‹ L'InquisitionChapitre 19 sur 57 · Cf. Ordonnances des Roys de France, T. XII, p · texte numérisé non relu

Cf. Ordonnances des Roys de France, T. XII, p

l'inquisition. — T).

bûchers, ils s'en tiennent, dans leurs État« aux peines canoniques.

Bien plus, sous leur influence directe une première législation fut établie, e Allemagne, par Frédéric î^'' et Frédéric I pour toutes les terres d'Empire où le peuple comme en France, lynchait les hérétiqueK^ elle ne comportait pas la peine de mor Elle marquait, par conséquent, un arrê un recul sur l'usage déjà séculaire d< bûchers ^

C'est ce même Frédéric II, en lutte oi verte avec le Pape, qui, tout à coup, dai une impulsion de zèle, ou plutôt par hal leté politique, — c'était un fin renard, • pour donner le change, car il était sujet caution, d'une orthodoxie fort doulcus de mœurs suspectes, excommunié, c'est 1 <îui, en 1224, de sa propre initiative, « and vitale nosira )),fit entrer dans un code, po la première fois, avant les rois de Franc

1. Ordonnances de Frédéric P% en 1184, et de P déric II, en 1220, élaborées de concert avec les paj Lucius III et Honorius lïl, — H. Maillet, op. ciU

peine de mort pour le crime d'hérésie ^.

1 est donc bien avéré que cette iégisla-

|n criminelle n'est pas l'œuvre de l'E-

Du fait que la Constitution de Frédéric II a été iscrite sur le Registre des Lettres pontificales, Iques auteurs, J. Havet entre autres {Op. cit., 02) ont inféré que Grégoire IX avait inspiré et apuré les Ordonnances de l'Empereur et qu'il les it imposées k tous les princes chrétiens, ette conclusion n'est pas fondée. (Cf. H. Maillet, c//.,p. 66,85.)

ue l'insertion de ce document dans les Archives omatiques du Saint-Siège soit autre chose qu'une tique courante de Chancellerie, c'est possible et pe vraisemblable. Mais, bien loin que le Pape ait de connivence avec l'Empereur, il semble plutôt 1 y ait eu entre eux, sur ce terrain, opposition et dite.

Empereur avait très habilement expJoité cette ire contre Grégoire IX. Il s'était engagé à fond, 5 loin que le Pape, dans la répression de l'hérésie, r avoir les bénéfices des résultats et s'imposer ^ite au Saint-Siège comme pacificateur eti sauveur la Chrétienté. Mais le Pape ne pouvait tolérer une eille intrusion du pouvoir séculier en une matière si délicate, car l'Empereur en serait amvé, bientôt atalement, en évoquant à son tribunal les crimes irésie, à s'ériger en juge de la doctiine. rès kabilement donc, le Pape barra la route à îpereur, en citant ce juge-délégué permanent qui vsait partout au nom du Saint-Siège et qui seul t compétent pour Tenquète doctrinale. En sorte

ce serait pour déjouer la politique astucieuse de déric II, que la Papauté aurait substitué, à Flnqui*

glise et que Ton peut faire Thistoire de peine de mort contre Thérésie, sans re contrer Tlnquisition.

L'Inquisition n'est venue qu'apH comme une réplique, vraisemblablement cette initiative inquiétante de Frédéric Elle a trouvé la puissance séculière, l'ÉU en possession de cette législation.

Elle opère à côté, dans une voie parallè Sa sentence est toute doctrinale. Elle i au bout de sa mission et de sa competer lorsqu'elle s'est prononcée sur le fait de culpabilité. Elle passe alors la main au ju

sitionépiscopale, réorganisée déjà par Innocent II à la rigueur suffisante, l'Inquisition pontificale.

Mais, pour défendre son droit, le Pape ne pou pas nier celui de l'Empereur; ni, sous prétexte de soustraire le jugement doctrinal, l'empêcher d'in venir au criminel.

