VIII PRÉFACE
du génie catholique : excès de V imagination, superstitions, idolâtrie ; proscription de la pensée libre, asservissement de la volonté ; Vesprit individuel anéanti dans Vesprit de corps ; discipline militaire et cléricalisme ambitieux de dominer sur le monde laïque comme sur Vautre. L'esprit protestant atteint, au contraire, sa perfection dans un individualisme extrême où risquent de s\'vanouir toutes les collectivités, la société ecclésiastique et la société civile, les églises, la cité, les nations, la patrie. — Un philosophe chrétien de Neuchatel, Félix Bovet, célèbre en Suisse, moins connu en France, m'a paru digne d'une étude approfondie et vraiment nouvelle, comme un bien curieux représentant de ce quon pourrait appeler le « comble » de findividualisme protestant.
Pascal est un chapitre attendu et oJAigatoire de toute étude sur Vinquiétude religieuse. Mais notre hâte inconsidérée d'assimiler toujours les autres à îious-mêmes fait que l'on continue de se tromper radicalement sur la nature du doute qui tourmentait Vâme de ce grand penseur, et j'ai essayé de le définir avec précision. L'auteur des Pensées, fort différent des hommes du XIX^ et du XX* siècle, ne mettait point en doute la réalité des objets de la foi; il n'a jamais dit, il n'a jamais eu lieu de dire, comme le père de ienfant guéri par Jésus : « Je crois Seigneur! aide-moi dans mon incrédulité ! » // doutait de son salut, ce qui est tout autre chose. Il a connu les i-aisons des incrédules, puisqu'il les a réfutées; mais sa foi est demeurée