‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 13 sur 108 · Cross, p · texte numérisé non relu

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LA. RELIGtON DE GEORGE ELIOT 93

cake. Chose pire encore, ce chagrin des personnes âgées, auquel on assiste sans y rien comprendre. Tout cela pour prouver que nous sommes bien plus heureux que quand nous avions sept ans, et que, à quarante, nous le serons plus qu'aujourd'hui '. »

Manifestement, elle ne parle pas ici que d'elle seule. Dans sa pensée, la plupart des parents et des éducateurs ne prennent pas assez garde à ce sérieux « des chagrins de l'enfance, alors que la peine est chose nouvelle et surprenante, que l'espérance n'a pas encore d'ailes pour voler par-dessus les jours et les semaines, et que l'espace d'un été à l'autre paraît infini - ». Mais cette commune expérience que, devenus hommes, tant d'autres oublient, elle l'a faite sans doute avec une intensité et une clairvoyance particulières, Je n'en veux accuser ni son excellent homme de père, qui avait une prédilection pour la petite Marie-Anne, ni sa mère morte si tôt, ni même son frère Isaac, bon garçon après tout, bien qu'il lui ait peut-être rappelé trop souvent qu'elle n'était qu'une petite fille, et qu'il n'ait pas supporté ses caresses avec assez de patience. La faute n'en est à personne, pas même à la monotonie du cadre campagnard de celte jeunesse. Partout ailleurs, G. Eliot, entre douze et vingt ans, eût souffert du Ilot de sentiments mal définis et d'inquiètes curiosités qui se contrariaient en elle. Tête et cœur fermentèrent à la fois chez elle, et lorsque rien ne pouvait encore leur répondre. Elle a lu trop tôtWalter Scott et cette

1. Cross, p. 75. Cf. aussi Z)a/î/e/ Deronda, book II, ch. XVI,

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