‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 47 sur 108 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

H. Hutton, loc. cil., p. 297.

LA RELIGION DE GEORGE ELIOT Hl

le soleil qui brillerait un jour sur sa tombe. Croyonsen plutôt le témoignage d'un vieillard qui n'avait pas lu Auguste Comte etqui disait, dansun sentiment analogue :

Mes arrière-neveux me devront cet ombrage.

Ces réserves faites, il est intéressant de noter, avec Hutton, l'efTort dont toute cette lettre porte l'empreinte. Chose étrange, G. Eliot touche à la fin de sa carrière et il lui faut encore un exercice et une tension pour s'élever au-dessus des détails d'affection et de dévouement, pour s'intéresser à ce qu'elle appelle la chose en soi et pour parvenir, avec son maître préféré, à un culte plus vaste de l'Humanité. En effet, c'était là proprement lutter contre elle-même et sa propre doctrine. Car la sympathie, telle qu'elle la comprend, est et ne peut qu'être vine sympathie de détail. Rien de vague, d'abstrait ou d'universel dans les sentiments qu'elle voudrait communiquer à ses lecteurs. De la bonté, oui, mais pour telle personne, et à tel moment et de telle façon. Dans ses rapports avec ses amies, elle montre constamment cette imagination de détail et presque de minuties, s'il y avait des minuties pour la vraie bonté '. « Au moment où je leur écris des choses inditïérentes, à quoi pensentils, se dit-elle, qui sait s'ils ne souffrent pas », et elle s'arrête à la peur de s'amuser à des bagatelles au moment où peut-être ceux qu'elle aime sont dans la peine ^. Un jour elle demande : « Envoyez-moi

1. « J'ai le bonheur de pouvoir évoquer très nettement le visage et l'accent de mes amis. « Cross, p. 353.

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