‹ L'inquisition aux Indes espagnoles: a la fin du dix-huitième siècleChapitre 56 sur 59 · I. Mexico. I53i · texte numérisé non relu

I. Mexico. I53i

Il sera conduit en Espagne, enfermé pendant dix ans dans un couvent de l'étroite observance, ou dans un pénitencier au choix de l'Inquisiteur général et à sa sortie de prison sera Tjanni de tous les domaines de Sa Majesté. En attendant son départ pour l'Espagne, il sera reclus au couvent des Carmes déchaux de Mexico, fera une confession générale, constatée par écrit, à chacune des deux Pâques de Résurrection et de Pentecôte de sa première année de captivité. Il récitera tous les jeudis un Credo en l'honneur de la Très Sainte Trinité, le vendredi el Vendita (f) et le samedi une partie du Rosaire 4e la Vierge. Pendant le premier mois de sa détention, il fera les Exercices spirituels avant de se confesser, avec le directeur qu'on lui désignera.

La Suprême, par arrêt du 6 mars 1790, ordonne le transfert immédiat de l'accusé en Espagne et transforme ses dix ans de réclusion en quatre ans d'internement au Penon de Vêlez. Le bannissement perpétuel des domaines espagnols est maintenu.

Le 13 février 1792, le malheureux adresse aux inquisiteurs une supplique émouvante qui montre à quel désespoir il se trouvait réduit ' . La pièce est jointe au dossier et rien n'indique

I. Arch. de Sim. Inquisition. Mexico, 153, 1789 : « Pnesto à los pies de V. E., con la mayor sumision (Felipe Fabris, de Udine en la Republica de Vanecia) hace présente que, despues de haver sido peniCenciado por el Santo Oficio de Mexico, recurrio desde aquella ciudad à la piedad de V. E. para que se dignase usar con el suplicanle, en atencion à los trabajos que ha pasado en ci largo tiempo de su prision que sufrio por ■cinco aflos, sïn otro motivo que la simpleza y falta de conocimierito con que adrailio una palente de framason, aunque su inocencia pudiera merecer de su justifîcacion y miserîcordia de V. E. que en Espalla se biese el excesivo rigor con que se castigo en Mexico, envileciendo con un castigo publico su decencia de su persona, con admiracion de toda aquella ciudad. Se hace cargo el suplicante de que tiené estos trabajos, para ofrecerlos à Dios en descargo de lo que se ha ofendido en esta vida, aunque no haya pecado contra su fé que enseila la Santa Religion Catolica. Y por lo mismo, deseando ya reunirse ;i su familia y finalizar en paz lo que

io8 G. desde:\'ises du dezert

qu'une suite quelconque ait été donnée à la requête du prer sonnier.

De 1788 à 1792, un grand procès,* la cause la plus graveqiK^-*' eut été jugée depuis un siècle » occupa le Saint-Office d^ -^ Mexico. Rafeël Gil Rodriguez, revêtu des ordres n^ineurs, avair ^

été arrêté le 9 octobre 1788 comme hérétique formel et judiu "

sant. C'était un clerc que l'étude des textes avait converti à^^ l'ancienne loi, en haine de l'idolâtrie et du culte des images — -^ On avait saisi une lettre en latin où il promettait à Jéhovah de ^^ propager sa loi sur toute la face de la terre : — « Da mihi for — ■ — titudinem pristinam legis tuae... 'et ego faciâm justitiam et ^^* misericordiam luam, conlentam 6ij preceptis, per omnem "^ lerrarutn orbem. » On pensait qu'il s'était circoncis, mais -' un chirurgien militaire l'ayant opéré d'un phymosis, on ne pouvait savoir si la circoncision apparente n'était pas chez lui le résultat de cette opération. On l'accusait d'avoir circoncis uiiè autre personne. 11 ne mangeait point de porc, il n'avait point voulu répondre la messe, il traitait les images d'idoles et les décrochait quand il le pouvait, il n'aimait point à réciter le chapelet, il disait qu'il ne fatiguerait pas un cheval poin aller à la messe, que la confession n'était pas nécessaire et qu'il fallait ne se confesser qu'à Dieu. Les qualificateurs avaient retenu 29 propositions formellement hérétiques et tenaient Gil pour un blasphémateur impie et pervers et pour un judaïsant avéré.

faite de su vida, suplica humildfmente à V. E. mire con ojos de piedad un pobre anciano estrangero, falto de todo amparo, y se digne indultarse el tiempo que le falta de su penicencia, y permicir que pase à incorporarse con su familia )' buscar los medios de subsistencia, antes que su edad acave de înutilisarje por el trabajo, y se vea en dura necesidad demendigar, no dudatido el suplkante que la crisCiana conducta que observe en la réclusion del Carmen de Mexico, y que ha contlnuado hasta el présente "movera el piadoso corazon de V. E., juntamente con hallarse en el octavo aflo de prision y penitencia. Asi lo espéra de la piedad de V. E. Sevilla y felirero 4 de 1792. «

■l'acte d'accusation, dressé le 27 octobre 1789, comprenait 114

^paragraphes. Soixante-treize témoins furent entendus. L'accusé

^se défendit avec une hauteur et une audace extraordinaires, il

^■répondit point par point à tous les chefs d'accusation, il

-écrivit de longues dissertations, il finit par injurier ses juges,

Tpar les appeler « inquisiteurs de m,., ». On se demandait s'il

-n'était pas devenu fou, mais on le condamna comme si on

l'eût cru doué de sa pleine raison. Sa sentence devait lui être

lue en auto de fé public, il devait y paraître avec les insignes

-de relaxado et être livré au bras séculier, s'il ne montrait par

des témoignages évidents son désir sincère d'être réconcilié

avec l'église. Un des consulteurs, tenant l'accusé pour dément,

avait proposé de ne le condamner qu'à la réclusion perpétuelle.

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