‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 16 sur 108 · Cross, pp · texte numérisé non relu

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bonne et attirante pour mériter une petite part de la bonne et pure alTection qu'on peut trouver en ce monde '. » Enfin, au moment de la dernière surprise qu'elle ait faite à ses amis, elle semble prendre elle-même les devants, et rendre presque leur parole à ceux que son mariage avec M. Cross détacherait d'elle. « Qui vous remplacerait dans mon cœur ? Et pourtant si vous vous sentiez éloignée de moi, je ne saurais concevoir aucune amertune. Ce détachement est si naturel lorsqu'un ami ne répond pas à ce qu'on s'était habitué à attendre de lui -. »

Gardons-nous de prendre cette observation au tragique. L'allure môme de ces dilTérents témoignages nous le défend. Avec le temps, avec le bonheur, cette naturelle défiance, gêne plutôt que blessure, lui est simplement pénible el, sans doute, elle ne souffrit jamais autant que dans ses vingt ou trente premières années où elle se cherchait elle-même et préparait, dans une avidité excessive, la calme résignation des joies de son âge mur.

Les occupations du ménage dont elle eut la charge assez jeune, et qu'elle remplissait d'ailleurs avec le soin minutieux qu'elle apportait à toutes choses, la sottise épaisse de plusieurs personnes de son entourage, ajoutaient aussi, je pense, à l'irritation contenue et à l'ennui de Marie-Anne. La remarque est d'autant moins à négliger, qu'ici encore nous prenons sur le vif la lente formation de son caractère, de son talent et de sa doctrine. Comme tout le reste, ces impressions vont se pacifier peu à peu. Après

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