CHAPITRE I
LES CENTRES ASTRALS
Cest un principe du véritable occultisme que celui qui s’y consacre le fasse en pleine conscience de la portée et des résultats de cette détermination.
Nous préciserons ici certains effets de la discipline occulte sur Tâme.
Cette étude est indispensable. Le véritable occultiste ne doit jamais tâtonner dans les ténèbres, et celui qui n’a'pas les clartés nécessaires sur les résultats possibles de son travail occulte peut bien
l’initiation
<levenir un médium mais non pas un clairvoyant au vrai sens du mot.
L’étudiant qui pratique les exercices décrits plus haut provoque certains changements tout d’abord dans son organisme animique ou corps astral. Ce corps astral est perceptible au clairvoyant. On peut le comparer à un nuage plus ou moins lumineux qui entoure le corps physique. Dans ce corps astral les instincts, les désirs, les passions, les représentations, etc., se manifestent sous une forme visible. Par exemple, le désir sensuel y revêt l’aspect d’émanations lumineuses d’un rouge sombre et d’une forme déterminée. Une pensée noble et pure s’exprime par une émanation d’un rouge violet. Le concept rigoureux créé par le penseur logique apparaît comme une forme jaune aux contours nettement accusés. La pensée confuse et vague issue d’un cerveau mal discipliné présente au contraire des contours indécis. Les pensées des hommes obéissant à des partis pris et butés dans une idée étroite sont dessinées avec rigueur et comme figées dans l’immobilité. Au contraire, celles des personnes impressionnables et accessibles aux influences étrangères ont des contours mobiles et changeants.
Plus l’âme humaine progresse dans son évo-
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lution, et plus aussi le corps astral s’organise régulièrement. Chez les hommes dont la vie intérieure n’est pas développée, il est confus et inorganique. Mais même dans ces corps astrals inorganisés, le clairvoyant perçoit un système qui tranche nettement sur l’entourage. Ce système s’étend de l’intérieur du crâne jusqu’au milieu du corps physique, il apparaît comme une sorte de formation indépendante, pourvue de certains org'anes. Ces organes se trouvent par rapport au corps physique : Le premier, entre les deux yeux. Le second, dans le voisinage du larynx. Le troisième, dans la région du cœur. Le quatrième, près du creux de l’estomac. Enfin, le cinquième et le sixième ont leur siège auprès de l’abdomen. Ils sont appelés en sanscrit « chakrams », « roues » par l’occultiste ou bien encore « fleurs de lotus ». On les nomme ainsi à cause de leur ressemblance avec des roues ou avec des fleurs. Mais il faut bien se rendre compte que ces expressions ne sont qu’approximatives, comme par exemple en anatomie l’appellation d’« ailes » attribuée aux poumons.
Ces fleurs de lotus sont chez l’homme non évolué colorées de teintes mates et fixes tandis que, chez le clairvoyant, elles sont en rotation et nuancées de couleurs brillantes. Chez le mé-
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dium, elles présentent un aspect analogue, mais pour des causes tout autres que nous ne pouvons expliquer ici. Lorsque l’étudiant commence à pratiquer des exercices occultes, leur premier effet est d’éclairer les fleurs de lotus, elles ne commencent à tourner que plus tard. Ce n’est qu’à ce moment que la perception s’ouvre, car ces fleurs sont les organes des sens de l’âme humaine et leur rotation signifie qu’ils perçoivent les objets supra-sensibles. Personne ne saurait contempler des objets supra-sensibles avant que ses sens astrals ne soient ainsi évolués.
L’organe qui se trouve dans le voisinage du larynx sert à voir les pensées des autres hommes, il permet ainsi de jeter un regard profond dans les vraies lois des phénomènes naturels. L’organe qui avoisine le cœur est l’instrument qui sert à connaître les états d’âme des autres hommes. Quiconque Ta développé peut vérifier Texistence de certaines forces profondes chez les animaux ou chez les plantes. Le sens qui réside au creux de l’estomac perçoit les facultés et les talents des hommes, en outre il découvre le rôle que les animaux, les plantes, les pierres, les métaux, les phénomènes atmosphériques jouent dans l’économie de la nature.
L’organe voisin du larynx possède seize pé-
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taies ou rayons; celui du cœur, douze; celui de Testomac, dix.
Un certain nombre de procédés contribuent à accélérer le développement de ces organes.
