Cross, p. 604. Cf., p
lorsque vous aurez concilié le nécessitarianisme — oh ! que je déteste ce vilain mot ! — avec le fait de vouloir fortement, de vouloir vouloir fortement ^ » Il n'est donc pas question ici de sentimentalisme poétique, mais de bienveillance active, de charité pratique.
Quant aux « frères humains » qui attendent de nous ce secours, G, Eliot accepte qu'ils n'aient d'autre auréole que leur souffrance. Non, elle ne nous fait pas meilleurs que nous ne sommes. Aucun de nos ridicules, aucune de nos bassesses ne lui échappe. Les lecteurs de Middlemarch le savent bien. Mais c'est nous précisément, ôtres de faiblesse et dont les rares vertus boitent toujours, c'est nous qui avons besoin d'amour et aucun autre traitement ne nous acheminera vers la transformation dont tous, plus ou moins, nous sommes capables. Ni pessimiste, ni optimiste, disait G. Eliot d'elle-même, mélioriste plutôt et elle espérait que peu à peu on rendrait l'humanité moins imparfaite, « non pas en présentant à la jeunesse un idéal trop ambitieux, mais en lui faisant comprendre que dans la vie de tous les jours et le cercle étroit d'une famille, chacun pourrait indéfiniment diminuer les causes de souffrance, augmenter les sources de joie ».
Mais cela, c'est encore un rêve et pour rendre cette espérance moins irréalisable, nous devons nous résigner — il faut toujours répéter ce mot quand on expose la philosophie de G. Eliot, — nous résigner à tirer le meilleur parti de nous-mêmes et des puissances de bonté, de consolation et de support qui