CHAPITRE II
l’organisation du corps éthérique
En effet la formation et la mise en mouvement des fleurs de lotus ne suffit pas. L’homme doit être en mesure de régler et de contrôler librement et en pleine conscience l’activité ue ses organes astrals, sinon il deviendrait un jouet des influences extérieures. Pour éviter cet écueil, il faut qu’il acquière le pouvoir d’entendre le « verbe intérieur », et qu’il développe à cette intention non seulement le corps astral, mais aussi le corps éthérique, c’est-à-dire cet organisme subtil qui apparaît aux clairvoyants comme une sorte de doublure du corps physique. 11 sert en quelque sorte d’intermédiaire entre le corps et le véhicule astral Si l’on est doué de clairvoyance, on peut très consciemment faire abstraction en considérant un homme de son corps physique. Il n’y a
là qu’un effet de l’attention transposée dans un monde supérieur. De même que l’homme normal peut détourner son attention d’un objet qui est devant lui de façon à perdre de vue son existence, de même le clairvoyant peut en quelque sorte éteindre le corps physique pour ses facultés de perception de façon à le rendre positivement transparent : de la sorte son œil astral ne perçoit plus que le corps éthérique et le corps astral qui pénètre et dépasse les deux autres.
Le corps éthérique a, à peu près la grandeur et la forme du corps physique, de sorte qu’il remplit approximativement le même espace que lui. C’est un organisme particulièrement subtil et délicat, sa couleur fondamentale ne ressemble à aucune des sept couleurs de l’arc-en-ciel. Celui qui peut le percevoir apprend à connaître une couleur nouvelle qui n’existe pas pour l’œil physique. Elle ressemble de loin à la nuance de la fleur nouvellement éclose du pêcher. Si l’on veut borner son observation au corps éthérique, il faut également supprimer le corps astral du champ de sa vision par un exercice d’attention analogue à celui que nous avons décrit plus haut, car si Ton ne peut réaliser cette abstraction, l’aspect du corps éthérique se modifie très sen-
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blement par suite de la pénétration de la substance astrale.
Or, chez tout homme, les particules qui composent le corps éthérique sont en état de mouvement perpétuel. D’innombrables courants le parcourent en tous sens. Ces courants alimentent et réglementent la vitalité. Tout être vivant possède un corps éthérique de cette nature. Les plantes et les animaux en ont un, et l’observateur attentif en découvre des rudiments jusque chez les minéraux.
Les courants et les mouvements en question échappent au début à la volonté et à la conscience humaine, de même que dans le corps physique les fonctions du cœur et de Testomac sont indépendantes de la volonté. Aussi longtemps que rhomme n’a pas pris en mains son développement en vue de l’acquisition des pouvoirs supérieurs, cet automatisme persiste, et l’évolution occulte consiste dans un certain stade précisément à remplacer ces courants et ces mouvements éthériques involontaires par d’autres soumis à l’action de la volonté humaine.
Lorsque l’étudiant en est arrivé au point où les fleurs de lotus décrites dans le chapitre précédent commencent à se mouvoir, il reçoit de son instructeur des directions qui ont pour but
d’éveiller dans son corps éthérique des mouvements et des courants déterminés. Le but de ces prescriptions est de constituer dans le voisinage du cœur physique une sorte de centre qui serve de point de départ aux courants et aux vibrations dans toute Tinfinie variété de leurs formes et de leurs couleurs. Ce point central n’est en réalité nullement un simple point, mais bien une formation très complexe, un organe prodigieux. Il brille et scintille de mille couleurs éclatantes et engendre sans interruption des formes d’une régularité géométrique qui se modifient rapidement. D^autres formes, d’autres courants colorés partent de cet organe pour parcourir toutes les les autres parties du corps éthérique et le dépassent même pour circuler à travers le corps astral qu'ils illuminent. Les plus importants de ces courants aboutissent aux fleurs de lotus ; ils circulent dans chaque pétale et contrôlent les rnouvenienls de rotation, puis ils fusent au dehors par les pointes des pétales pour se perdre dans l’espace. Plus un homme est évolué et plus le champ est vaste où ces courants se propagent.
