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OBSERvATION I.
— ---- Courbe de l'urine.
Courbe de la température.
Le pouls large, plein, bat à 80
La diurèse est des plus satisfaisantes (en moyenne 5 litres par vingt-quatre heures), les urines ont repris leur couleur normale.
Il n'est pas jusqu'aux phénomènes pulmonaires aigus qui n'aient en partie disparu.
D'abord, la respiration a repris son rythme normal (14 respirations). Le malade n'a plus de dyspnée.
Au point de vue local, il ne reste plus qu'une légère submatité à la base droite avec de très rares sibilances et une légère bronchophonie,
Enfin, les extrémités bien que bleu-violacées (comme elles le
ut Ma + : AE AR ; sont d’ailleurs plus ou moins d'ordinaire) ont une coloration
Er se beaucoup moins accusée qu'au début où elles avaient une teinte httéralement vineuse.
La cyanose des lèvres a presque complètement disparu. Le malade sort le 4 juin 1902, par indiscipline,
OBSERVATION IT (personnelle),
B... Claudine, femme V..., ménagère, quarante-deux ans, entrée le 3 octobre 1903, salle Sainte-Marie, lit n° 18, service du D' Lyonnet, à l'hospice de l’Antiquaille de Lyon.
ASE —;Père mort à quarante ans, tuberculeux, était très
alcoolique.
Mère morte à cinquante-six ans en trois jours, d'une fluxion de poitrine.
Six freres et sœurs morts dans l'enfance presque tous de méningite.
Un frère mort à trente-cinq ans d’une « phtisie galopante ».
A. P. — Bonne santé habituelle, Réglée à treize ans et demi, toujours régulièrement. Mariée à {rente-quatre ans; n'a pas d'enfants. Son mariest bien portant,
Dans l'enfance la malade a eu la rougeole et la coqueluche.
Pas d'autres affections dans l'enfance ou la jeunesse.
A l’âge de ving-huit ans, fut soignée à l'Hôtel-Dieu de Lyon pendant trois ans pour une affection abdominale qu'elle appelle embarras gastrique et qui fut peut-être une péritonite ou une dothiénentérie : météorisme, douleurs abdominales, fièvre.
La malade n'a jamais eu, depuis, d'autres symptômes abdominaux : elle n'est pas sujette à tousser l'hiver.
À l'entrée. — Femme de forte constitution apparente ; pas d'amaigrissement. Facies très coloré. Acné couperosique,
La malade souffre assez vivement d'une gêne respiratoire et d'un point assez marqué à gauche. Elle a de plus des quintes de toux très pénibles. Les moindres mouvements, le seul fait de l'asseoir sur son lit augmentent celte dyspnée et provoquent une
she petite toux déchirante, très pénible pour la malade et gênant beaucoup l'examen.
Appareil pulmonaire. — Au poumon droit, rien à signaler si ce n’est une respiration forte, supplémentaire,
A gauche, symptômes nets d'épanchement pleural : matité absolue dans la moitié inférieure.
Submatité dans la partie supérieure et au-dedans du bord interne de l'omoplate.
Les vibrations ont disparu totalement sauf à l'extrême sommet où l’on en retrouve quelques-unes.
En avant, augmentation de l'aire normale de la matité cardiaque qui se continue en haut par une zone de matité remon- {ant jusqu'au troisième espace intercostal., Cette matité antérieure se raccorde avec la matité postérieure par la région sousaxillaire.
A l’auscultation, en arrière, dans les 2/3 inférieurs, disparition du murmure vésiculaire ; ce dernier est remplacé par un petit souffle superficiel, aigre et voilé qui remonte presque jusqu'à l'épine de l’omoplate.
Egophonie. Pectoriloquie aphone très nette.
En avant, tout autour de l'aire de matité on entend quelques frottements assez superficiels, très nets : on les suit facilement sous l’aisselle et en arrière, on en entend encore quelques-uns à la limite supérieure de la matité.
Rien au sommet.
Appareil circulatoire, — Le cœur n'est pas déplacé. La pointe bat un peu en dedans du mamelon à 2 centimètres environ.
Pas de modification des bruits ou du rythme cardiaque.
Température : 39°2 à l'entrée.
La malade dort mal la nuit à cause de la toux incessante qui la fatigue.
Pas d'albumine ni sucre dans les urines qui sont rares.
7 octobre. — L'état de la malade reste stationnaire ; le point de côté est un peu moins douloureux. Les urines étant peu abondantes et la diurèse se faisant assez mal, on administre à la
malade deux cachets de théobromine de 0 centigrammes,
8 octobre, — Urines 6oo centim. cubes, rouges, sédimenteuses.
La température peu élevée atteint 38 degrés.
La théobremine ayant produit peu d'effet sur les mictions, on pratique à la malade une injection de un quart de milligramme de digitaline.
9 octobre. — Le taux de l'urine s'élève à 2100 grammes. C'est une urine encore foncée mais moins rouge que celle des jours précédents, Température vespérale : 38 degrés.
Du 10 octobre au 14. — Ürines variant de 1800 à 3000 centimètres cubes.
La malade se sent soulagée dans de notables proportions.
La matité n'occupe plus que le tiers inférieur du côté gauche.