L'Empire était une puissance avec laquelle la pauté devait compter.

L'eùt-il voulu, que Grégoire IX était, dans la circ( tance, fort embarrassé pour désavouer la législa mise sur pied par Frédéric IL. Il dut respecter c sanction légitime de FÉtat. Il accepta donc, comm< fait, le code impérial. Mais, entre l'Empereur et pour bien marquer la délimitation des pouvoirs, il rinquisilion. (Cf. Mgr Douais, l'Inquisition, ch. v, p 141.)

^il,qui détermine et applique la peine.

Les choses ainsi mises au point, la sition s'éclaire d'autant, et ce qui semit, de prime abord, étrange, paraîl déjà

oins insolite.

Ces lois sévères étaient-elles légitimes,

li ou non ? Tout est là.

Quand l'Eglise, conciles, évéques, théogiens protestaient contre la mise à mort ;s Cathares révolutionnaires, ce n'était ,is au nom de la justice, c'était au nom de charité chrétienne.

Tant qu'elle ne se trouva point en face une législation officiellement établie, îglise avait pleine liberté pour faire prévoir ses préférences ; et elle n'y a pas anqué. Mais, quand les Chefs d'État eunt légiféré, en vertu de leur pouvoir légine, sur une question qui intéressait direcment Tordre public, dès lors que ces lois étaient ni injustes en principe, ni excesves en droit strict — et elles ne l'étaient ïs, car de simples malfaiteurs infiniment

moins dangereux que les Cathares, comn les incendiaires et les faux monnayeur étaient punis de la môme peine — TEgllî fut obligée de s'incliner devant le fait a compli.

Elle n'était plus libre.

D'ailleurs, il y allait de Texistence mên de la société chrétienne. Il faut bien su| primer les criminels, pour protéger les hoi nêtes gens ^ ; tuer les loups, pour sauv garder le troupeau ! car le salut delà cg lectivité est intimement lié au châtime des anarchistes : on ampute au malade i membre gangrené, pour lui sauver la vie

1. Aujourd'hui, au xx* siècle, dans notre socic laïque, fille de la Révolution, élevée à l'école d grands principes de Fraternité Universelle, un p Cathare, un hérétique Albigeois du Moyen âge, Manichéen convaincu et militant ne serait pas toléi Rien qu'en raison de ses doctrines, il serait p^ sible de la Cour d'assises ; car, pas plus qu'autrefo l'Etat moderne ne tolère les associations internat nales de malfaiteurs.

^< Le premier devoir d'un Gouvernement est de j sister, non seulement au mal, mais à son princip non seulement au désordre, mais aux passions et a idées qui enfantent le désordre » '^Guizot, Discours Parlement, 1831). M

Pourquoi, chez nous, en plein xx® siècle, algré le sentimentalisme maladif de notre oque, en dépit du vent qui souffle, alors le tous les esprits sont férus de libéra- 5me et qu'on prône à grands cris la tolénce, pourquoi, naguère, le pays a-t-il prosté si violemment contre l'inertie du chef \ rÉtat qui abusait du droit de grâce ? )urquoi les Chambres françaises, en 1909, ►us la pression de l'opinion, ont-elles exigé, ir leur vote, que la guillotine fasse impilyablement son œuvre de mort ? C'est évipmment parce qu'on a estimé cette rigueur ^dispensable à la sécurité publique.

C'est pour le même motif qu'au Moyen ^e on a frappé les hérétiques.

Considérant qu'en raison des circons- Inces, il fallait agir vigoureusement, qu'il lavait urgence à le faire, et n'ayant plus )us la main qu'une législation qui condamâit à mort\ législation légitime qu^ils ne

1. « Quand on songe que cette législation émanait un libre-penseur, on conçoit quelle était alors la cession de l'opinion publique à laquelle Frédéric II osait pas résister » (H Ch. Léa, T. I, p. 370).

pouvaient récuser sans dénier à l'État li droit de se défendre, les papes firent tain leurs répugnances et en prirent leur parti * . Ils veillèrent, eux aussi, à ce que lei Chefs d'Etat ne faiblissent pas. Ils leur rap pelèrent qu'ils avaient reçu de Dieu, avei l'autorité, le glaive pour s'en servir ; qu( c'était non seulement leur droit, mais leu] mission et leur devoir 2.

