PRÉFACE XI
sortir de mon sujel, et j'avoue que cela en vaudrait fa peine si les « formes de la sincérité religieuse )) sont aussi « diverses » que le déclare un de mes derniers chapitres.
La grande difficulté restera toujours de comprendre les âmes qui sont aux antipodes de la nôtre et de leur rendre la justice qui leur est due. William James ne parvenait pas, malgré tous ses efforts, à se représenter des êtres raisonnables qui regardent comme un bien de soumettre leur intelligence à Vintelligence d'un autre homme. Moi non plus, jnais nous avons tort tous les deux.
Si, au XIX^ siècle, des ministres de Dieu qui nélaient pas des sots, tels que Newman et que Manning , se sont, pour des raisons religieuses, avec sincérité et gravité, convertis au «^ papisme, » au vieux catholicisme ultramontain ; si, en 1909, un savant professeur d'histoire à Vuniversité de Halle a suivi leur exemple parce qiiil a cru et non pas seulement parce que, ancien officier d'artillerie de la garde à Berlin, il avait appris à obéir et à commander dans Varmée la mieux . disciplinée qui fut jamais y' s'ilest vrai que Brunefière, touché de la grâce au Vatican, eut foi au christianisme soirs sa forme romaine et vit dans la sainte Eglise autre chose qu'une grande institution politique et sociale très utile et très belle, il doit être possible de comprendre et de respecter l'étrange renoncement intellectuel de ces êtres pensants, la conversion mystique de ces âmes.