Il existe des rapports particulièrement étroits entre ce centre et la « fleur à douze pétales ». C’est là que la circulation des courants les porte tout d’abord et c’est là qu’ils se ramifient pour aboutir
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d’un côté aux fleurs à seize et à deux pétales, de Tautre, vers le bas du corps, aux fleurs à huit, six et quatre pétales. Cest à cause de cette disposition que le développement de la fleur à douze pétales réclame les soins les plus attentifs dans la discipline occulte. Si une erreur s’y glisse, Torganisme tout entier s’en ressent. Par ce que nous venons de dire on peut se rendre compte combien le développement occulte est de nature délicate et intime et avec quelle exactitude il faut procéder pour que tout évolue normalement. Et sans aller plus loin il est aisé de comprendre égalementpourquoi ceux-là seuls peuvent donner des instructions en vue de la culture des pouvoirs occultes qui ont expérimenté personnellement toutes les phases du progrès qu’ils veulent réaliser chez autrui et qui, par suite, sont pleinement en mesure de reconnaître si leur enseignement produit les résultats voulus.
Lorsque le disciple accomplit rigoureusement toutes les prescriptions données, il produit dans son organisme éthérique des courants et des vibrations qui sont en harmonie avec les lois et l’évolution de l’ensemble cosmique auquel l’homme appartient. C’est pourquoi, ces prescriptions sont calquées sur les grands principes de révolution universelle. Elles consistent en
exercices de méditations et concentration sur des sujets déterminés, capables de produire les effets attendus. Le contenu de ces prescriptions n'est communiqué qu'individuellement au cours de la discipline occulte. L'étudiant doit à de certains moments pénétrer profondément son âme de ce contenu et en baigner en quelque sorte sa vie intérieure. Au début, les sujets sont simples et choisis pour rendre plus profonde, plus concentrée l'activité pensante dans la tête. Ainsi la pensée se libère et s’affranchit vis-à-vis des impressions extérieures. Elle est en quelque sorte, concentrée sur un point du cerveau où rhom me exerce souverainement sa volonté. Ce point constitue pour les courants qui parcourent le corps éthérique un centre provisoire^ lequel est situé non dans la région du cœur, mais bien dans la tête.
Seule la discipline occulte qui commence par constituer ce centre provisoire a des chances de plein succès. Si, dès l’abord ce centre se constituait dans le cœur, le clairvoyant pourrait bien percevoir certains détails des mondes supérieurs, mais il lui manquerait la faculté de relier ses perceptions astrales à ses perceptions physiques, ce qui est pour Thomme dans la phase actuelle de révolution une nécessité absolue. Le clairvoyant
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ne doit pas devenir un rêveur ; il faut qu’il continue à fouler aux pieds le terrain solide de la réalité.
Ce centre, situé au début dans la tête, se déplace vers le bas lorsqu’il est suffisamment consolidé et émigre tout d’abord dans la région du larynx. Ce déplacement est obtenu par certains exercices de concentration. A partir de ce moment, c’est de cette région que partent les courants vibratoires du corps éthérique pour aller éclairer l’espace astral tout autour de l’homme.