Leur conscience leur commanda d'aile' jusque-là. |

Les papes des âges précédents m l'avaient pas fait. Ceux qui viendront aprèi eux ne le feront pas : question d'opportu nité, qu'il ne nous est pas possible d'ap précier sainement, à sept ou huit siècle.' de distance. Nous sommes d'un autn monde. Et, faute de pouvoir nous faire ur jugement direct et personnel, nous er

1. L. Choupin. La responsabilité de VÉglise (Cf. Nou velle revue Uiéologique. Septembre et Octobre 1909)

2. C'est la doctrine de S.Paul: « Ce n'est pas en vair que le Chef d'État porte le glaive. Il est ministre d( Dieu pour châtier celui qui fait mal » (Rom. xiii. 4).- ^. TnoM Sum. IhéoL, 2- 2-, q. x et xi

times réduits à nous en rapporter au loignage éclairé des contemporains.

)uand nous savons, par ailleurs, que

papes furent de mœurs pures, d'idées ^es, que leur pontificat fut fécond et ils ont fait grande figure dans l'histoire ; md nous les sentons appuyés par l'opin de leur temps ; quand nous voyons

esprits les plus graves, les plus ponés, des hommes comme S. Thomas d'Ain, S. Louis, S. Raymond de Pennafort, . approuver, les seconder activement, mme leurs prédécesseurs avaient été orouvés et secondés, dans la même lutte, Ir S. Bernard, S. Dominique, S. Antoine 'Padoue, nous sommes bien forcés de ivenir qu'ils devaient tout de même ')ir raison ^. C'est du simple bon sens.

l H. Lea, parlant de S. Dominique, de S. François îssise, de S. Bonaventure et de S. Louis, « types t 1 humanité peut être fière », dit-il, reconnaît qu'ils l'ont pas été mus, dansJeur intransigeance contre résie, par l'appétit du gain, la soif du sang, ni Igueil du pouvoir, mais par le sentiment de ce qu'ils yaient être leur devoir » ; et qu' « en agissant comme l'ont fait, ils ont été les interprètes de l'opinion )lique, telle qu'elle s'affirma presque sans contra-

L'Église n'avait pas changé de sentime mais elle avait dû modifier sa tactique K

diction, depuis le xiii'^ jusqu'au xvii^ siècle » (Cf. cit., T. I, p. 265).

1. La même évolution s'est faite dans l'esprit S. Augustin aux prises avec les hérétiques de l'Afri» du Nord. Il a eu deux manières ; et son exemple s à comprendre comment et pourquoi l'Église a dû, aussi, au xiii^ siècle, changer d'attitude.

Il est d'abord d'une mansuétude excessive ; pui: finit par recourir à la force pour mater les Donatist

Pendant un temps, il ne veut compter que sur la ( cussion. Il espère les convaincre^ les ramener pai persuasion. Il est contrarié du zèle des magisti civils. Il leur écrit lettres sur lettres pour lesadjn de se montrer plus tolérants. Si atroces que soient crimes des hérétiques, il n'admet pas quon les ch; impitoyablement, sans avoir tout tenté pour les c vertir. « C'est une prière d'Évêque que je vous f écrit-il aux juges, un conseil et même un comman ment ! » Il va jusqu'à les menacer de les dénonce l'Empereur. — C'est sa première manière. — M effrayé, à la fin, des ravages que commettent les ] natistes, sans que ses prédications, ses controver obtiennent le moindre résultat, il est contraint de f; appel au bras séculier pour mettre à la raison ces 1 cenés. Il avait failli périr lui-même sous leurs coi

