I-es autres juges n'avaient pas osé prendre sur eux de faire
exécuter la sentence, sans en avoir informé la Suprême, mais
prièrent instamment les membres du Conseil de ne permettre
en aucun cas que l'accusé demeurât aux Indes, ni libre, ni
même prisonnier, car c'était un homme hardi et violent, dont
la vengeance était à craindre (29 février 1792). Le 5 septembre
1792, la Suprême confirma la sentence des juges de Mexico.
Gil devait être livré au bras séculier s'il ne se repentait pas
avant l'exécution de la sentence. S'il se repentait, il devait
être banni des Indes, envoyé en Espagne et y vivre reclus
jusqu'à sa mort '.
Bien pâle auprès du judaïsant Gil Rodriguez apparaît le bis- <âîen Pablo Juan de Catadiano, qui semble avoir respiré l'air de France avec trop de satisfaction. Il approuve la mort de Louis XVI, il dit que le roi n'était qu'un ivrogne et se laissait mener par la reine ; conseillée par Necker (!) elle lui faisait signer dans l'ivresse des édits contraires aux intérêts de l'État. Pablo médit du gouvernement de l'Espagne, se moque des défenses de lire des livres, déclare qu'il brûlerait plutôt les