TER UE
leurs, ne les empêche pas, chaque fois que l’occasion se présente, d'écouter les quelques meneurs qui les poussent à faire aboutir leurs revendications par les procédés habituels de l’ouvrier ; en mettant en action le droit de coalition.
En tout cas, ils reconnaissent eux-mêmes le caractère désavantageux des grèves, et, au Congrès national tenu au Havre, du 24 au 28 octobre 1904. M. Rivelli a fait la déclaration assez inattendue qu’il n’était pas partisan des grèves et a fait adopter par le congrès les vœux suivants :
« Le Congrès regrettant les faits passés et voulant les oublier dans une pensée de concorde et d’entente fraternelle entre toutes les catégories d'inscrits maritimes de la marine, du commerce et de la pêche, ceux qui ne sont pas officiers d’une part ou d'autre part les officiers de la marine marchande et de pèche qui veulent aussi travailler loyalement, sans arrière-pensée à l’amélioration équitable du sort de tous :
Décide de chercher tous les moyens légitimes d’entente et d’étudier la création d’un Comité de conciliation dans chaque port, pour la région maritime se rattachant à ce port.
Cela,en attendant la refonte du décret loi de 1859, et même après cette refonte. »
Mais si l’on s’en rapporte aux textes seuls, la liberté de chômage est bien différente encore pour le marin que pour le terrien. Dans le cas de la grève de Mar-
Gérard 5
Sr ee seille de 490%, par exemple (1), les grévistes (c'étaient des inscrits) étaient vis-à-vis de la législation ouvrière : des grévistes ; mais, vis-à-vis du décret loi 1852, des déserteurs ; il y a là une contradiction entre les textes et c'est dans la violation de la loi que l’on y remédie.
d'est ce que M. Duplessis faisait remarquer dans la Dépèche coloniale du 28 août 190%, (1) et il ajoutait : « Personne, en effet, ni les compagnies de navigation, ni les patrons, ni la magistrature, ni l'État n’osent recourir aux tribunaux. Et l’on arrive à des situations comme celles d'aujourd'hui dans la grève actuelle ; l'élément patronal se retourne contre l’État et lui reproche d’avoir en main les moyens d'arrêter le conflit en traduisant en justice les inscrits maritimes qui ont,en fait,commis la double faute : d'abandonner un paquebot en partance sans préavis et risquer de faire sauter le navire dont les chaudières étaient sous pression. » Cette grève en effet, peut-être est-il bon de le rappeler, avait eu pour origine un conflit restreint. Un quart d'heure avant le départ un équipage entier qui était en difficulté avec la compagnie Transatlantique pour une question de salaire abandonna le paquebot poste.Et c’est dans cet incident très grave, mais purement local, que la grève générale de Marseille prit naissance.
De tout ceci, il ressort, en tout cas, que le régime
d'exception sous lequel vivent les inscrits, et particu-