‹ L'inquisition aux Indes espagnoles: a la fin du dix-huitième siècleChapitre 55 sur 59 · I. Arch. de Sim. Inquii 3. Id., ibid. 153, 17S · texte numérisé non relu

I. Arch. de Sim. Inquii 3. Id., ibid. 153, 17S

m. Mexico. 153, 1785.

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I motifs (

breuses mais ne manquent pas de présenter un certain intérêt, parce qu'elles nous mettent en présence d'individualités rares et fortes q\ii, malgré de réels périls, préfèrent leur sentiment particulier à l'opinion de l'Eglise officielle.

L'hérésie résulte d'une construction spéciale de l'esprit, c'est un ferment de critique et d'indépendance, dont aucune crainte, aucun respect humain ne peut arrêter le développement chez certains hommes. Joaquin Muiioz Delgado, machiniste horloger du prince des Asturies, était un de ces personnages à l'âme inquiète et troublée. Le 4 novembre 1776, il s'était dénoncé lui-même au Saint-Office de Madrid, et avait été condamné l'année suivante à diverses pénitences canoniques pour avoir tenu des propos sentant l'hérésie, avoir possédé des peintures déshonnètes, peut-être des livres obscènes, et mangé sans nécessité de la chair le vendredi. II était passé au Mexique et n'avait su se garder de retomber dans ses vieu.K péchés d'autrefois. Il avait nié l'Enfer et la vie future, il avait mal parlé de la vie religieuse, de la claustration, du célibat ecclésiastique, II s'était prononcé contre le culte des images. II avait dit que c'était folie de les sortir en procession pour faire cesser une épidémie, ((ue rien n'était plus facile que de faire un saint, qu'il ferait, quant à lui, de tels miracles,s'il le voulait, que tous le réputeraient pour un saint. Il s'était vanté de lire un écrit à travers un mur, de représenter un même homme en différentes attitudes dans un miroir. II était allé jusqu'à prétendre avoir ressuscité un homme mort depuis deux heures. Le Saint-Office de Mexico lui intenta un nouveau procès, dans lequel plus de cinquante témoins déposèrent. On n'avait pas vu depuis longtemps une affaire aussi retentissante, Delgado aggrava son cas en prenant à partie les juges, dont il attaqua l'impartialité ; il fit preuve d'une audace et d'une obstination incroyables. Aussi la sentence se fit-elle particuhèrement dure. Le 22 mars 1790, la Suprême, adoptant les motifs des juges de Mexico, le condamnent à abjiu'er de levi

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en audience publique, toutes portes ouvertes; il devait être revêtu du sanbenito avec demi-croix de Saint-André, absous ad cautelam, et banni pendant dix ans au Penon de Vêlez. On lui imposait en outre deux mois d'Exercices spirituels. Il était averti d'avoir à se comporter correctement à l'audience d'abjuration, s'il ne voulait pas qu'on lui mît la muselière '.

Nous trouvons en 1783 un certain Francisco ïellez Giron poursuivi par le Saint-Office pour avoir nié le Purgatoire'.

La même année, Francisco Laxe, dit Mendoza, galicien de vingt -huit ans, exerçant la profession de pen-uquier à Mexico, est condamné à abjurer l'hérésie et l'athéisme, dans une audience publique où il portera !a muselière, il recevra 200 coups de fouet, verra tons ses biens confisqués, portera pendant deux ans le sanbenito et restera pendant vingt ans exilé de Madrid, de Mexico, de La Havane et des endroits où il a commis ses crimes. Le 1 6 décembre 1 785, la Suprême confirme la sentence, mais fait grâce au coupable de l'affichage de sa condamnation en l'église de son village natal -.

En 1786, nouveau procès d'hérésie contre Paul Ballin, créole, natif de Teocalhchî dans l'évèchéde Guadalajara, chef des milices de Toluca".

Le 30 mars 1 787, Philippe Fabris est condamné par le Saint- Office comme hérétique et franc-maçon à une terrible peine. Il fera pénitence publique dans l'église de Saint-Dominique avec sanbenito à demi-croix de Saint-André, corde au cou, mitre en tête et muselière sur la bouche. Il abjurera de levi, sera absous ad cautelam de l'excommunication majeure qu'il a encourue ipso facto, par sa seule adhésion à la franc- . maçonnerie. Le lendemain, il recevra 200 coups de fouet.

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