‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 39 sur 108 · Ibid., p. 11 fi · texte numérisé non relu

Ibid., p. 11 fi

elle demande de sa plus jolie voix : « Madame a-t-elle bien dormi cette nuit ' ? ■> « Je puis tout leur dire, écrit-elle encore, M. d'Albert comprend tout et si Madame ne comprend pas, elle y va de confiance, toujours sûre que j'ai dit quelque chose d'édifiant. Elle m'embrasse comme une mère et je suis assez enfant pour trouver que cela augmente beaucoup mon bonheur ^. »

Veut-on qu'elle précise encore plus son idéal. En voici, je pense, un très clair symbole, la maison même où elle est ainsi heureuse. « Je trouve un charme indicible à cette façon de faire son nid. Vous vous arrêtez devant une maison d'assez piètre apparence. Vous grimpez un escalier de pierre, sombre et froid. Vous sonnez à une porte modeste et vous entrez dans un appartement confortable ou même élégant. On est si à l'abri des importuns, si garanti contre les distractions du dehors, si préservé des courants d'air, un nid enfin, un vrai nid, tapissé de duvet, au sommet d'un bon vieil arbre. J'ai toujours soupiré après une vie de ce genre. C'était le sûr instinct de ce qui me convenait ^. »

Elle est heureuse el, notez la conséquence immédiate, les puissances de sympathie qui sont en elle deviennent plus librement, plus joyeusement actives. Son amitié, jusqu'ici dans les lettres un peu trop grave, se détend et s'abandonne. A d'autres soucis plus précis et positifs, succède la douceur de penser à ses amis, de se les imaginer, de les suivre dans le détail de leurs journées et de le leur dire. La vie de

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