il est souhaitable pour beaucoup de voir leur situation se modifier, mais pour d’autres motifs, car en vue du progrès occulte cette modification n’est jamais indispensable, Pour ce but, il suffit de faire tous les efforts compatibles avec notre situation présente pour sauvegarder notre santé. Toute besogne, tout travail peut être utile à l’humanité. Il est beaucoup plus digne d'une grande âme de reconnaître qu’un travail si infime, si odieux même qu’il soit est utile à l’ensemble que de se croire audessus de ce travail et appelé à une autre destinée.
Mais il importe tout particulièrement que le disciple recherche la santé parfaite de l’âme. Une vie sentimentale et cérébrale malsaine nous écarte en tous cas des sentiers de la connaissance. La base nécessaire de tout progrès, c’est le calme et la paix dans la pensée, la sûreté dans les impressions et les sentiments. Rien ne doit être
plus étranger au disciple que le penchant à la rêverie romanesque, à Texcitation, à la nervosité, à l’exaltation et au fanatisme. Il doit porter sur toutes les situations de la vie, un regard froid, judicieux et pénétrant, savoir se conduire avec sûreté, et laisser les choses extérieures lui parler et agir librement sur sa conscience. Partout où c’est nécessaire, il doit s’efforcer de rendre justice aux êtres. Tout ce qu’il peut y avoir de tendu et de partial dans ses jugements ou ses sentiments doit disparaître. Si ces dispositions n’étaient pas les siennes, au lieu de pénétrer dans les mondes supérieurs réels, le disciple risquerait de se trouver dans un univers créé de toutes pièces par sa propre imagination. Au lieu de la vérité, il verrait régner en lui ses fantaisies et ses préjugés. Il vaut mieux pour le disciple un bon sens terre à terre que l’exaltation ou l’imagination déréglées.
La deuxième condition est : la conscience d’être comme un anneau dans la chaîne de l’univers. Cette condition compyorte des obligations complexes. Chacun ne peut s’en acquitter que suivant son tempérament individuel. Si je suis, par exemple, précepteur et que mon élève ne réponde pas à l’idéal que je souhaite, je dois m’en prendre non pas à lui, mais à moi. Je dois avoir si profondément conscience d’être un avec
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lui que je me demande aussitôt : est-ce que ce qui chez mon élève ne me convient pas n’est pas précisément mon fait? Et, au lieu de m’élever contre lui, je réfléchirai plutôt à ce que je dois faire pour qu’à l’avenir il réponde mieux à mes exigences. Ces habitudes mentales modifient peu à peu la manière de penser tout entière aussi bien dans les grandes que dans les petites choses. Imbu de ces dispositions, je considère, par exemple, un criminel d’un autre œil qu’auparavant,je suspends mon jugement et je me dis :« Je ne suis comme lui qu’un homme », et j’en viens à penser que ce frère en humanité serait peut-être devenu tout autre si les maîtres qui se sont donné la peine de m’élever s’étaient occupés de lui. Peut-être, me dis-je, est-ce uniquement cette éducation que les circonstances m’ont permis d’avoir, qui m’a préservé d’un destin semblable. Je considérerai donc que j’ai joui d’un bienfait qui lui était refusé et que je suis redevable de mon honnêteté précisément aux circonstances dont il a été privé, et je ne serai pas très éloigné de l’idée que moi, cellule de l’organisme humain, je suissolidairement responsable de tout ce qui advient dans les limites de cet organisme. Cela ne veut pas dire que cette pensée doive me pousser immédiatement à des manifestations extérieures. C’est, au contraire.
dans le silence de l’ânie qu’il faut la cultiver. Alors seulement elle influencera progressivement la conduite de l’homme. Dans de pareils domaines, c’est par soi-même qu’il faut commencer son activité réformatrice, rien n’est plus stérile que de fonder sur ses idées, des revendications qui s’étendent aussitôt à l’espèce humaine tout entière. Il est trop facile de proclamer comment l’humanité devrait être: l’occultiste travaille dans les régions profondes et non pas à la surface. Il serait par conséquent tout à fait faux de vouloir établir un rapport entre cette condition imposée par l’occultisme et une formule quelconque, philosophique ou politique. En règle générale, les agitateurs politiques savent une seule chose : ce que l’on peut exiger d’autrui, mais quant à exiger quelque chose de soi-même, il n’en est pas question.
