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«L'inscription maritime ne peut fournir rien de plus, elle donne tout ce qu’elle peut donner, et ce n’est pas au moment même où l’on va réduire la durée du service militaire pour tous les français, qu'il est possible de songer à prolonger la durée de présence effective de cette catégorie de citoyens. »
Faudrait-il songer à modifier la loi de 1896 pour la mettre en harmonie avec celle du 21 mars 1905 et réduire la durée de service des inscrits ?
Mais ici on se trouve en présence du même fait quand on place le marin en face du soldat de l’armée de terre que lorsqu'on l’oppose à l’ouvrier d'industrie.
Le service de la marine est basé sur des règles toutes différentes du service de l’armée ; il l’a toujours été parce que les conditions dans lesquelles on se trouve placé ne sont pas du tout les mêmes dans l’armée de terre et dans l’armée de mer.
Sur terre le but poursuivi de former des recrues qui, après un certain temps sous les drapeaux, temps suffisant pour assurer leur instruction, sont renvoyées dans leurs foyers.
Le jour de la déclaration de guerre, ces recrues passées dans la réserve pourront fournir d’excellentes troupes avec des cadres de l’armée active (et l’armée de terre a besoin de réserves bien plus considérables que l’armée de mer).
Il n’en est pas de même à la mer ; la flotte de guerre a naturellement aussi besoin de très bonnes réserves,
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mais ce qu’il lui faut surtout ce sont des hommes parfaitement instruits et sur lesquels on puisse compter. À bord, chaque homme à sa valeur personnelle, chacun a son rôle à remplir et l’erreur d’un seul pourrait entrainer la perte de tous.
On ne cherche pas à obtenir un effort en masse, mais il faut que chaque homme d’un équipage soit à même de savoir manœuvrer un mécanisme déterminé.
Les progrès de la marine de guerre qui ont eu pour conséquences de multiplier à bord les engins mécaniques ont nécessité un nombre chaque jour plus grand de spécialistes.
Or un spécialiste ne se forme pas du jour au lendemain ; il faut d’abord lui donner une instruction générale sans laquelle aucun marin ne peut être utile, puis lui faire faire un séjour plus ou moins long dans une école de spécialité. Et cet apprentissage dure pour certaines spécialités jusqu’à dix-huit mois; si l’on compte le temps perdu par les armements, et les désarmements, on s'aperçoit que sur une durée de deux ans, un marin ne serait à même de rendre des services réels que pendant trois mois.
Si donc l’on étendait la loi de deux ans un recrutement de l’armée de mer on arriverait rapidement à la mort de notre marine de guerre,
Le cas est le même si l’on prend un engagé,un volontaire terrien, où un inscrit maritime ; ce dernier mal-
gré l'habitude qu’il a de la mer est au moment où il
entre dans les équipages de la flotte à peu près sur le même pied que son camarade de l’armée de terre.
Les conditions de la navigation ne sont plus du tout les mêmes sur un bâtiment de commerce et sur un bâtiment de l’État ; avec les progrès réalisés tant par les engins propulseurs que par l’armement; une connaissance professionnelle est en effet de nos jours beaucoup plus utile que l'habitude de la mer elle-mème ; les matelots de pont n’ont plus maintenant qu’un rôle très secondaire.Cependant à connaissances égales, entre | un terrien spécialiste et un inscrit de la même spécialité, ce dernier aura toujours un avantage incontestable, car il a pour lui en plus : la connaissance et l’habitude des choses de la mer.
Vouloir par esprit d'égalité astreindre à la même loi de recrutement les armées de terre et les armées de mer, c’est méconnaître absolument les choses de la mer.
Cependant, M. Ch. Bos n'a pas hésité dans son rapport à dire, se ralliant indirectement au projet adopté par la Chambre le 25 mars 1902, « que la réduction du temps (1) de service pour les inscrits est nécessaire, car il est clair que si l’on n’abaissait pas à trente-six mois la durée de leur service,après l’adoption du service de deux als en aveur des hommes de l’armée de terre, on risquerait de laisser se créer à la faveur d'une inégalité cho-
quante de traitement, un mouvement d'opinion qui aurait