Dans la « fleur à seize pétales » huit pétales se sont déjà constitués et développés dans un passé lointain, sans Tintervention de Thomme luimême. Il lésa reçus en présent de la nature alors qu"il était encore dans un état de conscience vague et voisin du rêve. Dans cette étape de l’évolution, ils étaient déjà en activité; mais leur activité était adaptée à cette conscience obscure. Lorsque la conscience humaine s’est éclairée, les pétales se sont obscurcis et pour ainsi dire flétris et leur activité a pris fin. Quant aux autres huit pétales, c’est à l’homme lui-même à les développer par les exercices que l’on sait, et ainsi la fleur tout entière deviendra lumineuse et mobile. Le développement des seize pétales est lié à l’acquisition de certaines qualités. Mais, comme nous l’avons dit, il n’y en a que huit que l’homme puisse consciemment et directement développer, les autres huit entrent en jeu ensuite d’eux-mêmes.
Ce développement se passe de la manière suivante :
L’homme doit s’appliquer à orienter certaines
activités mentales qui échappaient auparavant à son contrôle. Ces activités sont comme les pétales en cause au nombre de huit. Ce sont :
Premièrement : la manière dont on s’assimile des représentations. Habituellement, l’homme se livre entièrement au hasard dans ce domaine, il entend ou voit ceci ou cela et édifie ses concepts au hasard de ses perceptions. Aussi longtemps qu’il agit ainsi, la fleur à seize pétales demeure inerte, elle n’entre en activité que lorsqu'il prend en mains la conduite de son esprit pour l’orienter dans une direction déterminée. Pour ce but il doit veiller sur la formation de ses représentations. Chacune d’entre elles doit lui apparaître comme ayant son importance. Il doit y voir un message précis, touchant le monde extérieur et il ne doit pas se déclarer satisfait d’une représentation qui n’aurait pas ce caractère. Toute son activité conceptuelle doit tendre à refléter fidèlement le monde extérieur et à bannir de son âme les représentations inexactes.
La deuxième qualité à acquérir consiste à contrôler de la même manière ses résolutions. Le disciple ne doit se déterminer, même dans les petites choses, qu’après une délibération fondée sur des raisons sérieuses. Toute action irréfléchie, toute manifestation mal fondée doit être évitée.
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Il doit peser les motifs de toute chose ou renoncer à tout ce qui ne serait pas justifié par des raisons, valables*
Le troisième point concerne la parole. Toute parole qui tombe des lèvres du disciple doit avoir un sens et une signification. Rien ne Pécarte autant de sa route que la funeste habitude de parler pour parler. Il doit éviter cette banalité de conversation qui effleure et mêle tous les sujets. Mais il ne doit pas pour cela renoncer au commerce de ses semblables, car c’est précisément dans ce commerce que se justifie la signification de ses paroles. Il parle et répond à tous,, mais il le fait en y pensant et d’une manière réfléchie. Jamais il ne dit quelque chose en Pair, il s’applique à ne parler ni trop ni trop peu*
En quatrième lieu, il est nécessaire de régler ses actions de manière qu’elle s’harmonisent avec- Tensemble de l’activité environnante. L’étudiant doit renoncer en principe à ce qui peut troubler les autres ou heurter violemment l’ambiance* Lorsqu’un mobile externe le détermine à agir, il doit examiner avec soin les moyens de réaliser de son mieux sa détermination. Lorsqu’il agit de lui-même et spontanément, il pèse et se définit clairement les effets de son action.
Le cinquièmepoint consiste dans l’organisation
de la vie tout entière. Le disciple essaie de vivre conformément à la nature et aux lois de l’esprit. Il fuit également la précipitation et l’indolence, et garde un juste milieu dans son activité. Il voit dans la vie un champ de travail et se conduit d’après cette conception. Le soin de sa santé et ses habitudes n’ont d’autre objet que de lui assurer une existence harmonieuse.
La sixième condition réside dans la conception de l’effort humain. Le disciple éprouve lui-même consciencieusement ses facultés et son pouvoir et se dirige d’après les données de cette étude. Il ne cherche pas à exécuterce qui dépasserait ses forces, mais il ne néglige non plus rien de ce qu’elles lui permettent d’accomplir. D’autre part, il se fixe des buts qui concordent avec un idéal élevé et avec les devoirs d’un homme. Il ne se contente pas de jouer dans la machine sociale le rôle d’un rouage, il cherche à comprendre sa fonction et à voir plus haut que la vie de tous les jours. Il s’efforce de s'acquitter de ses obligations toujours mieux, toujours plus parfaitement.