15 octobre. — Une nouvelle injection de 1/4 de milligramme de digitaline. La œuantité d’urines atteint 2800 centimètrescubes le 15, 3400 centimètres cubes le 16 et 3800 le 17.
Ces urines sont claires et limpides.
17 octobre. — L'état général et local se sont améliorés progressivement, la température matinale est à 3701, celle du soir à 38 degrés. Depuis quatre jours, elle oscille entre 37°2 et 38 degrés le soir.
La dyspnée a surtout beaucoup diminué. La toux est aussi beaucoup atténuée et est moins douloureuse. |
A l'examen du poumon, il n'y a plus de malité absolue à gauche qu'a un travers de main,
Dans tout le reste du poumon, la submatité se continue jusqu'au sommet.
Le murmure vésiculaire s'entend bien jusqu'à un travers de main au-dessus de la base.
Le souffle a disparu, mais il existe encore nettement à la base de l’égophonie et de la pectoriloquie aphone.
Sur la ligne axillaire, nombreux frottements.
En avant, la matité remonte moins haut, mais en dehors la matité cafdiaque se continue avec celle de la région axillaire et de la région postérieure. |
On n'entend plus de frottements en avant.
La malade sort guérie le 16 novembre 1903.
Voici la courbe de température et d'urines de cette malade.
OBSERYATION Il.
—----- Courbe de l'urine.
Courbe de la température.
OBSERVATION III (Personnelle).
T.... Marie, femme B.., âgée de soixante-trois ans, ménagère, entrée le 3o juin, salle Sainte-Marie, lit n° 4, service du Dr: Lyonnet, hospice de l'Antiquaille.
A, H. — Parents morts âgés.
Deux frères morts à quarante-cinq et quarante-sept ans d'affection inconnue. Un vivant bien portant.
A, P. — Bonne santé habituelle,
Réglée à onze ans. Ménopause à quarante-neuf ans, sans accident. Mariée; pas d'enfants.
Jamais de rhumatisme articulaire aigu. Depuis trois ou quatre ans, s'enrhume facilement.
Depuis deux ans, la malade a de la dyspnée d'effoft. Jamais d œdème des jambes avant ces derniers mois; pas de pollakyurie noclurne.
Il y a dix mois, premières manifestations morbides que la
pires
malade qualifie de rhumatismes : elle avait des douleurs dans les jambes, surtout au niveau de quelques paquets variqueux, L'essoufflement et les palpitations apparurent.
Pendant tout l'hiver, mauvais état général : dyspnée, toux, expectoration, palpitations. :
Après une légère amélioration, aggravation assez rapide de cet état au mois d'avril 1903 : l'œdème s’installe aux membres inférieurs, Anurie avec albuminurie. Dyspnée intense. Tous ces phénomènes asystoliques furent traités par la digitale qui amena un notable soulagement.
Depuis trois semaines, les accidents ont reparu et c'est pour ces molifs que la malade entre à l'hôpital.
30 juin, — À l'entrée, femme très obèse, en proie à une grande dyspnée, obligée de rester assise dans son lit.
Facies couperosique avec cyanose très marquée.
Anasarque considérable, œædème léger des mains.
Appareil circulatoire. — Pointe du cœur difficile à localiser. A l’auscultation, battements rapides, faibles, irréguliers. Pas de bruits anormaux. Il ne semble pas y avoir de souffles,.
Pouls petit, très rapide, irrégulier.
Poumons. — Submatité aux bases. Râles nombreux fins et serrés remontant très haut.
Sibilances nombreuses dans la partie supérieure avec râles ronflants très bruyants, surtout à gauche.
Urines. — Rares, très foncées avec disque net d’albumine. Au niveau des jambes, œdème, très considérable avec peau tendue, luisante, ulcérée par places.
Appareil digestif. — Langue très saburrale; pas de vomissements; constipation,
Le foie ne peut être perçu à cause de l’état d'embonpoint de la malade et de l'impossibilité de la mettre dans le décubitus dorsal, du fait de sa dyspnée.
Injection de 1/4 de miligramme de digitaline.
L'état de la malade s'améliore rapidement.
La dyspnée est moins intense. Le pouls est encore arythmique,
un peu rapide, mais la tension est bonne,
oi Au cœur, arythmie moins marquée : les deux bruits sont distingués très aisément : ils ne sont pas modifiés. Aux poumons, râles d'ædème aux deux bases. OEdème moins accentué aux jambes.
La malade sort notablement améliorée le 1°" décembre.
Le D' Gilson, de Bruxelles, a tenté l'injection de digitaline dans les cas suivants :
1° Insuffisance rénale. Injections de 1/2 à 1 milligramme, alternant avec les injections de caféine (0,25);
2° Pneumonie double 1/4 de milligramme ;
3° Bronchite capillaire. Enfant de cinq ans. Sécrélion uriaire presque supprimée. 1/4 de milligramme pendant trois jours, le matin. Bon résultat :
4° Dans plusieurs cas de pneumonie fibrineuse, chez les alcooliques, avec alternative d'injection de strychnine, Excellents résultats ;
5° Dans la grippe, lorsque le cœur est affaibli. Bon résultat avec un quart de milligramme matin et soir ;
6° Surtout bons résultats dans la congestion pulmonaire d'origine grippale; doses fractionnées ou massives, suivant les cas.