‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 42 sur 108 · Cross, p · texte numérisé non relu

Cross, p

s'humilier et de souftVir discrètement, aux pharisiens de s'étonner, à nous d'admirer au contraire ce bonheur confus de kii-méme et qui fait des rêves de dévouement. On a vu des égoïsmes moins charitables €t à de plus fortunés qu'elle la prospérité n'a pas fait comprendre la poésie de la bonté. Car nous parlons de poésie. Dans la pratique, G. Eliot, moins aimée €t moins entourée, n'aurait pas été moins charitable. Sa jeunesse le montre bien. Mais dans une existence moins facile et une moins chaude atmosphère, cette vertu substantielle n'aurait pas pu inspirer une oîuvre littéraire de longue haleine, et dans la vie réelle aurait manqué de rayonnement. Elle l'avoue elle-même dans de pauvres lignes douloureuses qu'on ne saurait transcrire sans un serrement de cœur. C'est au surlendemain de la mort de Lewes, au lendemain de son mariage avec M- Cross, à l'heure où elle se demande avec inquiétude si les vieux amis ne vont pas cesser de l'aimer. « Bien loin, écrit-elle, d'avoir rien changé à mes anciennes afTections, il me semble que j'ai recouvré cette sympalhie aimante que j'étais en train de perdre. Je sentais en moi un certain dessèchement de tendresse et maintenant la source est de nouveau jaillissante '. « « Je serai, écrit-elle encore, et meilleure et plus aimante que si j'étais restée seule ^, » encore : « Mon cœur se fermait et si je n'avais pris celte décision, je crois que je serais devenue égoïste ^ . » Que dirai-je encore. Une femme demandait à Dieu juste ce qu'il faut d'esprit pour être bon, et malicieusement elle

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