Il s’agit en septième lieu de profiter toujours mieux des leçons de la vie. Tout ce qui passe devant l’étudiant doit lui être une occasion d'acquérir une expérience qui lui sera précieuse. S’il s’est trompé ou s’il s’est mal acquitté d’un devoir,
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il en profitera pour agir dans la suite plus judicieusement et plus parfaitement. C’est dans le même esprit qu’il regardera agir les autres, il essaiera de s’amasser ainsi un précieux trésor d'expérience, pour le consulter attentivement à l’avenir, et il ne fera rien sans se référer aux expériences qui peuvent lui être d’un secours quelconque dans ses résolutions présentes.
Enfin le huitième point consiste pour l’étudiant à jeter de temps en temps un regard sur sa vie intérieure. Il doit se plonger en lui-même, délibérer en silence, définir et examiner les principes qui dominent son existence, faire la revue de ses connaissances, peser ses devoirs, en un mot méditer sur le sens et le but de sa vie. Nous avons déjà parlé de toutes ces choses, mais ici nous les énumérons pour en définir le rapport avec le dé^ veloppement de la fleur à seize pétales.
La pratique de ces exercices développe, en effet, à un haut degré les facultés de clairvoyance; rien n’est plus efficace que l’harmonie qui règne entre les pensées et les paroles d’une part et la réalité ambiante d’autre part.
La véracité, la sincérité et la loyauté sont des forces constructives ; le mensonge, la fausseté et la déloyauté sont des forces destructrices qui entravent en particulier l’épanouissement de la fleur
à seize pétales et le disciple doit savoir qu’il ne suffit pas dans ce domaine de la bonne intention, il s’agit de l’intention réalisée. Si nous pensons ou si nous disons quelque chose de contraire à la vérité objective, nous détruisons, dans une certaine mesure, un des éléments constructeurs de la perception astrale, si excellente que puisse d’ailleurs être notre intention. Il en est comme de l’enfant qui se brûle s’il touche au feu, alors même qu’il n’agit que par ignorance.
La culture des qualités que nous venons de définir permet à la fleur « à seize pétales » de s’épanouir en un rayonnement splendide, et de se mouvoir d’une façon régulière. Remarquons en passant que la clairvoyance ne prend pas naissance avant que la culture intérieure n’ait atteint un certain degré. Aussi longtemps que c’est un effort pénible d’orienter sa vie dans la direction voulue, et quecette maîtrise de la penséeréclame une attention particulière, l’homme n’est pas mûr pour la perception, c’est seulement lorsque l’on en est arrivé au point de vivre ainsi aussi spontanément que l’homme ordinaire vit suivant ses habitudes innées que se manifestent les premiers rudiments de la vision astrale. On ne doit pas avoir besoin de se surveiller et de s’ai-
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guillonner constamment pour agir comme il convient, cette nouvelle manière d’être doit transformer en habitude.
Il existe certaines prescriptions qui permettent de développer d’une autre manière la « fleur à seize pétales ». Mais la véritable science occulte les rejette, car elles ont pour conséquence la destruction de la santé physique et la perversion du sens moral. Elles sont plus aisées à suivre que nos indications données plus haut et dont l’observation est parfois ennuyeuse et pénible, mais celles-ci conduisent sûrement au but et ne peuvent que fortifier l'homme au point de vue moral. Le théosophe remarquera que les dispositions requises correspondent à ce que les bouddhistes nomment le « sentier octuple ». Nous avons voulu ici montrer le rapport précis entre cette discipline et la formation des organes asîrals.
Si à tout ce que nous avons dit s’ajoute l’observation de certaines règles de méditation que l’instructeur ne peut faire connaître qu’oralement à son disciple, le développement de la « fleur à seize pétales » se trouve sensiblement accéléré, mais ces règles ne sauraient être révélées hors du cadre d’une école d’occultisme.