Un exercice ultérieur rend l’étudiant capable de déterminer par lui-même la position de son corps éthérique. Auparavant, cette position dépendait de forces venant de l’extérieur ou issues du corps physique. L’évolution occulte rend l’homme capablede tourneren tous sens son corps éthérique. Cette faculté s’exerce grâce à des courants qui circulent le long des mains et qui ont leur centre spécial dans la fleur de lotus à deux pétales située entre les yeux. Elle s’acquiert lorsque les émanations issues du larynx revêtent la forme d’ondes circulaires qui aboutissent en partie à la fleur à deux pétales d’où elles se propagent en deux vagues vibratoires jusqu’au niveau des mains. Une autre conséquence de cet exercice est que ces courants éthériques donnent nais-
sance à des branchements, puis à des ramifications infiniment délicates qui s’entrelacent pour former une sorte de réseau s’étendant jusqu’aux limites du corps éthérique. Auparavant, celui-ci ne possédait en quelque sorte aucune clôture du côté du monde extérieur, de sorte que les courants vitaux entraient et sortaient sans contrôle en communiquant librement avec le réservoir universel des forces vitales. A présent les influx extérieurs sont forcés de passer à travers ce réseau, de sorte que l’homme devient sensible à ces courants extérieurs et capable de les enregistrer avec précision.
A ce moment il est temps de déplacer vers la région du cœur le centre de tout ce système circulatoire de courants et de vibrations. On y parvient de nouveau par un exercice déterminé de concentration et de méditation et Thomme atteint ainsi le niveau d’évolution auquel lui est conféré le don de percevoir la parole intérieure. Toutes les choses acquièrent pour lui un sens nouveau. Il perçoit en quelque sorte leur essence profonde par l’audition spirituelle, elle lui parle pour lui révéler leur être Les courants en question le mettent en relations avec la face interne de l’univers dont il fait partie. Il commence à vivre la vie des choses qui l’entourent et ses expériences
se reflètent dans les mouvements de ses fleurs de lotus.
L^homme pénètre ainsi dans le monde spirituel. Quand il en est là, il acquiert une compréhension toute nouvelle des paroles prononcées par les grands instructeurs de Thumanité. Les discours de Bouddha, par exemple, agissent sur lui tout autrement qu'auparavant. Ils le pénètrent d’une félicité jusqu’alors inconnue, car la structure musicale de ces discours correspond aux rythmes et aux vibrations qui se sont développés dans son organisme, et il vérifie maintenant par une expérience immédiate qu'un homme tel que Bouddha exprime non pas ses propres révélations, mais celles que l'essence même des choses déverse en lui.
Et c’est ici le lieu de signaler un fait que les réflexions qui précèdent rendent à vrai dire déjà compréhensible. Les hommes uniquement formés par la culture contemporaine sont étonnés des nombreuses répétitions qui existent dans les discours de Bouddha. Pour le disciple, elles sont en quelque sorte des points d’orgue où son sens intérieur se repose délicieusement, car ces pauses répondent à certains rythmes du corps éthérique et si Ton s’y abandonne avec un calme intérieur complet, on jouit de l'harmonie parfaite
qui les reflète dans les rythmes intérieurs. Et comme ces rythmes intérieurs reproduisent euxmêmes certaines cadences universelles, qui, elles, se répètent périodiquement en certains points, ainsi le style du Bouddha fait jouir Thomme qui sait Técouter d’un état de concordance merveilleuse avec Tunivers entier.
On définit, dans la littérature théosophique, les quatre qualités que l’homme doit développer pour s’élever à la connaissance supérieure dans cette phase de l’évolution qu’on appelle « le sentier de l’épreuve ». La première est la faculté de discerner l’éternel du transitoire, le réel de l’illusoire et la vérité de l’opinion. La deuxième est Lestimation adéquate de la valeur qu^’il convient d’attribuer à Téternel et au réel en comparaison de l’éphémère et de l’illusoire. La troisième qualité consiste dans l’acquisition des six attributs décrits dans un précédent chapitre : contrôle de ia pensée, contrôle de l’action, persévérance, tolérance, foi et égalité. La quatrième est le désir de la délivrance. Une compréhension de ces qualités fondée sur une simple analyse intellectuelle n’est d’aucune utilité. Elles doivent s’incorporer à l’âme même, de manière à devenir des habitudes intérieures. Prenons par exemple la première, c’est-à-dire le discernement entre l’éternel et
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l’éphémère. L’homme doit se discipliner au point de pouvoir immédiatement, dans un objet qui se présente à lui, discerner spontanément les éléments transitoires de ceux qui ont une signification durable : mais on ne peut se discipliner ainsi qu’en renouvelant ces tentatives à chaque observation avec un calme et une patience infatigables. A la fin, l’œil s’attache tout naturellement aux choses durables tandis qu’auparavant il trouvait sa satisfaction dans les choses éphémères. « L’éphémère n’est que symbole ». Cette vérité devient une conviction naturelle de l’âme et il faut qu’il en soit ainsi des autres qualités exigées sur le sentier de l’épreuve.
