‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 33 sur 108 · Cross, p · texte numérisé non relu

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montrait déjà chez elle une impression analogue : « Nous ne sommes restés qu'un jour à Nuremberg... Quel dommage que cette ville soit devenue protestanteetqu'il n'y ait là qu'une seule église catholique... Nous avons fait en une minute le tour du fameux Saint-Sebald. Sous ces grandes voûtes gothiques, un clergyman protestant faisaitfroidementla lecture officielle. Alors nous sommes allés à l'église catholique; onychantaitune messe superbeetnous sommes restés debout parmi les fidèles, jusqu'à la dernière note de l'orgue, avec un sentiment de communion fraternelle ^. » C'est bien cela. Seulement, ce qui peut-être n'était en i858 qu'une impression passagère est devenu peu à peu une sorte de besoin intense et raisonné. La religion telle qu'elle la regrette et la désire serait, aussi loinque possiblede l'individualisme, la communauté fraternelle des âmes, unies par la pratique de la même foi et l'obéissance à une même autorité. On reconnaît peut-être là l'influence d'Auguste Comte et, dans tous les cas, de telles aspirations, de telles idées nous permettent de ranger G. Eliot parmi les précurseurs de ce mouvement de retour à la pensée catholique auquel, d'autres incroyants allaient travailler.

Comme on le voit, vraie ou fausse, la religion n'a de sens pour elle qu'en fonction de la morale. S'il ne console ou s'il n'élève, s'il ne sert de lien social, le dogme ne compte pas. Tout enfin nous montre qu'elle est restée inébranlable dans sa paisible incrédulité. Jamais elle n'a regretté, semble-t-il, ou n'a tenté de reprendre ce travail intéressant qu'elle avait

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