Malgré cela, il est très précieux pour celui qui ne
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A'eut pas ou ne peut pas appartenir à une école occulte, d’orienter son existence dans le sens indiqué, car l’effet sur le corps astral se produit sûrement, quoique lentement et quant au disciple luimême, l’observation de ces préceptes est pour lui indispensables. S’il tentait de s’assimiler des pouvoirs occultes sans se conformer à ces directions, il pénétrerait dans les mondes supérieurs avec des sens imparfaitement évolués et, au lieu de percevoir la réalité, il serait le jouet de déceptions et d’illusions fâcheuses. Sans doute, il serait clairvoyant dans un certain sens, mais au fond son aveuglement serait plus grand que par le passé, car auparavant il avait du moins une base solide dans le monde sensible, mais à présent que sa vue dépasse le monde sensible, il en arriverait à commettre des erreurs sur la réalité physique elle-même et cela avant d’avoir acquis l’assurance nécessairedans les mondes supérieurs. Il en résulterait une impuissance générale à distinguer le vrai du faux et la perte de toute directrice dans l’existence. Et c’est précisément pour cette raison que la patience est nécessaire dans ce domaine. Il faut songer que l’instructeur n’a pas le droit d’aller trop loin dans son enseignement tant qu’il ne constate pas un ferme vouloir de développer régulièrement les « fleurs
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de lotus », car il verrait surgir de véritables déformations de ces organes, s'ils arrivaient à s’épanouir avant d’avoir acquis progressivement et dans le calme la forme qu’ils doivent avoir. Les indications spéciales que donne Tinstructeur amènent la maturité de ces formations ; mais la régularité de leur structure ne peut être acquise en dehors des règles générales de l’existence que nous avons énoncées.
Un développement anormal et contrefait d’une « fleur de lotus » n’a pas seulement pour conséquence les illusions et les erreurs dans les mondes supérieurs mais encore une absence de toute suite dans la vie ordinaire. Il peut rendre l’étudiant craintif, envieux, vaniteux, égoïste, alors même qu’il n’aurait eu précédemment aucun de ces défauts. Nous avons dit que huit des pétales de la « fleur à seize pétales » avaient déjà évolué dans un passé lointain et qu’ils se remettaient d’eux-mêmes en mouvement par suite de la discipline occulte : en conséquence l’éducation du disciple doit viser uniquement les huit autres pétales. Si cette discipline est pratiquée avec inexactitude il arrive fréquemment que les pétales antérieurement développés se manifestent seuls et que les autres demeurent dans un état d’atrophie. Ce cas se produit tout parti-
culièrement lorsqu’on ne prend pas assez garde à conserver la logique et le bon sens dans la pensée. Il est excessivement important que l’étudiant soit un homme à la pensée ouverte et claire et non moins important, que cette clarté se reflète dans ses discours. Parmi ceux qui commencent à soupçonner quelque chose des mondes supra-sensibles, il en est beaucoup qui bavardent volontiers sur ces sujets. Ils entravent par là leur évolution normale. Moins on parle de ces choses et mieux cela vaut. Celui-là seul qui est parvenu à un certain degré de lucidité devrait en parler.
Au début de leur instruction, les étudiants sont étonnés de voir combien leurs maîtres sont peu curieux des récits qu’ils peuvent faire de leurs expériences ; le mieux serait certainement pour eux de garder le silence absolu sur ces expériences et de parler uniquement de la difficulté ou de la facilité qu’ils éprouvent à pratiquer les exercices ou à suivre les prescriptions, car l’instructeur a bien d’autres moyens d’apprécier leurs progrès que leurs renseignements. Ces récits que font trop volontiers les élèves ont pour résultat de durcir les huit pétales qu’il s’agit de développer et qui devraient demeurer essentiellement tendres et flexibles. Un exemple nous fera mieux comprendre.
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Empruntons-le non pas à la vie supra-sensible, mais pour plus de clarté à la vie ordinaire.
Supposons que j’apprenne une nouvelle et que je me forme aussitôt une opinion à son sujet, Si, peu de temps après, j’apprends sur le même événement des détails qui contredisent la première nouvelle, je me vois forcé de modifier en conséquence le jugement que je m’étais formé. Cette hâte à juger exerce une influence fâcheuse sur ma « fleur de lotus à seize pétales ». Il en aurait été tout autrement si j’avais suspendu mon avis et si j avais fait le silence sur toute cette affaire intérieurement en pensées et extérieurement en paroles jusqu’à ce que je fusse assez sûrement documenté pour édifier un jugement durable. La prudence à se former et à exprimer un jugement devient progressivement une des caractéristiques de rétudiant. Par contre, il voit s’accroître sa réceptivité à l’égard des impressions et des expériences qu’il laisse passivement défiler devant lui jusqu’à ce qu’il ait recueilli assez de données pour étayer son jugement. Cette prudence produit dans les pétales de la « fleur de lotus » des nuances rouge-bleu ou rouge-rose tandis qu’en cas contraire on la voit se teinter de tons rouge sombre ou orange.
