Cross, p. I.ô7. Cf. Huttox, loc. cit., p
bientôt tombée, mais chez elle le fond de cette pensée restera toujours. Plus nous sommes seuls et orphelins du côté du ciel, plus nous devons nous aimer. Ah ! si c'était vrai qu'il y eût là-haut, plus tard •des compensations infinies ! Mais rien de tout cela n'est prouvé. En attendant, nous souffrons, l'on souffre à côté de nous et nous devons prendre garde que cet espoir pour nous et pour autrui, d'une consolation céleste, ne nous aide à prendre plus facilement notre parti des souffrances du prochain ' . »
D'ailleurs, quoi qu'il en soit des philosophies et des religions, rien n'est plus clair, ni plus pressant que notre devoir envers nos compagnons de misère. C'est la grande et apaisante leçon d'une chambre de malade.
Voici du moins un devoir sur lequel tout le monde est d'accord. Ici, pas un coin où le doute trouve à se loger, pas de système qui. puisse contredire l'impulsion de notre coeur. Ici, pas de question préalable, pas d'examen avant d'agir. Humecter les lèvres du malade pendant les longues insomnies, soutenir sa tête qui retombe, soulever les membres inertes, deviner les désirs qui ne s'expriment que par un îaible mouvement de la main ou un regard de prière... Entre ces quatre murs... où un être humain est étendu, livré à la pitié de son semblable, la relation morale d'homme à homme est réduite à une clarté et simplicité extrême. Inclinées sur le lit du malade, toutes les forces de notre nature se réunissent dans la pitié, la patience et l'amour, effaçant les misérables traces de nos débats, de notre prétendue sagesse et de nos désirs égoïstes "'.
Dorothée Brooke, l'héroïne de Middlemarch, n'a