ThemillontheFloss, book I, cb. VII
^4 L INQUIETUDE UELIGIEUSE
histoire du diable de Daniel de Foë, que sans doute on lui avait donnée pour les images. Je n'entends pas insinuer qu'elle ait été le moins du monde un enfant prodige. A Dieu ne plaise et bien au contraire on remarque déjà chez elle une certaine lenteur massive et puissante qui caractérisera toujours le travail de son esprit. Elle fut précoce d'aspirations plus que de succès, et cela même dut contribuer à la tristesse •de ses débuts. Trop de commencements d'idées, trop de questions vaguement pressenties et qu'elle ne posait pas encore, se mêlaient confusément dans son intelligence, et trop de fatigue accompagnait chez ■elle l'élaboration inconsciente de la philosophie d'Adam Bède et de Middlemarch.
La sensibilité ne fut ni moins avide ni mieux satisfaite. La mile wench qui veut lire comme une grande personne, demande qu'on la caresse comme une enfant. Jeune fille, jeune femme, sexagénaire, ce sera toujours le même irrésistible besoin. « De bonne heure, dit M. Cross, — celui-là môme que G. Eliot épousa après la mort de Lewes, — on remarqua ce trait distinctif de toute sa vie, la passion d'avoir quelqu'un pour qui elle fût toutes choses et qui fût toutes choses pour elle '. » Cela est vrai, mais nous verrons comment, plus tard, une sagesse très apaisée, très résignée, réglera cette exigence. Pour son cœur aussi bien que pour son intelligence, la période critique et douloureuse est encore celle de l'enfance et de la jeunesse. Elle qui plus tard ne sera romanesque qu'à fleur d'imagination et d'esprit, elle n'a peut-être jamais connu