La formation de la fleur de lotus à douze pé-
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taies dans la région du cœur s’effectue comme celle de la fleur à seize pétales. Là, aussi la moitié des pétales étaient en activité lors d’une phase antérieure de l’évolution humaine. Ils n’ont donc pas besoin d’une culture spéciale de la part de l’étudiant. Ils apparaissent et entrent en rotation spontanément dès l’instant que les six autres sont vivifiés, mais l’homme doit ici encore favoriser leur croissance en orientant dans un sens précis certaines activités intérieures.
Précisons d’abord un point : c’est que les données fournies par les différents sens astrals varient suivant l’organe qui les transmet. Les perceptions de la fleur à douze pétales sont tout autres que celles de la fleur à seize pétales. C’est sous forme de figures que ce dernier organe perçoit les pensées des hommes et les lois des phénomènes naturels. Mais ce ne sont pas des figures immobiles et figées, ce sont des formes remplies de vie. Le clairvoyant qui a vivifié ce sens peut pour chaque pensée, pour chaque loi, définir et nommer la forme astrale qu’elles revêtent. Une pensée de vengeance, par exemple, apparaît comme une formation dentelée, ressemblant à une flèche, tandis qu’une pensée bienveillante s’épanouit comme une fleur. Les pensées pré-
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cises, riches de sens produisent des figurations symétriques et régulières. Les concepts confus ont des contours indécis et vagues.
Les perceptions de la fleur àdouze pétales ont un caractère tout différent. On peut les définir d’une manière approximative en disant qu’elles produisent sur râme une sensation équivalente à celle du chaud ou du froid, sensation qui lui vient des figures enregistrées par la fleur à seize pétales.
Imaginons un clairvoyant qui ne posséderait parmi ces deux organes que la «fleur à seize pétales ! Il perçoit une pensée bienveillante uniquesous la forme décrite plus haut, mais celui qui a évolué les deux organes ressent en plus cette émanation que Ton peut qualifier de chaleur animique. Remarquons en passant que dans une discipline occulte on ne développe jamais ces deux sens Tun sans l’autre, de sorte que l’exemple que nous venons de prendre est tout à fait exceptionnel et seulement destiné à nous faire mieux comprendre. Par l’épanouissement de la fleur à douze pétales, le clairvoyant acquiert une vision profonde de l’essence des phénomènes naturels. Tout ce qui est en voie de croissance et d’évolution dégage pour lui de la chaleur animique; tout ce qui se flétrit, dépérit et meurt, agit sur son âme comme un courant froid.
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Voici comment Ton développe ce sens. La première des choses à faire est de régler le cours de ses pensées. Cette qualité s'appelle le contrôle de la pensée. De même que la fleur à seize pétales réclame des pensées sérieuses et pleines du sens de la réalité, de même la fleur à douze pétales est influencée par le contrôle intérieurdeTassociation des idées. Des pensées vagabondes qui se suivent en vertu d^associations purement hasardeuses et non pour des raisons logiques déforment la structure de cet organe. Une suite normale des pensées, exempte de toute rencontre fortuite est, au contraire, le meilleur moyen de le développer. Quand le disciple entend exprimer des pensées erronées, il doit se représenter immédiatement ce que serait la forme logique de cette même pensée. Il ne doit pas devenir insensible au point de se soustraire à des fréquentations de gens illogiques dans l'intention de favoriser son progrès personnel. Il ne doit pas non plus se sentir poussé à corriger immédiatement tout ce qu’il peut y avoir d’illogique dans son entourage. Il s’agit bien plutôt de travailler en soi-même et silencieusement à orienter selon les règles de la logique les pensées qui font invasion dans la conscience et de tendre à conserver toujours et dans toutes les ambiances cette orientation logique.
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En deuxième lieu, il s’agit d’introduire dans ses actions la même suite raisonnable et d’exercer sur elles le même contrôle. Toute instabilité, tout désacord dans l’action exerce une influence pernicieuse sur l’organe dont nous parlons. Le disciple sera toujours attentif à régler chacune de ses actions d’après celle qui l’a précédée, de façon que l’ensemble de son activité soit un tout harmonieux et logique. Celui qui agit aujourd’hui d’une manière et demain d’une autre ne pourra jamais utiliser ce sens.
Le troisième point est la culture de la persévérance. Le disciple ne se laissera jamais détourner par aucune influence de la ligne qu’il s’est fixée aussi longtemps qu’il la considérera comme juste et les obstacles le stimuleront au lieu de l’entraver.
