‹ L'inspiration prouvée par ses œuvresChapitre 3 sur 10 · PL · texte numérisé non relu

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LA Ce

tient qu'a Dieu de se placer si complétement, si constamment, au point de vue de Dieu; et vous n’avez pmais lu les Écritures dans un esprit de eandeur et d'attention, ou plus d’une fois en les lisant, frappé de cet accent imumiable qui n’a pu être emprunté à la terre, vous vous êtes dit à vous-même : « Certaine- < ment l'Éternel est ici, et je n’en savais rien’! » Un pas de plus dans cet ordre de réflexions, et vous direz avec saint Paul, sans études ni recherches profondes, sans autre lurmère que celle de l'expérience et de Pinsinet personnel : certainement « toute lÉcriture est « divinement inspirée. »

G'est pour cela qu'elle « est utile. » Le premier secret de la vertu singulière que lui attribue l Apôtre, est dans cette sainteté exceptionnelle que nous venons de lui reconnaître nous-mêmes. L'Écriture, ayant le cachet de Dieu empreini sur toutes ses pages, et transportant son lecteur en présence et dans la communion de Dieu, met à la disposition de l'enfant de Dieu toutes les ressources de Dieu pour l'œuvre de Dieu. Par où pourrait-elle mieux mériter le nom d’utile dont l'Apôtre kR nomme, et qui en dit plus, dans sa tranquille simpheïté, que toutes les épithètes plus vives que nous

lui aurions données à sa place? Pesez bien chacun des

termes dont il se sert pour expliquer sa pensée : « Tu . < connais, depuis tà tendre enfance, les saintes lettres, « qui te peuvent rendre sage à salut, par la foi qui est

1 Gen. , 16.

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« en Jésus-Christ. » Il commence par énoncer en deux mots l'utilité des Écritures, et le principe d’où elle dépend : elles peuvent rendre sage à salut, voilà leur utilité; et en voici le principe : c’est qu’elles sont les saintes lettres; 11 ÿ a d’autres livres saints dans le monde, mais celui-ci est le livre saint entre les saints, par où il devait mériter d’être appelé plus tard la Bible, c’est-à-dire le livre, comme Jésus-Christ a été appelé l’homme.

Cela dit, l’Apôtre reprend chacune de ces deux pensées pour la développer et la justifier. Si les Écritures sont les sainies lettres, c’est que « toute écriture est « divmement inspirée; » c’est ici un livre à part, donné de Dieu aux hommes pour leur enseigner la voie du salut au nom et avec l'autorité de Dieu, et dont la rédaction a été tellement dirigée et garantie par l'Esprit de Dieu, que nous en pouvons recevoir les déclarations comme de la bouche de Dieu lui-même. Si ces mêmes Écritures peuvent rendre sage à salut, c’est que « toute «écriture est utile pour enseigner, pour convaincre, « pour corriger et pour instrure selon la justice; afin « que l’homme de Dieu soit accompli, et parfaitement in- « struit pour toute bonne œuvre. » S’agit-1l de poser le fondement de la vérité divine, sur lequel tout l'édifice de la foi doit s'élever? L’Écriture est utile pour enseigner : l'étude et la méditation de ses pages est le meilleur côurs, soit de religion, soit de théologie. S'agit-il de

1 Jean XIX, 5.

fermer la bouche à ceux qui contredisent à cette vé— rité salutaire? L'Écriture est utile pour convaincre : un seul « il est écrit » a plus de poids que tous les arguments de la philosophie et que tous les mouvements de l’éloquence. S'agit-il de ramener à la voie de lobéissance l'enfant de Dieu qui s’est détourné ? L'Écriture est utile pour corriger : il y a dans ses exhortations, dans ses avertissements, dans ses reproches, une sainteté divine et tout ensemble une onction paternelle, à laquelle rien ne peut résister. S'agit-il enfin de toute cette éducation d’en haut, qui fait parvenir par degrés l’enfant de Dieu « à la mesure de la parfaite stature de « Christ? » L'Écriture est utile pour instruire (littéraiement, pour élever) dans la justice : le crovant trouve en elle toutes les ressources et tous les secours nécessaires pour le former à toute bonne œuvre, quelle qu’elle puisse être, et pour faire de lui un homme parfait, «accomph, « auquel rien ne manque ‘. » L’Écriture est tout cela pour Timothée, soit que, comme chrétien, 1l se l’applique à lui-même, soit que, comme évangéliste”, il l’'applique aux autres; et peut-être est-ce plus spécialement dans ce dernier sens qu'il faut entendre les paroles de mon texte. Elle est tout cela pour Timothée; et elle l’est également pour tous les ministres de l'Évangile, pour tous les disciples de Jésus- Christ. Chose admirable ! ils ont beau être divers de tempérament, de position, de temps , de lieu, de

