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LES FOURMIS. — LEURS TROUPEAUX , ETC

migrations. Plusieurs espèces, dans les beaux climats de l’Amérique , ont gardé l’industrie de faire du miel; les nôtres n’en savent pas faire et elles ont été obligées de recourir aux pucerons ; de là un art et un progrès, l’industrie d’élever, de garder, de parquer ce bétail.

, Telles espèces ont pu avancer, mais telles rétrograder. Et c’est ainsi que j’expliquerai ce brigandage des rousses. Ce sont probablement des .classes dépaysées et démoralisées, des fragments de cités déchues qui ont perdu leurs arts, et qui ne vivraient pas sans ce moyen barbare et désespéré de l’esclavage. Elles n’ont plus la caste artiste, éducatrice, sans laquelle tout peuple périt. Réduites à la vie militaire, elles- ne vivraient pas deux jours, si elles ne s’ajoutaient des âmes. Elles vont donc, pour ne pas périr, voler ces petites âmes noires, lesquelles les soignent, il est vrai, mais aussi les gouvernent. Et cela non-seulement dans l’intérieur de la cité, mais au dehors, décidant leurs expéditions ou bien les ajournant, enfin réglant la guerre, tandis que les rousses, loin de régler les affaires de la paix, ne semblent même pas les comprendre.

Triomphe singulier de l’intelligence ! Puissance invincible de l’àme !

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