La quatrième qualité àdévelopperest la patience ou la tolérance à Tégard des êtres et des choses. Le disciple réprimera toute critique superflue visà-vis de l’imperfection ou du mal. 11 cherchera plutôt à comprendre tout ce qui l’approche. De même que le soleil luit pour le méchant, de même la sympathie compréhensive du disciple s’exerce sur toute chose. S’il se trouve en présence du mal, il ne se laisse pas aller aussitôt à le condamner, mais cherche à le tourner en bien
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dans la mesure de ses forces. Quant aux opinions différentes de la sienne, il ne s’en tient pas à son propre point de vue pour les considérer, mais s’efforce plutôt de s’assimiler l’état d’âme d’autrui.
La cinquième qualité est l’absence de prévention envers les choses de la vie. On l’appelle parfois, foi ou confiance dans la vie. Le disciple aborde chaque homme, chaque être vivant avec cette confiance spontanée et il en fait dépendre ses actioAs. 11 ne se dit jamais lorsqu’on lui lui apprend quelque chose : « Je ne saurais le croire, car cela contredit mes opinions antérieures. » Il est, au contraire, toujours prêt à réviser et à réformer au besoin de sa propre opinion d’après les avis d’autrui. Il est dans un état de réceptivité vis-à-vis de tout ce qui se présente à lui. Il a foi dans l’efficacité de ses entreprises. L’appréhension et le doute sont bannis de son caractère. S’il a une intention, il croit que cette intention est une force. Les échecs, si nombreux soient-ils, ne sauraient lui retirer cette croyance : c’est là la foi qui soulève les montagnes.
La sixième qualité est l’acquisition de l’équilibre mental. Le disciple s’efforce de conserver son égalité d’humeur dans la peine comme dans la joie. 11 évite de passer de l’abattement sombre
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à la joie immodérée. Le malheur et le danger le trouvent armé et serein comme le bonheur et la prospérité.
Les lecteurs théosophiques connaissent ce que nous venons de décrire sous le nom des six « attributs mentaux » que doit développer le candidat à l’Initiation. Nous n’avons voulu ici qu'établir leur lien avec la croissance d’un des organes astrals. L’instructeur peut communiquer à son élèves des prescriptions spéciales qui hâtent l’épanouissement de ce sens. Mais ici encore, sa structure normale dépend de l’acquisition des qualités énoncées plus haut. Si l’on néglige leur culture, on aboutit à une véritable déformation et bien que la clairvoyance puisse apparaître de la sorte, l’évolution tourne en mal et non en bien. L’homme peut devenir tout particulièrement intolérant, craintif, antipathique à son entourage, Il peut ressentir les impressions des autres hommes et de ce fait les haïr ou les fuir. Il peut en venir, à cause du froid que lui inspirent des opinions contraires à la sienne, à ne plus pouvoir les entendre ou à prendre à leur égard une attitude hostile.
La culture que nécessite le développement de la « fleur de lotus à dix pétales» est d’un caractère particulièrement délicat. II s’agit d’arriver à
maîtriser et à contrôler les impressions des sens elles-mêmes, ce contrôle sera indispensable dans les débuts de la clairvoyance, afin d’éviter une source d’erreurs innombrables et le règne de l’arbitraire dans le domaine spirituel. L^homme ne se rend généralement pas un compte exact des influences qui déterminent ses caprices et ses souvenirs. Prenons par exemple, le cas suivant : Quelqu’un voyage en chemin de fer et est absorbé par une pensée : subitement sa pensée prend une autre direction, il se souvient d’une chose qui lui est arrivée des années auparavant et amalgame ce souvenir avec ses pensées présentes. Il n’a pas remarqué qu’en regardant par la portière, ses yeux sont tombés sur une personne qui ressemblait à l’un des acteurs mêlés à l’événement ancien subitement revenu à sa mémoire. Il n’a point conscience de ce qu’il a vu, mais seulement des conséquences de cette impression fortuite. Il croit ainsi que ce souvenir lui est sans raison revenu à l’esprit. Que de choses arrivent ainsi dans la vie, que de fois les souvenirs de nos expériences et de nos lectures jouent un rôle sans que nous puissions retrouver le lien qui les unit à nous ! Il arrive par exemple que quelqu’un ne peut supporter une certaine couleur, mais il ignore complètement qu’il en est ainsi parce que
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le précepteur qui Ta tourmenté quelques années auparavant portait un habit de cette couleur. D’innombrables illusions reposent sur des associations de ce genre, d’innombrables perceptions s’impriment dans l’âme sans être incorporées à la conscience* Par exemple, le cas suivant peut se produire : Quelqu'un lit dans le journal la nouvelle de la mort d'une personnalité connue et il prétend avec assurance qu’il a prévu la veille cette mort, bien qu’il n’ait rien vu ni entendu qui pût lui donner une pareille idée, et il a raison ; comme de soi-même la pensée lui est en effet venue la veille que cette personne ne tarderait pas à mourir. Mais il n’a pas pris garde à un fait. Quelques heures avant que la pensée lui vînt brusquement, il s’est trouvé en visite chez un ami, un journal était jeté sur la table, et inconsciemment ses yeux sont tombés sur la nouvelle que cette personnalité était gravement malade. Cette impression est restée chez lui tout à fait inconsciente, mais elle a déterminé son pressentiment.