1 Jacq. F, 4. — 22 Tim. IV,5.

tout : ils n’en refont pas moins l'expérience de Paul et de Timothée ; ils n'en trouvent pas moins dans cette

même Écriture, trésor commun de toute la famille, une vertu salutaire qu'aucun autre livre ne leur offrit jamais. Un des traits les plus visibles de la supériorité des œuvres de Dieu sur celles de l’homme , dans la nature comme dans la grâce, c’est la variété des usages auxquels un même objet répond : où ce cachet de divinité est-il plus profondément empreint que sur l’Écriture ? J'en appelle à l'expérience personnelle de tous ceux qui m’écoutent; j'y en appellerais avec la même assurance en quelque contrée et en quelque siècle que je parlasse : quel besoin spirituel pourriezvous nommer auquel l’Écriture ne pourvoie pas ? Vous avez « faim et soif de la justice. » Saintement jaloux de répondre à l'amour de Dieu par votre reconnaissance, et au sacrifice de son Fils par votre dévouement, vous souhaitez de discerner la volonté de votre Père céleste, de connaître les œuvres, les sentiments qu'il approuve, de pénétrer Jusqu'à l'esprit et à la moelle de l’obéissance qui est selon Jésus-Christ. Eh bien ! après toutes les choses admirables qui ont été dites sur la vocation de l’enfant de Dieu, où trouverezvous, pour vous diriger dans cette étude de vie chrétienne, extérieure et intérieure, et pour vous prémunir à la fois contre le péril des méprises, contre l’entraînement des exemples, contre la fausse vertu du monde, contre les séductions du cœur naturel, des pages, je ne

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cu sax Éphésiens, ou bien au sermon de l montagne, qu'en dites-vous, an sermon de montagne : ce nom seul ne rappelle-til pas iout ce qui se peut concevor d'obéssance dans Fiction de pureté dans les motifs, de fidélité dans L vie et de piété dans le cœur, de saint dans ce qui est sait ? — Vous avez eu le mal heur d'offenser Dieu. Bepris par s Parole troublé par votre conscience, poursum par k vue de votre péché, vous soulevez à grand peime le Grdeau qu vous aecable, tichant à ressuisir LR pars de Dieu, k £veur de son rezzrd ei le pardon de son cœur paiersel. Ek lien! vers quelle source de grice se iourneni IBsimefvement vos pensées, VOS SOUVERNS, VOS JEUX, Vos mans? Qu twouveries-vous jamais des sentiments plus svmpaihiques que ceux du Psume CXXX, 14, 2:

« O Eiernel, je f'invoque des lieux profonds. Seigneur, « écoute ma voix | que tes oreilles soient afientives à k « xoix de mes suppleatons ? » où, des averüissementis plus encourageanis que ceux de Psaume XXXII : « Dès « que ja dit : Je fera confsson de mes transgres- Anne à Chernel, ie 25 êéé be pemede mon péché? » L 15 : « Quand vos péchés seraient comme le erz- < moisi, ls seront blanchis comme la neige ; et quand « ds seraient rouses comme le vermillon, ils seront « bhuehis comme E line? > où, des exemples plus

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consolants que ceux de David et de sa pémitence, de Pierre et de son relèvement ? — Vous soufirez. C'est l'heure du désert, ou de Gethsémané, ou de Golgotha. Prêt à plier sous le poids, ce eri revient incessamment sur vos lèvres : « Que cette coupe passe loin de moi!» vous souhaitez d’y pouvoir ajouter cette prière : « Toutefois, non pas comme Je veux, mais comme tu «veux ! » Eh bien ! pour vous faire accepter cette coupe amère avec soumission, avec amour, avec adoration, avec actions de grâces, connaissez-vous mieux, j'allais dire connaissez-vous autre chose, que cette doctrine de la croix et de la discipline paternelle dont l'Écriture est toute remplie? Ou, pour faire un choix comme au hasard dans ce musée des consolations divines, connaïssez-vous mieux, connaissez-vous autre chose que ce commencement du XI chapitre aux Hébreux, qui nous ferait presque regretter l'épreuve si elle venait à nous manquer: « Le Seigneur châtie celui qu'il aime, et « 1] foueite tout enfant qu’il avoue. Si vous endurez le « châtiment, Dieu se présente à vous comme à ses en- « fants; car, qui est l’enfant que le père ne châtie point. « Mais, si vous êtes sans discipline, de laquelle tous « participent, vous êtes donc des enfants supposés, et « non pas légitimes... Dieu nous châtie pour notre « profit, afin que nous soyons participants de sa sain- « teté? » Et que dire de ce correctif si naïf, si délicat, si tendre, que le cœur humain de l’Apôtre le presse d’aouter : « Il est vrai que tout châtiment semble d’abord

LL TAPER « un sujet de tristesse et non pas de joie; mais 1l «produit ensuite un fruit paisible de justice à ceux qui « sont exercés par ce moyen‘? »

