Newiuan, Universily sermoTm, xii
M. BRUNETIÈRE ET l'iRRATIO.NNEL DE LA FOI 119
trouve aucune analyse qui la justifie à mes propres yeux... et pourtant j'ai de sérieuses prémisses et ma conclusion en découle d'une manière irrésistible ». »
On dira peut-être que cette facilité de croire vient de ce qu'aucune objection n'a été soulevée. Il n'en est rien. Même devant des objections graves et dont nous ne connaissons pas la solution, nous persistons dans notre certitude et notre logique naturelle ne s'alarme point.
« Si j'affirme que vous êtes honnête homme, homme de cœur, — dit M. Ollé-Laprune, — où est-ce que je prends cette ferme assurance? Dans ce que je sais de vous, sans doute ; je connais votre passé, vos façons ordinaires de parler et d'obéir. C'est bien; mais sije n'avais pour fojider }no?i assurance que des raisonnements, un doute ne demeurerait-il pas possible? Ne pourrais-je point à des arguments opposer des arguments; à ce que je sais opposer ce que j'ignore, tout au moins un « que sais-je ? » un « peut-être » suffisant pour m'ébran- 1er? N'y a-t-il point dans votre vie certaines apparences contraires à la bonne opinion que j'ai de vous, des circonstances propres à inspirer quelque soupçon, léger, je le veux bien, téméraire, c'est possible, mais enfin un soupçon défavorable? quelque chose qui dément ou semble démentir votre caractère connu? un rien qui donner^iit à penser autre chose de vous ?. . . Tout cela est possible aux yeux de la raison raisonnante. Et tout cela est impossible