Cela nous amène tout naturellement à parler de la troisième condition imposée au candidat. Il doit s’élever par son effort jusqu’à l’idée que ses pensées et ses sentiments ont pour l’univers la même importance que ses actions. Il lui faut reconnaître qu’il est aussi nuisible de haïr son semblable que de le frapper. II s’ensuit tout naturellement que lorsque je travaille au perfectionnement intérieur, je ne travaille pas seulement
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pour moi, mais pour Funivers. La pureté de mes pensées et de mes sentiments est aussi profitable à mon entourage que des bienfaits effectifs. Aussi longtemps que je n^ai pas foi en cette importance mondiale de la vie intérieure, aussi longtemps je ne puis être jugé digne du nom de disciple, et je ne puis manifester cette foi dans l’importance de Tâme et de la vie intérieure qu'en travaillant à mon développement moral comme s’il s’agissait d’une chose au moins aussi réelle que la réalité sensible car je dois savoir que mes sentiments exercent une action aussi précise que les mouvements de ma main.
Cette conviction comprend déjà à vrai dire la quatrième condition, c’est-à-dire la persuasion que la véritable essence de l’homme réside dans son être intérieur, et non dans son être exté- I rieur. Celui qui se considère avant tout comme un produit du monde extérieur,comme un phénomène issu d’éléments physiques, ne saurait avancer dans l’occultisme. La conscience de notre essence animique et mentale est la base de toute évolution spirituelle. Si l’on se pénètre de ce sentiment, on devient capabled’établirunedélimitation entre le devoir intérieur et ses effets extérieurs. On apprend à reconnaître qu’il n'y a point de commune mesure entre ces deux choses. Le disciple
doit trouver le juste milieu entre les obligations que lui imposent les circonstances extérieures et celles que lui prescrit sa conscience. Il ne doit pas imposer à son entourage ce qui surpasse sa conpréhension, mais il ne doit pas non plus se plier au désir de satisfaire en toute chose aux idées de son entourage. C’est seulement à la voix de son âme sincère et avide de connaissance qu’il doit demander de reconnaître de la vérité qu’il professe, mais, en même temps, il lui faut apprendre de ceux qui l’entourent, afin de découvrir ce qui peut leur être utile et profitable. Ainsi, il édifiera en lui-même ce que la science occulte appelle « la balance spirituelle ». Sur l’un des plateaux de cette balance se trouve un cœur largement ouvert aux besoins et aux aspirations du monde ; sur l’autre plateau, la foi intérieure et la fermeté inébranlable.
Ces qualités touchent à celle que comporte la j cinquième condition : la persistance dans l’accom- [ plissement d’une décision une fois prise.
Rien ne doit détourner le disciple d’une décision qu’il a prise, sinon la constatation évidente qu’il se trouve dans l’erreur, car chaque résolution est une force et, alors même qu’elle ne produit pas un résultat visible au point où on l’a dirigée, elle agit pourtant à sa manière. Le succès n’est
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essentiel que si l’on agit par passion, mais toutes les actions produites par la passion sont sans valeur en ce qui concerne le monde supérieur.
I Dans ce monde-là il n’y a qu’un élément déterf minant dans l’action, c’est l’amour. C’est dans cet amour que doivent prendre une forme vivante tous les mobiles qui incitent le disciple à agir, alors rien ne le découragera de continuer infatigablement à transmuer ses résolutions exactions, si nombreux qu’aient pu être ses insuccès visibles.
Et ainsi il en arrive à ne plus s’attacher aux effets de ses actions, mais à trouver sa satisfaction dans l’action elle-même. Il apprendra ainsi à offrir au monde en sacrifice toutes ses actions et même son être tout entier sans songer comment le monde accueillera ce sacrifice. Cette vie d’abnégation est celle à laquelle le disciple doit se déclarer prêt à l’avance.
