P. Tyrrell, Nova et vêlera, p
mission remplie, l'Homme a disparu à jamais pour ne laisser que le Dieu. L'Ecriture a pris un soin particulier de nous rappeler la survivance de son humanité... et ceci se concrète en une très grande et très importante vérité : cest — si je puis m' aventurer à 'parler de la sorte — la vérité du cœur humain de Dieu. Nous regardons Dieu comme un esprit, infiniment loin de ses créatures et sans analogie avec elles. La vérité est que l'homme ressemble à Dieu... Il n'y a pas deux façons d'aimer, une propre à Dieu, l'autre propre aux hommes. . . L'humanité survivante du Christ inculque dans notre esprit cette grande vérité que le divin Cœur a des sympathies humaines ^ .
De tels passages ne sont pas rares dans la littérature religieuse d'Angleterre, et d'ailleurs cette doctrine, loin de rester dans les livres, a eu un grand retentissement dans la vie morale de plusieurs âmes très belles et très hautes. Les amis de Gordon le savent bien.
Malheureusement on n'a encore songé à écrire que l'histoire extérieure de 'la dévotion au Sacré Cœur : il reste à étudier l'influence profonde qu'elle a exercée sur notre siècle, comment elle a modifié les relations de l'âme et de Dieu, quelle part elle a eue dans l'évolution de la prière, et comment elle a donné une note plus intime, plus réservée, plus tendre au christianisme contemporain^. A côté de ces progrès réels, on devrait courageusement relever certains abus, en recher-