Lorsque l’on songe à ces choses on peut mesurer quelle source abondante d'illusions et de fantaisies elles représentent : cette source doit se se tarir pour celui qui veut développer la « fleur à dix pétales». Par cette fleur on pénètre profon-
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dément dans l’homme et dans les autres êtres pour percevoir leurs qualités cachées, mais il ne faut accorder crédité ces perceptions que si l’on s’est complètement libéré des sources d’illusions précitées. Pour cet objet il est nécessaire d’acquérir la maîtrise et le contrôle des impressions qui nous viennent des mondes extérieurs. 11 faut en arriver au point de pouvoir à son gré repousser des sensations auxquelles on ne veut pas donner accès. On ne peut obtenir ce contrôle quepeuàpeu grâce à l’intensité de la vie intérieure. Il faut tenir la main à ce que seuls les objets sur lesquels nous dirigeons notre attention aient le pouvoir de nous impressionner et il faut savoir nous soustraire aux impressions que nous ne recherchons pas de notre plein gré. Il ne faut voir que ce que l’on veut voir et les choses sur lesquelles nous ne croyons pas devoir diriger notre attention doivent en réalité ne pas exister pour nous. Plus le travail intérieur de l’âme est énergique et vivant et plus il sera possible de conquérir ces pouvoirs. Le disciple doit éviter cette flânerie où l’esprit vide de pensées s’abandonne, au hasard, aux sensations de la vue et de l’ouïe. Pour qu’une réalité existe pour lui il faut que son œil ou son oreille s’applique volontairement à la voir. Au milieu du plus grand calme, il doit rester insensible à tout
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ce qu’il ne veut pas entendre et fermer son œil aux objets qu’il ne regarde pas intentionnellement : vis-à-vis de toutes les perceptions inconscientes, il doit en quelque sorte cuirasser son âme. Le cours de ses pensées lui-même doit être dans ce sens l’objet de ses soins. Pour s’exercer il se propose une pensée et il essaie de ne penser ensuite qu’aux conséquences logiques qu’il tirera librement de cette première pensée. Il écarte ce qu’on appelle l’inspiration du hasard. Si, à une pensée il se trouve tenté d’en relier une autre, il recherchera soigneusement d’où lui est venue cette seconde pensée. Il va encore plus loin. Quand, par exemple il ressent une certaine antipathie vis-à-vis de quelque chose, il la combat et cherche à établir vis-à-vis de cette chose un rapport conscient, de la sorte il entrera dans sa vie intérieure toujours moins d’éléments inconscients, et ce n’est que par cette rigoureuse observation de soimême que la « fleur à dix pétales » acquiert la forme définitive qu’elle doit avoir. La vie de l’âme doit être une vie dominée par l’attention et les choses auxquelles nous ne voulons et ne devons pas être attentifs doivent demeurer éloignées de nous.
Lorsqu’à cette discipline s’ajoute une méditation conforme aux prescriptions de l’instructeur.
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on voit mûrir d’une manière normale la fleur de lotus voisine de l’estomac et les objets du monde astral dont les sens précédents ne percevaient que la forme et la chaleur apparaissent maintenant lumineux et colorés. Ainsi se dévoilent par exemple, les talents et les facultés des hommes, les forces et les attributs occultes de la nature : l’aura colorée des êtres vivants devient visible. Toutes les choses qui nous entourent nous révèlent leurs qualités animiques. On reconnaîtra que, précisément dans cette phase de révolution, la plus grande attention est nécessaire, car le jeu des souvenirs inconscients est ici particulièrement actif. S’il n’en était pas ainsi, beaucoup d’hommes posséderaient le sens en question, car il surgit presque immédiatement aussitôt que l’homme contrôle véritablement les impressions de ses sens au point de les soumettre entièrement à son attention. Ce sens astral ne demeure inerte aussi longtemps que parce que la vivacité des sensations physiques l’assourdit et l’atrophie.
