Ibid., p
l’inquiétude religieuse
ditoire d’Oxford, comme elle m'a paru à moi. Ce bon vieux lieu commun que rhistoire de ce monde conduit à Dieu, que l’histoire moderne n’est que la diffusion de sa lumière dans le Christ. Je revois le temps où cela était pour moi la clef de l’histoire. J’ai bien peur de l’avoir perdue, cette clef, et je n’ai rien pour la remplacer *.
Mais il est encore trop frémissant de cette lutte intérieure et extérieure pour demeurer longtemps sur cette inquiète et mélancolique douceur. Voici encore — c’est presque la dernière fois — la note exaltée, présomptueuse et méprisante qui détonne dans cette âme de délicatesse, de respect et de bonté.
11 y a deux églises dans le monde, l’église du prêtre et celle du maître d’école, l’église du dogme et celle de la science. L’Église d’Angleterre peut essayer de concilier ces deux courants, de garder du moins quelque chose de tous les deux. Mais chaque jour rend cette tâche plus impossible. On peut appuyer sa religion — c’est-à-dire le lien moral qui donne à noire vie une unité d'action et de propos, — ou sur la foi, ou sur les faits, sur l’enseignement extérieur de l’Église, de la Bible, de la Secte — ou sur les leçons intérieures de l’expérience et du savoir. Mais il est impossible de souder ces deux fondements. Avez-vous lu, par exemple, le nouveau livre de Darwin sur l'Homme et son origine. Je n’en sais encore que ce qu’en disent les deux beaux articles de la Saturday, mais quelles merveilleuses perspectives ce livre n’ouvre-t-il pas devant de si vastes problèmes, comme toutes les controverses théologiques s’efiondrent, paraissent mesquines et vaines ! « Sacrifice », « Justification », « Inspiration », tout cela paraîtra à nos enfants aussi absurde que nous paraissent à nous le gnos-