Le corps éthérique de l’homme se modifie efifectivement sous l’influence de ces quatre habitudes de l’âme. Le discernement entre le réel et l’illusoire engendre le centre, éthérique dans la tête et prépare celui du larynx. A vrai dire, pour les constituer définitivement, il importe d’y ajouter les exercices de concentration dont nous avons parlé plus haut. Ils façonnent en quelque sorte ce que la culture des quatre qualités fait seulement mûrir. Quand le centre du larynx est prêt, on réalise le contrôle du corps éthérique, son revêtement et son enveloppement dans le réseau circulatoire, grâce à l’appréciation adéquate de
l’éternel et du transitoire. L’homme qui s’est élevé à cette appréciation exacte perçoit progressivement les réalités spirituelles d’ordre transcendant, mais il ne faut pas croire qu’il n’a plus à accomplir que desactions que la raison et la logique considèrent comme importantes. L’acte le plus minime, le moindre geste a son importance dans l’économie universelle et il s’agit d’acquérir la conscience de cette importance. 11 ne faut pas déprécier les petites choses de la vie ordinaire mais bien les apprécier judicieusement.
L’ensemble des six vertus qui composent la troisième qualité a été étudié précédemment. Elles agissent sur le développement de la fleur à douze pétales dans la région du cœur. C’est vers cette fleur, nous nous en souvenons, que le courant vital du corps éthérique doit être dirigé. La quatrième qualité ou désir de la délivrance sert à faire mûrir Torgane éthérique qui avoisine le cœur. Quand cette disposition s’est incorporée à la vie de l’âme, l’homme se libère de tout ce qui n'intéresse que sa personnalité. Il cesse de considérer les choses à son point de vue particulier. Les limites étroites du moi qui l’emprisonnaient dans un point de vue particulier, disparaissent. Les mystères du monde spirituel pénètrent au dedans de lui et c’est là la vraie déli-
vrance, car ces chaînes obligent l’homme à considérer les choses et les êtres en les rapportant à sa personnalité et ce jugement personnel est précisément l’entrave dont le disciple doit se libérer, afin de pouvoir juger en toute indépendance.
On voit que les prescriptions établies par de grands occultistes agissent d’une manière précise jusque sur le tréfond de la nature humaine. Les prescriptions qui visent les quatre qualités sont précisément émanées de cette Sagesse originelle. Elles se retrouvent sous une forme quelconque dans toutes les grandes religions. Leurs auteurs n’ont pas été inspirés par une sorte de sentiment confus de la vérité. Ils ont bien plutôt été amenés à les énoncer par le fait même qu’ils étaient de grands initiés. C’est la science occulte qui a formulé leurs règles éthiques. Ils en avaient constaté l’action sur les éléments subtils de la nature humaine et ont voulu permettre à ceux qui les pratiqueraient de développer ces éléments toujours davantage. Vivre religieusement, c’est travailler à son perfectionnement spirituel et c’est le meilleur moyen de servir l’univers. 11 n’y a là nul égoïsme, car l’homme imparfaitement évolué ne saurait être qu’un serviteur imparfait de l’humanité et de l’Univers. On joue dans l’ensemble un rôle d’autant plus utile que l’on est
soi-même plus avancé dans l'évolution. C’est ici que se vérifie la pensée mystique : « Quand la Rose s’orne elle-même, elle orne aussi le jardin. >
Les fondateurs des religions sont les plus grands mages de l’humanité. Ce qui vient d’eux se répand dans les âmes humaines et c’est ainsi que le monde entier progresse. On ne comprend les enseignements religieux que si l’on sait voir qu'ils sont dus à une connaissance des régions les plus profondes de l’âme humaine. Les guides religieux étaient de grands « savants », et Tidéal humain porte Tempreinte profonde de leur science occulte. Mais Thomme peut égaler ces grands maîtres si, dans sa propre évolution, il s’élève progressivement à leur hauteur.
