Rapport, Cu. Bos, page
pour conséquence un abaissement encore plus marqué (et ainsi plus préjudiciable à la marine), du temps de service accompli par cette catégorie de citoyens. »
Cette prévision n'a heureusement pas trouvé d’écho chez les intéressés, et les inscrits, d'eux-mêmes, se sont tout à fait opposés à l’extension de la loi de deux ans à leur égard.
Dans un congrès, tenu à Marseille, en août 1905, les inscrits ont adopté un ordre du jour « demandant énergiquement le rejet de toute application de la loi de deux ans aux inscrits maritimes, projet qui vise à la destruction de l'inscription maritime et qui se sanctionnerait par la perte de tous leurs droits, principalement de ceux qu’ils ont sur la caisse des inscrits. »
Ce vœu souleva des protestations dans la presse. M. Albert Dechaille écrivait dans la Revue de la Marine Marchande du 31 août 1905 : « Il est enfantin de prétendre que la destruction de l'inscription maritime, si tant est que l’application à l’inscrit d’un service d’une durée de deux ans doit avoir cette sanction, puisse anéautir les droits que les marins possèdent sur la caisse des inscrits, autrement dit sur la caisse des invalides. »
Écartant ce côté de la question, il affirmait que le service de deux ans rendrait si difficile le recrutement de la flotte que la transformation du système actuel devait s’imposer à bref délai et il attaquait la base même de l’inscription maritime en montrant les charges
qu’elle faisait peser sur le budget.
« Elle coûte, disait-il, autant (1) pour assurer le recrutement de 3.800 hommes en temps de paix et 28.000 en temps de guerre que pour assurer la présence sous les drapeaux de plus d’un million d'hommes en temps de guerre, et d'assurer en temps de paix la présence effective de 250.000 hommes. »
Il y à dans ces critiques une part de vérité, il est certain que l'inscription maritime est une lourde charge pour le budget, surtout en ce qui concerne les colonies auxquelles l'inseription maritime est applicable (sauf les restrictions indiquées au premier chapitre) et pour lesquelles on obtient un résultat qui ressort clairement de ce tableau.
Martinique
Inscrits maritimes . . . . . . 6.037
Inactifs ou absents sans nouvelle. 2.332
Navigant au commerce . . . . 3.664 Présents au service de l'Etat . . 41
Guadeloupe
Inscrits maritimes . . . . . . 2.629 Inactifs ou absents sans nouvelle. 1.293
Navigant au commerce . . . . 1.325
Présents au service de l'Etat. . . 9