La sixième disposition est un sentiment de \ reconnaissance envers tout ce qui advient à \ l’homme. On doit considérer l’existence personnelle comme un présent de l’univers. Que de ^^conditions sont nécessaires pour que nous recevions la vie et que nous puissions l’entretenir ! Combien nous sommes redevables à la nature et a nos semblables ! Ces pensées doivent devenir
chères à ceux qui entrent dans le sentier occulte. Sans elles on ne saurait évoluer en soi Tamour universel qui est nécessaire pour parvenir à la connaissance supérieure. La révélation ne se produit pas sans amour et chaque révélation doit nous pénétrer de gratitude, car elle nous enrichit.
Toutes les conditions susdites doivent se réunir dans la septième qui est de persévérer dans la conception de la vie qui en résulte. C’est seulement ainsi que le disciple aura la possibilité de mettre de Tunité dans son existence. Les divers modes de son activité seront ainsi mis en harmonie, au lieu de se contredire et de se combattre, et c'est ainsi qu’il se préparera au calme qu’il doit acquérir dès ses premiers pas dans le sentier. Si quelqu'un a la volonté ferme et loyale de remplir toutes ces conditions, il n’a plus qu'à s’adresser à un instructeur qui sera prêt à lui donner les premiers conseils.
Les formalités extérieures de son admission consistent uniquement dans l'affirmation de ces dispositions. Ces formalités ne peuvent être communiquées qu’individuellement. Elles ne sont pas sans valeur, car tout acte de la vie intérieure doit s'exprimer par un acte extérieur et de même qu’il ne suffit pas qu’un tableau existe
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dans la tête du peintre pour qu'il ait une réalité objective, de même il n’existe point de discipline occulte sans manifestations extérieures. Ceux-là seuls méprisent les formes qui ignorent que la vie intérieure s’exprime en elles. II est vrai que dans toute chose, c’est l’esprit qui importée! non la forme, mais de même que la forme sans l’esprit est un néant, de même l’esprit qui ne peut créer une forme à son image est inerte. Les conditions imposées au disciple ont pour objet de le rendre assez fort pour satisfaire aux exigences que rinstructeur lui imposera dans l’avenir. S’il n’a pas rempli ces conditions, il hésitera avec appréhension devant toute obligation nouvelle, il n’aura pas dans les hommes la confiance qui est nécessaire. Or, c est sur la confiance et sur un amour sincère de l’humanité que toute recherche de la vérité doit être édifiée. L’amour du genre humain doit s’élargir progressivement jusqu’à l’amour de toute vie, de tout être. Celui qui ne remplit pas les conditions énoncées ne pourra pas éprouver assez d’amour pour tout ce qui est création et construction, et assez d’éloignement pour tout ce qui est destruction et anéantissement.
Le disciple doit devenir incapable de vouloir la fin de quoi que ce soit pour le plaisir de détruire
et, cela, non seulement en action mais aussi en paroles, en sentiments ou en pensées. Tout ce qui est croissance et devenir doit lui donner delà joie, et il ne doit prêter la main à un acte destructif que si cette destruction est indispensable à l’éclosion d’une vie nouvelle.
Nous ne voulons pas dire par là que le disciple doit assister impassible au déchaînement des éléments nuisibles, mais qu’il doit chercher dans le mal les côtés qui permettent de tenter de le transformer en bien. Il doit savoir par expérience que la meilleure façon de combattre le mal et l’imparfait est de favoriser la création de ce qui est bon et parfait. Il sait que de rien on ne saurait faire sortir quelque chose, mais que l’imperfection peut être transformée en perfection. Celui qui développe en soi l’amour de la création trouve bientôt le moyen de se comporter comme il convient vis-à-vis du mal.
Quiconque se rend dans une école occulte, doit savoir que son travail sera d’édifier et non de démolir. Il doit apporter avec lui la volonté de travailler avec une sincérité et un dévouement sans bornes et de renoncer à toute critique destructive. Il doit être capable de dévotion, car il lui faudra apprendre ce qu’il ne sait pas encore et, sans dévotion, il n’y a point de révélation.