11 a donc totalement changé de sentiment ; et, s aller jusqu'à réclamer lui-même la peine de mor en arrive à l'excuser, estimant qu'il est encore pr. rablede livrer quelques misérables au bûcher qu( laisser ces fanatiques saccager la Société. (Cf. S. Â Belract. Lib. ii. c. 5. — Ep. 23. 50. 124. 133. 131. 143. 158. 159. — In Joan. Tract, xr. c. 15. — Ep. 185 Bonifacium ; 25-204 ad Donatum. etc.)

La mère la plus douce, le père le plus ébonnaire ne sont-ils pas contraints, par- )is, de comprimer, pour un temps, la tenresse dans leur cœur et de châtier l'enint rebelle dont la conduite est un outrage t un danger pour la famille ; car, se taire lors, ne serait plus de la bonté, mais de i complicité et de la faiblesse ?

L'Eglise donc a connu ces heures tragiues. Elle a vu se dresser contre elle des ofants dévoyés qui s'acharnaient à perdre 3urs frères et à dilapider le bien de famille - car, on l'oublie trop, si l'infidèle, le >aïen, le Juif ne sont pas de l'Eglise, Théétique, lui, appartient à TEglise, par son »8ptême ; il est sujet de l'Eglise ; enfant lénaturé, mais enfant de TEglise ; l'Eglise ;arde sur lui tous ses droits ; et, par con- [équent, l'obligation d'obéir à l'Eglise le •uit jusque dans sa révolte. 11 est, vis à vis l'elle, dans la situation du déserteur vis i vis de Tarmée. sous le coup toujours des ois militaires, — l'Eglise donc a connu ces

heures tragiques. Elle a sévi, dans Tinter supérieur de la Religion, pour défendre foi, pour se défendre elle-même ; elle a sé\ dans Tintérêt de la république chrétienr du Moyen âge, pour la protéger; elle a sév dans l'intérêt des égarés, pour les amendi et sauver ceux qui pouvaient être sauvés elle a sévi, pour ne pas trahir sa missioi pour ne point pactiser avec le mal.

Et, sans même recourir au vieux prii cipe, cher aux gouvernements humaini des nécessités de salut public, qui domir toutes les lois, excuse et justifie, en pol tique, tous les expédients, suprema le salas populi^ j'ai le droit de conclure, me semble, qu'en ces temps difficile comme elle a pu, gênée par les circom tances ou mal servie par les hommes, VI glise, en toute rigueur de justice, a remp sa tâche : elle a fait son devoir !

Lorsqu'on s'insurge contre Tlnquisilion, î'est l'Inquisition d'Espagne que Ton vise. On ne parle pas trop de la toute première nquisilion, dans le Nord de ITtalie et dans e Midi de la France. Elle eut pourtant une Dériode d'aclivité qui se prolongea durant Lout un long siècle.

Serrés de très près, traqués de toutes parts, les Nihilistes doctrinaires du Moyen âge, Cathares et autres, finirent par être iomptés. La masse, prudente et avisée, sous le coup de la grâce ou de la peur, passa par la porte large ouverte des conversions ; un bon nombre furent emprisonnés ou bannis; on supprima les obstinés, les irréductibles; les autres rentrèrent sous terre,

dans le mystère de leurs Loges plus secret que jamais.

L'Inquisition, semble-t-il, avait fini tâche.

On n'en avait vu, dans le Nord, que ( rares et fugitives apparitions dont aucui ne mérite d'être retenue : car, le famei procès des Templiers, en 1312, ne pe guère passer pour un procès d'Inquisitic et l'infâme tribunal de Rouen qui, payé p; rAiîgleterre pour assassiner Jeanne d'Ar prit les allures de Saint Office, n'en f qu'une pitoyable parodie ^

Vers la fin du xiv^ siècle, on pouvait doi

1. Engagée violemment par le coup de force de Pi lippe le Bel, en 1307, l'affaire des Templiers, qui i jugée, en 13r>, par le Concile de Vienne, déborde cadre de la procédure inquisitoriale (Cf. Boutar Les Templiers. /?ei;«e des Questions hisioriques, 1871-' T. XXI).