Le développement de la « fleur à six petales » située au milieu du corps est beaucoup plus malaisé. car il réclame la maîtrise de l’être humain tout entier par la soi-conscience et l’harmonisation parfaite du corps, de l’âme et de l’esprit.
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Les échanges de l’organisme physique, les inclinations et les passions de l’âme, les pensées et les idées de l’esprit, tout cela doit constituer un ensemble parfaitement harmonieux. Le corps doit être suffisamment purifié et ennobli pour que ses organes n’obéissent à d’autres instincts que ceux qui favorisent l’évolution de l’âme et de l’esprit. L’âme ne doit pas se laisser inciter par le corps aux désirs et aux passions^ qui contredisent la pensée pure et noble, mais de son côté l’esprit ne doit pas vouloir imposer à l’âme des devoirs et des lois comme un maître à son esclave. Ces devoirs et ces lois, l’âme doit s’y conformer librement et par une inclination naturelle. Le devoir ne doit pas être pour l’étudiant un dogme auquel il obéit contre son gré, mais bien une règle qu’il pratique parce qu’il l’aime. Ce qu’il doit acquérir, c’est une âme libre, maintenue dans un juste équilibre entre la sensualité et la spiritualité. Il doit en arriver à pouvoir se laisser aller librement à sa sensualité parce qu’elle est suffisamment purifiée pour avoir perdu le pouvoir de l’abaisser. Il ne doit plus avoir besoin de dompter ses passions parce que celles-ci s’orientent d’elles-mêmes vers le bien. Aussi longtemps que l’homme éprouve la nécessité de se mortifier, il ne saurait dépasser un certain
l’initiation
degré dans le progrès occulte; pour l’occultisme une vertu qu^il faut se forcer à pratiquer est sans valeur. Aussi longtemps que Ton a un désir passionnel de nature basse, il trouble le progrès occulte alors même que Pon s’efforce de le repousser et il importe peu que ce désir appartienne au corps ou à Tâme. Si, par exemple quelqu’un évite intentionnellement une jouissance déterminée dans un but de purification, cette privation ne lui est utile que si son corps ne souffre pas, car, s’il en souffre cela prouve que le corps désire cette jouissance et la privation perd alors toute valeur. Dans ce cas, il peut arriver que l’homme doive renoncer momentanément au but poursuivi et attendre que des conditions plus favorables dans ses dispositions sensuelles se présentent, ce qui n’arrivera peut-être que dans une autre incarnation. C’est dans certains cas un effort plus méritoire de savoir renoncer que de s’obstiner inutilement. Ce renoncement profite davantage à l’évolution que l’attitude contraire.
L’épanouissement de la « fleur à six pétales » permet de s’entretenir avec des êtres qui appartiennentaux mondes supérieurs à condition toutefois qu’ils se manifestent dans l’astral. Mais dans les écoles occultes on ne donne aucune instruction relative au développement de cet
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organe avant que le disciple n’ait fait les premiers pas dans une région de Tunivers plus haute encore où il devra élever son esprit. Cette pénétration dans le monde spirituel proprement dit, accompagne régulièrement la culture des fleurs de lotus, sinon le disciple serait sujet à Terreur et à Tincertitude. Il apprendrait sans doute à voir, mais il lui manquerait la faculté d’apprécier judicieusement ce qu'il voit.
A vrai dire la possession des qualités nécessaires à Tépanouissement de cet organe constitue déjà une garantie sérieuse contre Terreur et Tinstabilité, car il n'est pas facile d’entraîner dans Terreur celui qui a réalisé la parfaite harmonie du corps, de Tâme et de Tesprit. Cependant, il faut plus que cette garantie pour que Thomme arrive à percevoir des êtres vivants et indépendants qui appartiennent à un monde si profondément différent de celui de la perception physique. Pour acquérir dans ces régions la sûreté voulue, il ne suffit pas de développer les « fleurs de lotus », il faut avoir à sa dis^ osition tout un organisme qui les dépasse en perfection.