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Amour du travail et dévotion, tels sont les sentiments fondamentaux que Tétudiant doit favoriser. Beaucoup constateront qu’ils n’avancentpas dans leur instruction malgré un travail ininterrompu. Cela vient de ce qu’ils n’ont pas compris le vrai sens du travail et de la dévotion. Un travail aura d’autant moins de succès qu’on ne s’en acquitte qu’en vue du succès et l’étude qui n’est pas accompagnée de dévotion risque de rester stérile. Le ressort du progrès, c’est l’amour du travail, non l’amour du succès. Lorsque l’étudiant cherche à penser sainement et à juger sûrement, il ne faut pas qu’il paralyse sa dévotion par le doute et par la défiance.
Il ne s’agit naturellement pas d’altérer l’indépendance de son jugement, sous prétexte qu’il faut avoir en face de la révélation une attitude de confiance et de dévotion au lieu de se retrancher derrière son opinion personnelle. Ceux qui sont parvenus à la science savent qu’ils en sont redevables non pas à leur égoïste jugement personnel, mais à leur habitude d’écouter avec calme et de travailler avec confiance. Ne perdons pas de vue que lorsque nous sommes capables de juger sur un sujet nous n’avons plus à l’apprendre. Si l’on veut donc uniquement juger, on ne peut plus apprendre ; or, dans la discipline oc-
culte il s’agit d’apprendre, il faut avoir la ferme volonté d’être un « élève ». Si l’on ne comprend pas quelque chose, mieux vaut cent fois s’abstenir de juger que de juger à faux : la compréhension viendra plus tard.
A mesure qu’on gravit des degrés plus hauts de la connaissance, le besoin de cette discipline de dévotion se fait sentir davantage. Toute connaissance, toute action dans le monde de l’esprit est infiniment subtile et délicate en comparaison avec les opérations de l’entendement ordinaire ou les phénomènes de la vie physique. Plus le champ d’action de l’homme s’élargit, et plus son activité devient subtile. Puisqu’il en est ainsi, il n’est pas étonnant que les hommes arrivent à des opinions et à des points de vue aussi différents en ce qui concerne les mondes supérieurs. Mais en réalité, il n’y a sur ces hautes vérités qu’une opinion vraie : « On ne saurait y parvenir qu’en s’élevant par le travail et la dévotion jusqu’au point où l’on contemple la vérité sous son véritable aspect. »
Ceux qui arrivent à penser en contradiction avec cette unique opinion vraie, prouvent qu’ils sont insuffisamment préparés et jugent les choses d’après leur préjugés ou leurs habitudes personnelles.
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De même qu'^il n’y a qu^un avis sur un théorème de mathématiques, de même il n’y en a qaun sur les choses du monde transcendant.
Mais il faut se préparer à trouver cette vérité. Si l’on songeait suffisamment à cet état de choses, les conditions imposées par l’instructeur ne surprendraient personne, Il est rigoureusement vrai que la vérité et la vie supérieure résident au dedans de chacun de nous et que chacun peut et doit les trouver soi-même. Mais il faut les chercher au fond de l’âme et ce n’est qu’après avoir écarté tous les obstacles qu’on peut les extraire de leur mine profonde.
Comment y parvenir? Celui-là seul peut l’enseigner qui a l’expérience de Toccultisme. C^est l’instructeur qui donne les conseils nécessaires. Il n’impose à personne la vérité. 11 ne promulgue aucun dogme, mais il montre un chemin.
L’occultisme a pour but d’abréger la route. Par lui, l’homme parvient plus tôt au point où il peut travailler dans les mondes où son travail spirituel peut servir utilement le salut et l’évolution de l’humanité.
Tels sont les aperçus que nous pouvons donner sur l’acquisition de la science occulte. Dans la deuxième partie de cet ouvrage, nous étudierons en détail les changements qui se produisent au
cours de cette évolution dans les corps supérieurs de l’être humain, c’est-à-dire dans Torganisme animique ou corps astral et dans l’esprit ou corps mental. Ainsi les communications qui précèdent seront éclairées d’une lumière nouvelle et Ton pourra en pénétrer plus profondément le sens.