Quant au tribunal de Rouen, la réponse cynique > Cauchon à Jeanne d'Arc : « Le Roi d'Angleterre m'a o donné de faire voire procès, je te ferai « (Cf. Dunajs T. in, p. 4), tiuffirait à le disqualifier. Les efforts q Ton fit pour amener l'Inquisiteur de France à y dél ^uer au moins son vicaire et le rôle effacé qu'il y jo» ne sauvèrent même pas les apparences. Au contraii l'Inquisition prit en mains la cause de la réhabilitatic et Jean Bréhal, le Grand Inquisiteur, fut fâme i

oire que l'Inquisition, qui sommeillait 3puis longtemps, allait s'éteindre pour mjours, lorsque tout à coup, au déclin du ^^ siècle, on la vit renaître et fonctionner 1 Espagne, avec plus de vigueur que jalais, contre les Mores et surtout contre les uifs, ou plutôt contre les convertis relaps, e race juive ou arabe. Et il ne faudrait eut-être pas chercher ailleurs les raisons le cette rancune tenace, inexplicable, anorliale, contre rinquisition espagnole : elle

touché aux Juifs !

Les événements tragiques ne manquent as, certes, dans l'histoire des peuples, ^lus ensanglantés encore que celui-là ; il y n a de pires, moins lointains et plus récents qui ont atteint, non pas de vagues trangers, mais nous-mêmes : ils ne soulèvent plus les passions populaires. Les

«cond procès {Cf. H. D UN and, Jeanne d'Arc, T. III, '. 22, 624. — Ayrcîles, La Pucelle devant U Eglise de son mps, 237, 530, 554, 621. 646...). — P. Belon. Jehan irehal, grand Inquisiteur de France et la réhabiliiaiion le Jeanne d'Arc. — H. Debout, B. Jeanne d'Arc, T. II, ), 471-841.

jeunes générations n'épousent ni facilem ni longtemps les indignations et les colè des générations pi^écédentes. Chaque siè a trop à faire de panser ses plaies p gémir indéfiniment sur les misères du pas Où en serions-nous si chaque goutte de sî versé, dans les luttes d'autrefois, eng drait ces haines implacables que le ten n'apaise pas et que rien n'assouvit jamt

Ces ressentiments sournois et irréd tibles ne sont pas dans notre tempérame Les races latines sont impressionnabl ardentes, passionnées, mais mobiles, gé reuses, promptes à l'action et trop tôt 1 sées. Elles s'enflamment aisément ; e] oublient plus vite encore.

Nous n'avons pas pu porter seulem pendant vingt-cinq ans, nous autres, ap la catastrophe de 70, l'idée de revanche le deuil farouche de la Patrie mutilée, à côté de nous, les Russes, les Slaves, déjà tendu la main au Japon.

La race juive, au contraire, est tellem homogène, d'une si parfaite cohésion

)rtement ancrée dans son type, que rien 'a pu l'entamer et qu'elle reste debout, lentique toujours à elle-même, après quaante siècles, comme un être fantastique ue la mort n'aurait osé frapper et qui surivrait à toutes les générations : elle a tout u et elle n'a rien oublié, du mal surtout u'on lui a fait. Et alors, en dépit du temps t de la distance, hier comme aujourd'hui, haque Juif étant solidaire de tous les Juifs^ Israël, dans la mesure de sa puissance, in- •rigue, se remue, s'agite pour entraîner le londe entier dans ses inimitiés et Tassoiier à ses vengeances.

