Romola, booli II, ch. XVI
ment sur cette terre une règle, un point d'appui et une sanction.
Nous la connaissons assez maintenant pour aborder l'examen plus direct de sa doctrine. Car, encore un coup, cette doctrine est intimement liée à ce qu'il y a de plus personnel chez G. Eliot. Loin qu'il y ait divorce entre sa doctrine propre et celle de ses livres, celle-ci explique la première, la développe et l'achève. Et sans doute, G. Eliot ne fait pas tout ce qu'elle prêche, mais que nous importe si elle ne prêche rien qu'elle ne veuille faire, qu'elle n'essaie de faire et qu'elle ne regrette de ne pas mieux faire» rien qui ne s'accorde avec ses aspirations habituelles et ses plus chères pensées. Faut-il y revenir et dire qu'en parlant de sa morale personnelle, je m'attache exclusivement à son caractère et à la règle ordinaire de ses actes. Coup de tête ou entraînement réfléchi, cette lamentable histoire de son union avec Lewes n'a que faire ici. Même parmi ceux qui bouleversent les conditions extérieures et transforment les apparences d'une vie, peu d'actes, pris en soi, sont vraiment révélateurs. C'est plus loin qu'il faut aller pour essayer d'entrevoir l'intérieur de cette « âme humaine si profonde, pleine de laideurs qu'elle ne se dit pas à elle-même et d'une bonté qui souvent ne parvient pas à se réaliser '. »
Oui, nous la connaissons ou, du moins, nous savons assez d'elle pour rattacher fortement son œuvre à sa vie. D'abord nous l'avons vue, rebelle au mysticisme, ardemment curieuse.de tout ce qui est, parle et se meut. Mais elle est femme et douce et mater-