Lorsqu'un homme a évolué et organisé son corps éthérique comme nous venons de le décrire, une nouvelle vie s’ouvre devant lui. Son instructeur doit alors lui communiquer à temps les directions qui lui sont nécessaires pour cette nouvelle existence. Lorsque, par exemple, il perçoit par la « fleur de lotus à seize pétales » les formes qui appartiennent à un monde supérieur, il faut qu’il se rende compte des différences qui séparent ces formes les unes des autres suivant l’objet ou l’être qui lésa engendrées. La première chose qu’il constate c’est que certaines parmi ces
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formes sont susceptibles d’être fortement influencées par ses propres pensées et sentiments, au lieu que d’autres échappent entièrement ou presque entièrement à cette action. 11 est, par exemple des formes qui se modifient immédiatement si, en les considérant, l’observateur se prend à penser : « Cette forme est belle ».et que, dans la suite de ses observations cette première pensée soit remplacée par la suivante : « Cela est utile ». En particulier, les formes émanées par les minéraux ou par les objets artificiels possèdent la particularité de se transformer suivant chaque pensée, chaque sentiment de l’investigateur. Ce caractère est déjà moins accentué chez les formes appartenant aux plantes et s’atténue encore chez celles qui sont issues des animaux. Mais elles aussi sont essentiellement mobiles et obéissent tout au moins en partie à l’influence exercée par les pensées et les impressions de l’homme, et à des causes sur lesquelles l’homme est sans action. Il existe une espèce particulière de formes qui, dès l’abord, sont presque entièrement soustraites à l’influence de l’homme. Le disciple peut se convaincre qu’elles ne sont issues ni des minéraux, ni des objets artificiels, ni des plantes ou des animaux. Pour s’en rendre un compte exact, il n’a qu’à considérer à présent
les formes dont il sait qu’elles sont générées par les sentiments, les instincts et les passions des autres hommes. Il reconnaîtra que ses propres pensées et sentiments exercent encore sur elles une action bien minime, mais pourtant appréciable. En dernière analyse, abstraction faite de toutes ces catégories, il restera pourtant un certain nombre de formes sur lesquelles son action sera nulle.
Ce reste constitue même, à vrai dire, pour le disciple débutant une assez grande part de ce qu’il perçoit. Pour analyser la nature de ce genre de perceptions, il lui faut s’observer lui-même. Il trouvera alors que ces formes sont sa propre création. Ce qu’il fait, veut et désire lui-même se manifeste par ces formes. Un instinct qui réside en lui, un désir qu’il a, un projet qu’il nourrit, tout cela se concrétise sous ces apparences. Bien plus, son caractère tout entier s’imprime en elles. Ainsi par sa pensée et ses sentiments l’homme peut exercer consciemment son influence à des degrés divers sur toutes les formes astrales, à l’exception de celles qui sont issues directement de lui-même et sur lesquelles il est sans action dès l'instant qu’elles sont émanées de lui.
Il résulte de ce que nous venons de dire que, pour la perception supérieure, la vie intérieure
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de l’homme, ses instincts, ses passions et le monde tout entier de ses représentations s’expriment avec précision par des figures extérieures à lui comme les autres objets ou entités. Le monde intérieur pour la connaissance supérieure n’est qu’une partie du monde extérieur. Comme dans le monde physique, un homme entouré de miroirs de tous côtés peut contempler de toutes parts sa personne, ainsi dans le monde supérieur l’homme se trouve face à face avec son être animique qui se présente à lui sous forme d’image.
