Lellers, p
mission à Tarchevôque de Cantorbéry, il avouait que cependant un peu de sa foi perdue semblait revenir. « Bien que sur quelques points, disait-il encore, j'aie commencé à voir plus clair dans mes ténèbres, pourtant je ne crois pas qu'il me reste quelque possibilité de reprendre jamais ma vie cléricale '. »
La mort vint interrompre ce travail intérieur que ralentissait le surmenage imposé par tant d'autres travaux, dans ces années pressées et fécondes. De sa religion ancienne Green ne gardait que cette élévation et intensité morale dont à aucun moment de sa vie nous ne le voyons se départir. Tout à l'heure nous l'entendions définir la religion : « Le lien moral qui donne à notre vie une unité d'action et de propos. » Pour un Broad-Churchman, la définition qui nous paraîtrait ù nous si insuffisante est presque complète.
Morale et religion, ils ne s'inquiètent de savoir dans quelle mesure ces deux éléments d'une vie meilleure et pleinement humaine sont indépendants l'un de l'autre. Ils les mêlent et les confondent dans la théorie et dans l'action, voyant surtout dans les pratiques religieuses un cadre tout tracé et sûr de perfection morale et vivifiant la morale un peu froide des philosophes par toute la poésie de la religion.
Chez Green, bien que ce cadre religieux soit presque voilé tout entier, la conception du devoir n'a rien perdu de sa noblesse et de sa force. Dans ses livres, la préoccupation morale et sociale l'emporte sur toutes les autres ' et ses livres sont l'écho fidèle de toute sa vie. Écoutons-le encore une fois :