LES FAITS
La lave refroidie, aux flancs de la mon- Igne, ne donne pas l'idée du volcan : le »lcan, c'est du feu ; la lave, c'est de la iarre !
^Pas davantage le document sec et froid, 'on exhume de la poussière des archives, 3st l'Histoire.
L'Histoire vraie n'est pas celle qu'on écrit rès coup, comme on peut, en remuant les adres du passé; c'est celle qui se fait au ur le jour, sous le choc des événements, jte vibrante des passions, des colères, des thou^iasmes ou des folies des peuples.
Ile est faite d'éléments complexes. Si on pouvait la décomposer, on trou- :*ait, à l'analyse, à côté des conflits polilUnquisition. — 1.
tiques, des guerres et des révolutions, 1 grands courants d'opinion, les mouvemen d'idées qui les préparent et qui les exp quent; à côté des crises sociales, de l'a tagonisme des races, des coups de for des conquérants, l'irrésistible poussée d masses, l'obscur labeur des humbles, le j sournois des ambitions et des égoïsm« l'intrigue, tous ces menus incidents qui laissent pas de traces et dont les rép( eussions sont parfois décisives ; mille fluences cachées, l'impondérable souff parti on ne sait d'où, qui bouleverse te les calculs des hommes d'Etat !
Il ne suffit donc pas, si l'on veut évoqi la vraie physionomie de l'Histoire, souder un à un des documents pour reco tituer, tant bien que naal, la trame chro] logique des événements, comme on reco titue un squelette avec des ossements squelette n'est pas l'homme. Si la struci des membres explique le mécanisme mouvement, elle ne révèle rien du mo secret 4e la pensée, du sentiment don^
L^NQUISITION 3
este n'était que l'expression. Il faut d'au- 'es indices, d'autres signes. Il aurait fallu tre là^ sur place, avoir vu, avoir entendu, voir saisi sur le vif, savoir ce que cette me d'un autre âge a voulu y mettre, pour e rendre compte du sens et de la porl e e son geste.
C'est à dire que, pour soustraire à cette Information fatale du temps et de la d!s- ^nce les institutions du passé, il importe do ^s replacer soigneusement dans leur cadre l de se refaire, pour les juger, une àme
ancêtre : d'une génération à l'autre, on e se comprend déjà plus, parce que les lées ont changé et que les conditions de
vie sont modifiées !
Il était bon de rappeler ces principes éléentaires de probité historique avant d'à- )rder cette question, brûlante entre toutes, \i l'Inquisition, car elle tient, par des fibres jop délicates, au sol, à l'époque, au siècle, )ur qu'on puisse, sans la dénaturer, l'isoler î toutes ces contingences, réalités vivantes
d'où elle a surgi, qui l'enveloppent et dor elle est la résultante.
L'Inquisition ! Spectre sinistre qu'o évoque et qu'on agite sans trêve sous 1< yeux du peuple, pour égarer ses colères i les rejeter sur l'Église : déclamations pa sionnées des réunions publiques; exhib tions malsaines des musées spéciaux qu'c traîne de foires en foires; scènes brutale d'un réalisme affolant, des cinématogr; phes; leçons venimeuses des manuels se laires, libelles, pamphlets, tout est mis < œuvre pour travestir la vérité et surexcit les masses crédules et sans défense.
Les Catholiques eux-mêmes se laisse impressionner par les affirmations aud cieuses des adversaires. Ils ne trouvent p dans leurs convictions trop molles, ni da leur science trop courte, hélas ! la confian instinctive qui devrait suffire à les meti en garde contre l'exagération ou l'impc ture. Ils sont gênés et plaident timidem les circonstances atténuantes.
L'INQUISTTION
Certes, la question n'est pas aussi simple ue d'aucuns parmi nous semblent le croire, t rinquisition a trouvé, dans nos rangs, [es apologistes trop faciles. Mais, précisélent parce que cette page de l'Histoire de 'Eglise est déjà sombre, il importe de ne >as la noircir à plaisir.
Il faut se défier ici du sentiment et n'a- »order ce sujet de la répression sanglante le rhérésie au Moyen âge, qu'avec sangroid, sans rien taire, par peur du scandale, e ce qui doit être dit. Le temps est passé e ces réserves et de ces timidités, plus
uisibles à la cause que la lumière crue es faits ^
L'Eglise a besoin de la- vérité. Elle ne se
érobe pas à la responsabilité de ses actes, nie exige seulement qu'on ne les dénature
as.
1. « L'historien de TÉglise sera d'autant plus fort j'il aura été plus loyal à ne rien dissimuler des )reuves que les fautes de ses enfants, et parfois ême de ses ministres, lui ont fait subir dans le purs des siècles » (Léon XIII, Encyclique au Clergé France, 8 septembre 1899).
Ce n'est point elle qui pâtit de la m( thode rigoureuse et positive que la critiqi moderne a introduite en Histoire ; car, mesure qu'on y voit plus clair, les défo mations malhonnêtes et intéressées se r vêlent et le rôle séculaire de la Papau s'affirme, dans' sa belle unité, plus loyal plus fécond.
La lutte contre l'hérésie s'est concrétisa tout particulièrement, au Moyen âge, da un fait : la Croisade des Albigeois ; et da une institution : V Inquisition, surtout < Espagne.
L'un et l'autre méritent qu'on s'y tarde.
Auparavant, il est indispensable de n peler ce que fut ce monde du Moyen i et dans quelles proportions il était inco patible avec Thérésie. Car; on s'appliqu moins dans ce travail, qui n'apporte auc renseignement nouveau sur le fond < choses, à préciser et à discuter des déta
[o'à justifier par les nécessités du temps, mr les conditions sociales, par l'ambiance^ a pensée profonde et l'attitude de l'Eglise. • Et ce sera toute son originalité que d'ap- ")uyer, plus qu'on ne le fait d'ordinaire, sur es considérations d'à côté, qui paraissent f.ccessoires et qui sont essentielles.