C’est dans cette phase de l’évolution que le disciple doit surmonter ce qu’on appelle l’illusion du Moi personnel, pour nous servir du langage théosophique. Ce qui se passe au dedans de cette personnalité, il le considère comme réalité extérieure au même titre que les données de sa perception physique, autrefois la seule réalité extérieure existant pour lui. Cette expérience le conduit progressivement à agir vis-à-vis de lui-même comme il agissait autrefois vis-à-vis des êtres qui l’entouraient.
Si le regard de l’homme s’ouvrait sur les mondes supérieurs avant qu’il ne fût suffisamment préparé à interpréter scs perceptions, ce tableau de son âme lui paraîtrait tout d abord
comme une véritalDle énigme, car ses instincts et ses passions lui seraient visibles sous des formes animales ou parfois même humaines. A vrai dire, les formes animales de ces régions ne ressemblent à celles du monde physique que de loin, mais un observateur inexpérimenté les croira semblables à ces dernières.
Quand on pénètre dans ces régions, il faut modifier en toutes choses les bases de son jugement, car non seulement les éléments de la vie humaine intérieure apparaissent comme faisant partie du monde extérieur, mais encore ils présentent rimage renversée de ce qu’ils sont en réalité. Lorsqu’on lit dans ce monde un nombre il faut le lire en le renversant. Dans Tastral, par exemple, le nombre 265 se lit 562. De même une boule est perçue comme si l’observateur se trouvait à son centre. Il faut nécessairement apprendre à traduire judicieusement les données de cette perception intérieure des choses. Les états d’âme eux-mêmes sont reflétés sous une forme renversée. Par exemple un désir qui se rapporte à un objet extérieur se présente sous une forme qui se meut vers Têtre qui a ressenti le désir. Les passions qui ont leur siège dans la nature inférieure de l’homme apparaissent comme des formes d’animaux qui se rüent avec une extrême
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violence sur leur auteur. En réalité, ces passions sont dirigées au dehors sur des objets du monde extérieur. Mais, étant donnée la propriété de la substance astrale d’agir comme un nriroir, cette aspiration vers l’extérieur se manifeste sous 1^ forme d'une attaque contre l’homme en proie à la passion.
Lorsque l’étudiant, avant de s’élever à la perception supérieure, a appris à connaître ses propres qualités par une observation calme et approfondie de lui-même, il trouvera aussi la force et le courage nécessaires pour se conduire comme il convient au moment où sa vie intérieure se reflétera devant lui. Mais les hommes qui ne se sont pas assez éprouvés eux-mêmes pour connaître l’essence de leur vie intérieure ne se reconnaîtront pas dans le miroir astral et considéreront leurs perceptions comme une réalité étrangère. En outre, ce spectacle les remplira d’appréhension et comme ils ne pourront le supporter, ils essaieront de se persuader que tout cela n’est qu’une chimère enfantée par l’imagination et ne peut conduire à rien de bon.
Dans les deux cas il se produirait un arrêt fatal dans l’évolution du disciple, arrêt dû à son accession à un certain degré de la connaissance avant d’avoir acquis la maturité suffisante.
Il est absolument nécessaire pour le disciple de contempler ainsi spirituellement son âme avant de monter plus haut dans Téchelle des connaissances occultes, car c’est dans sa propre individualité qu’il trouve les éléments spirituels et animiques qu’il peut le mieux apprécier. Si dans le monde physique il a acquis une connaissance assez approfondie de sa personnalité et qu’il rencontre dans les mondes supérieurs, avant toute chose, l’image de cette personnalité, il pourra comparer l’une et l’autre. Il pourra rapporter l’expérience supérieure à une donnée connue et se placer pour la juger sur un terrain solide. Au contraire, s’il rencontrait tout d’abord d’autres entités spirituelles il n’aurait aucun critérium pour apprécier l’essence de leur être et il sentirait bientôt le sol se dérober sous ses pas. On ne saurait par conséquent proclamer assez haut que la route la plus sûre vers le monde supérieur passe par la connaissance et l’appréciation sérieuses de la personnalité humaine.
