PRÉFACE VIT
doute, ccst un recueil cVarticles détachés; mais les dix chapitres dont ce recueil se compose ont tous pour thème fondamental et constant /'Inquiétude religieuse. Je n ai pas voulu grossir mon volume de ce qui n aurait point convenu à ce titre. Pourquoi la variété ne serait-elle pas la bienvenue, quand V unité du but et de la direction subsiste à travers les tableaux changeants de la promenade? Ne jamais ennuyer le lecteur et rester toujours clair : il peut y avoir d'autres règles de Vart cVécrire; mais ces deux points j^ésument foute ma rhétorique.
Euripide, sujet de ma première étude, est un moderne par l'inquiétude de sa pensée philosophique et religieuse. Quelle intéressante rencontre, et d'un intérêt actuel, de voir ce poète grave et triste, qui n était pas du tout un sceptique moqueur à la façon de Lucien, donner la main à « un libre croyant » de notre XX^ siècle, dont j'étudie, au chapitre VI, « la double hérésie, » et encourir r accusât ion cV athéisme à cause du sérieux même de sa pensée morale et du respect quil eut pour V idéal divin!
Au siècle de la Réforme, les grandes âmes si opposées de Luther et de Loyola ont calmé leur angoisse par des moyens contraires : le second chercha la paix dans une soumission aveugle à Vautorité extérieure de l'Eglise; le premier, dans une acceptation éclairée du salut offert personnellement au pécheur « justifié » qui « vivra par la foi. )) La Société de Jésus est V épanouissement complet