Pensée
Il est à peine utile de constater par des citations que l'état militaire était, aux yeux de Bovet, la pire forme de l'antique démence qui fait abdiquer aux hommes leur dignité d'êtres raisonnables et libres pour devenir des instruments de meurtre dans un troupeau de brutes asservies. Il ne comprend pas que la prière ose pénétrer dans ce mystère d'iniquité qu'on appelle la guerre; que, dans notre siècle, on attache encore de la gloire à des faits d'armes comme la prise de Sébastopol.
C'est navrant et humiliant de voir des créatures raisonnables auxquelles on fait passer des habits bleus, que l'on orne de pompons rouges et que l'on fait marcher au pas en frappant sur une grosse caisse et en soufflant dans des trombones ^
L'organisation ecclésiastique est assurément plus digne de respect que l'organisation militaire; mais elle a aussi son cérémonial, ses décors, ses costumes, ses « proposants en manteau noir, » son « marguillier rouge et vert, » « toutes choses, déclare Bovet, qui de tout temps m'ont été antipathiques, comme tout ce qui est kirchlich. » Et cette antipathie pour la pompe et l'appareil, pour toute espèce d'étalage, pour la simple exhibition aux yeux du public de notre foi intérieure, était poussée tellement loin qu'elle alla quelquefois jusqu'à lui faire souhaiter qu'une indisposition ou tout autre empêchement forcé lui rendit matériellement impossible le devoir de participer à la sainte Cène^.
Qu'est-ce, d'ailleurs, que « notre liturgie arrangée à l'usage des Neuchâtelois par feu M. Ostervald ? » Où