Ainsi donc les premières apparences que l’homme rencontre à son entrée dans le monde supérieur sont des images, et la réalité qui répond à ces images est en lui-même.Il faut donc que le disciple soit suffisamment mûr pour ne pas s’atteler dans cette première étape à la recherche des
réalités brutales et pour reconnaître la justesse de ces images. Mais à l’intérieur de ce monde d^images, il apprend vite à connaître quelque chose de tout à fait nouveau. Son moi inférieur s’étale devant lui comme dans un miroir, mais au milieu du tableau que forment ces reflets lui apparaît bientôt la réalité vraie du soi supérieur. L’image de la personnalité inférieure encadre ainsi la figure du soi spirituel et c’est de lui seul que peuvent sortir les liens qui établissent une communication avec d’autres entités spirituelles.
Le temps est venu d’utiliser la « fleur de lotus à deux pétales » située dans la région des yeux. Lorsqu’elle commence à se mouvoir, la possibilité est conférée à l’homme d'entrer en rapport avec des entités spirituelles qui lui sont supérieures. Les courants émanés de cette fleur de lotus se rendent vers les réalités supérieures. Leur mode de circulation est tel que l’homme a pleine conscience de leurs mouvements et de leur parcours. De même que la lumière rend les objets physiques visibles à l’œil, de même ces courants rendent visibles les objets spirituels des mondes supérieurs.
C’est en se plongeant dans des méditations précises, communiquées individuellement par
Tinstructeur, que Télève apprend à mettre en mouvement et à diriger les courants émanés de la « fleur de lotus à deux pétales ».
C’est dans cette phase de l’évolution qu’apparaît tout le prix d’un jugement sain et d’une discipline inspirée par la claire logique. Le soi supérieur qui jusqu’ici était resté dans Thomme à l’état de germe inconscient commence à naître à la vie consciente, et cette naissance spirituelle n’est point un symbole mais une réalité. Cet être spirituel doit venir au monde pourvu de tous les organes nécessaires si l’on veut qu’il soit viable. De même que la nature a pris soin de pourvoir le nouveau-né des organes des sens normalement conformés, de même les lois de l’évolution individuelle prennent soin que le soi supérieur humain vienne à la vie avec toutes les facultés nécessaires. Et ces lois qui garantissent ainsi la formation des organes spirituels ne sont autres que les lois de la morale et de la raison telles que les connaît notre monde physique. De même que l’enfant se développe dans le sein de sa mère, ainsi l'homme spirituel dans l’être physique. La santé de l’enfant dépend de l’action normale des lois de la croissance naturelle dans le sein de sa mère. La santé de l’homme spirituel dépend des lois de l’entendement normal et de
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leur action raisonnable dans la vie physique. On ne saurait donner naissance à un soi supérieur sain que si Ton vit et pense sainement dans le monde physique. Une vie conforme à la nature et à la raison est la vraie base de tout développement spirituel.
De même que Tenfant dans le sein de sa mère vit conformément aux forces naturelles que ses sens percevront après sa naissance, ainsi le soi spirituel d’un homme vit conformément aux lois du monde spirituel dès Inexistence physique, et de même que Tenfant par un instinct vague s’assimile les forces utiles à la vie, de même Thomme spirituel s’assimile les forces spirituelles avant même d’être venu au monde. Cette assimilation est indispensable si le soi spirituel doit naître parfaitement conformé. Il est faux de dire que l’on ne saurait accepter les enseignements mystiques ou théosophiques avant de voirsoi-même.Si Ton agit ainsi on est sûr de ne jamais parvenir à la vraie connaissance supérieure et Thomme se trouve rait dans la même situation qu’un enfant dans le sein de la mère qui refuserait de s’assimiler les forces qui lui sont transmises par l’organisme maternel et voudrait attendre de pouvoir y faire volontairement appel par lui-même. Comme l’embryon humain reconnaît par un sentiment
confus la bonté des aliments qui lui sont offerts de même Thomme encore aveugle spirituellement peut reconnaître la vérité des enseignements mystiques et théosophiques. Il y a une sorte d’intuition fondée sur le sentiment de la vérité et sur la clarté et Tétendue de la raison qui permet de pénétrer ces enseignements avant que la perception spirituelle ne soit éveillée. Les connaissances mystiques doivent d^abord être apprises et c’est par cette étude que Thomme se prépare à la voyance. Un homme qui parviendrait à la voyance avant de s’être adonné à cette étude ressemblerait à un enfant qui aurait des yeux et des oreilles, mais point de cerveau. Tout un monde de couleurs et de sons s’étendrait devant lui, mais il ne saurait qu’y faire.
