PARS L’ACCÉLÉRATION DE LA MORT ET DE LA VIE
L’insecte n’a pas mes langages. Il ne parle ni par la voix ni par la physionomie. Par quoi donc s’exprime-t-il!
Il parle par ses énergies :
1* Par l’action immense de destruction qu’il exerce sur le trop-plein de la nature, sur une foule d’existences trop lentes On morbides qu’elle a hâte de faire disparaître.
2° Il parle encore par ses énergies visibles, surtout au moment de l’amour, ses couleurs, ses feux, ses poisons (dont plusieurs sont nos remèdes).
3° Il parle enfin par ses arts, qui pourraient féconder les nôtres.
C’est tout le sujet de ce second livre.
Abordons d’abord le sujet par où il nous blesse le plus et semble l’auxiliaire de la mort, son immense, son ardente et infatigable destruction. Envisageons-la dans l’histoire et prenons-la de plus haut.
Pour répondre à nos petitesses, à nos dégoûts, à nos terreurs, aux jugements étroits, égoïstes, que nous portons sur ces choses, il faut rappeler les grandes et nécessaires réactions delà nature.
Elle n’a pas marché avec l’ordre d’un flot continu, mais avec des retours, des reculs sur elle-même, qui lui permettaient de’ s’harmoniser. Notre vue myope, qui s’arrête quelquefois sur ces mouvements rétrogrades en apparence, s’alarme, s’effraye, méconnaît l'ensemble*
C’est le propre de l’Amour infini, qui va créant toujours, à chaque création qu’il fait, de la porter à l’infini. Mais, dans cet infini même, il suscite une création d’antagonismes qui réduira la première. Si nous lui voyons produire de monstrueux destructeurs, soyons sûrs qu’ils arrivèrent, comme remède et répression, pour arrêter des monstres de fécondité.