Sur ce point, rien ne peut nous faire iiieux comprendre ce qui s'est passé autreois que ce qui se passe aujourd'hui sous los yeux.

Avant d'aborder l'histoire de l'Inquisition ;n Espagne, il ne sera pas inutile d'examiler l'instrument en détail, pour voir dans luel esprit les Papes l'avaient conçu et de luelle façon il devait fonctionner ; nous

rappellerons ensuite les motifs qui ont d terminé les rois d'Espagne à s'en servi] nous dirons quel usage ils en ont fait.

Les tribunaux d'Inquisition ne peuve point être confondus avec les autre C'étaient des tribunaux spéciaux, institua dans un but particulier et adaptés à ce bu Tout en prenant figure de tribunaux ord naires, ils devaient, dans la pensée di Papes, sous l'appareil sévère de la justii humaine, s'inspirer de l'esprit misérico dieux du tribunal de la pénitence.

Les Inquisiteurs avaient mission de pou suivre le crime d'hérésie, et, en même temj charge d'âmes.

Ils étaient juges et, en quelque sort confesseurs. A l'inverse des magistra civils, qui ne se soucient pas de ce qi pense l'inculpé, mais s'inquiètent uniqu

t^.nt de ce qu'il a fait, ils voulaient atteindre I délit et guérir la conscience ^.

Bien que l'hérétique justiciable de l'inlisilion ne soit pas celui qui adhère, dans n for intérieur, à une doctrine hétérodoxe, ais celui qui fait publiquement acte d'hé-

. « n n'y avait, pour les fautes des hommes, que

l'jx sortes de tribunaux en vis^ueur : les tribunaux

|ils et les tribunaux de la pénitence chrétienne.

hconvénient de ceux-ci était de n'atteindre que les

bheurs apportant volontairement l'aveu de leurs

ites ; l'inconvénient de ceux-là, qui avaient la force

main, était de ne posséder aucune puissance sur

bœur des coupaJjles, de les frapper d'une vindicte

is miséricorde. Entre ces tribunaux, le pape voulut

blir un tribunal intermédiaire, un tribunal qui put

rdonner, modilier la peine même prononcée, engen-

r le remords dans le criminel et faire suivre, pas à

3, le remords par la bonté ; un tribunal qui changeât

supplice en pénitence... et n'abandonnât ses jusli-

bles au bras fatal de la justice humaine qu'à la

nière extrémité : ce tribunal exécrable, c'est l'In-

^sition ; non pas l'Inquisition espagnole corrompue

le despotisme des rois d'Espagne, mais l'Inquisiti telle que les Papes l'avaient conçue, telle qu'après lucoup d'essais et d'efforts, ils l'ont enfin réalisée, 1542, dans la Congrégation du Saint-Office » (LacortRE, Mémoire pour le rétablissement en France de rdre des Frères Prêcheurs. Cf. Mélanges, p. 167).,

Quel est le tribunal en Europe, autre que l'Inquilon, qui absout le coupable lorsqu'il se repent et ifesse son repentir ? » (Cf. Journal des Débats, du septembre 1805).

résie, il n'en est pas moins vrai que le dél externe est intimement lié à l'état d'âme ( qu'avec cette préoccupation d'ausculter conscience pour obtenir une conversio avant de punir le délit, la liberté du ju^ se trouvait extrêmement gênée, dans so office public, par les scrupules de son m nistère apostolique ^.

Cette double fonction était aussi con plexe que délicate.

La souplesse, dont avait besoin le prêti pour toucher à Tâme, s'accommodait m; des prescriptions étroites, rigides et mini tieuses de la procédure. Et l'on fut amen par la force et la nature même des chose à conférer à l'Inquisiteur un pouvoir quelque sorte discrétionnaire, pour laiss» au confesseur une plus grande latitude.

Il y avait là assurément un danger ; ca pour qu'une pareille autorité ne dégénér pas en abus, il aurait fallu, aux homm qui en étaient dépositaires, une scien-

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