Cette conviction instinctive se transforme au degré présent du noviciat en expériences personnelles. Le disciple possède maintenant la connaissance immédiate de son soi supérieur. II apprend à reconnaître que ce soi supérieur est en rapport avec les entités spirituelles d’un niveau transcendant et qu’il n’est qu’un avec elles et il constate que son être supérieur survit à sa nature inférieure. Il peut maintenant discerner en luimême et par lui-même les éléments transitoires des éléments permanents. Il vérifie expérimenta-
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lement la doctrine de Tincarnation du soi supérieur dans une forme inférieure. Il perçoit qu’il fait partie d’un vaste ensemble spirituel, dont les forces déterminent ses qualités et ses destinées. II apprend à connaître la loi de Karma, il reconnaît que son moi inférieur, fondement de son existence actuelle, n’est qu’une des formes que le soi supérieur peut prendre et il voit la possibilité de travailler du haut de son individualité spirituelle à se perfectionner déplus en plus. Il constate les grandes différences qui séparent les hommes au point de vue de leur degré d’évolution, il voit audessus de lui des êtres qui ont atteint des degrés auxquels ils parviendra plus tard. Il voit que leurs actions et leurs enseignements découlent d’une source sublime qui réside dans des mondes encore plus hauts. Toutes ses expériences il les doit au premier regard qu’il a jeté dans le monde spirituel. Ceux qu’on appelle les maîtres de la sagesse, les grands initiés de l’humanité vont commencer à être pour lui des êtres réels et vivants.
Tels sont les dons que confère au disciple cette phase de son évolution : Vision du Soi supérieur, connaissance de la loi d’incarnation et de 1 influence des causes spirituelles dans la vie terrestre ou loi de Karma, enfin compréhension des grands initiés.
Cest pourquoi ron dit du disciple qui a atteint ce degré que ses doutes ont disparu. Autrefois, ses croyances se fondaient sur des raisons logiques ; à la place de ses croyances il possède le savoir intégral et l’intuition que rien ne peut ébranler.
Les religions, dans leurs cérémonies, leurs sacrements et leurs rites, ont donné des symboles extérieurs et visibles des réalités spirituelles. On ne saurait le méconnaître dès qu’on les étudie profondément. Celui qui perçoit lui-même la réalité spirituelle comprendra parfaitement la signification de ces symboles visibles. Le service religieux sera pour lui une image de ses rapports avec le monde spirituel. Dans la littérature théosophique on définit cet état d’âme d’une façon approximative, en disant que dans cette phase de son progrès le disciple se libère de la superstition. En réalité, la superstition n’esî autre chose que l’attachement à des cérémonies extérieures sans regarder les réalités spirituelles qu’elles expriment.
On voit dans quel sens le disciple devient, à ce point de son évolution, un homme nouveau. Il peut maintenant progressivement s’élever jusqu’au point de pouvoir diriger, grâce aux courants émanés de son corps éthérique, l’élément vital
propre au monde supérieur, ce qu’on appelle le « feu de Koundalini », et obtenir ainsi une indépendance parfaite à Tégard de son corps physique.