Vous priez. Vous souhaitez de mettre dans votre prière cette sincérité, cette humilité, cette ferveur, cette persévérance, cette foi, pour tout résumer en un mot, cette foi, à laquelle Dieu a fait tant de promesses. Eh bien! pour apprendre à prier dans cet esprit, ou, comme le dit saint Jacques, « à prier en priant *, » au lieu de prier sans prier, comme nous le faisons la plupart du temps, où irez-vous chercher vos modèles? Vous en trouvez d’éminents dans saint Augustin, dans À Kempis, dans Théodore de Bèze, dans Drelincourt, dans Pascal, dans François Gonthier : vous lisez les prières de ces chrétiens d’élite, avec sympathie, avec émotion, avec fruit; vous les relisez peut-être, une fois, deux fois, plus encore, et puis vous passez à d’autres. Mais ces prières auxquelles on revient sans fin, puisant toujours sans épuiser jamais, et trouvant plus à gagner dans une centième lecture, je devrais dire dans une centième méditation, que dans la première, vous ne les trouvez que dans l’Écriture, vous n’avez pas l’idée de les chercher ailleurs. Vous faut-il un modèle court, précis, substantiel, où vous puissiez étudier l'esprit de la prière? Voici l’oraison dominicale, cette prière en huit lignes, que Jésus a donnée aux siens tout exprès pour « leur enseigner à prier * » et qui le leur enseigne

1 Hébr. XIE, 6-11. — 2? Jacq. V, 17. Version fittérale. — $ Luc XI, 1.

jusque dans son ordre et ses proportions mêmes, où se mesure comme à l’œil la place à donner et la part à faire à Dieu et à sa gloire, au prochain et à nousmêmes, à nos besoins matériels et à nos besoins spirituels, à l’adoration, à la requête, et à la confession. Vous faut-1l des exemples nombreux, variés, où vous puissiez suivre la prière dans toutes ses applications diverses? Voici les Psaumes — mais que dirai-je des Psaumes, qui ne soit bien au-dessous de ce que toutes les générations successives de l’Église ont reconnu de foi, de ferveur, d’humilité, de repentance, d’onction, de puissance, de profondeur, et tout ensemble de concision, dans les prières surannées d’un Israélite datant de onze cents ans avant l’ère chrétienne, qui donne essor aux sentiments les plus intimes de son cœur, sans se douter qu’il devient, en pleurant, en chantant ou en touchant de sa harpe, le spectacle spirituel, l’admiration et l'exemple de tous les siècles à venir. Sr

Pour mieux sentir la vérité de ces réflexions, restreignons-en le champ. Fixez votre attention sur un seul des endroits de l’Écriture que je viens de nommer ou de rappeler : ce sera, si vous voulez, ce Psaume LI, où David fait pénitence après son double crime. Tâchez de vous remettre en mémoire toutes les occasions diverses dans lesquelles cette page des Ecritures vous a soutenu, relevé, rétabli en grâce et en paix, après quelque chute et sous la visitation paternelle. Tàchez

en" om ensuite de vous représenter tous les disciples au « cœur « froissé et brisé » qui puisent à côté de vous, qui ont puiséavant vous, qui puiseront après vous, dans cette même page des Écritures, les mêmes encouragements et les mêmes secours. Tâchez enfin de calculer, d'imaginer tout le bien que cette page des Écritures a fait au monde à elle toute seule... Voyez-vous se grouper autour d'elle la famille entière des enfants de Dieu répandue sur tous les siècles et sous tous les climats, rendant témoignage tout d'une voix du fruit commun que tous ont recueilli de la confession de David, tout en y désignant peut-être chacun quelque trait favori qui lui a été en bénédiction singulière, l’un: « Purifie-moi avec l’hysope et je serai net; » un second : « O Dieu ! crée-moi un cœur net, et renouvelle « au dedans de moi un esprit bien remis; » un troisième : « Les sacrifices de Dieu sont l'esprit froissé ; Ô « Dieu, tu ne méprises point le cœur froissé et brisé; » un autre, autre chose ? Quelle page de l’Imütation, ou des Pensées d’Adam, peut se vanter de teiles choses? Mais cette page de l’Écriture n’est pas plus que ne sont les autres : mesurez donc, si vous le pouvez, mesurez cette utilité des Écritures entières qui dépasse toute mesure; —puis, allez, si vous l’osez, allez discuter froidement si un livre aussi exceptionnel, aussi unique dans son action, n’a rien d’exceptionnel, rien d’unique aussi dans son origine : je n’ai pas besoin, quant à moi, de tant de mystère pour reconnaître, avec

# l’'Apôtre, que « toute l’Écriture n’est si utile, » que

parce qu’elle « est divinement inspirée. »

Cette utilité de l’Écriture vous deviendra plus*sensible encore, en l’envisageant sous un autre aspect. On n’apprécie un bien tout ce qu'il vaut, que lorsqu'on vient à en être privé. Supposez-vous privés de l’Écriture; et, après avoir vu tout ce que vous lui devez, essayez de vous rendre compte de ce que vous perdriez en la perdant. L’Écriture vous étant Ôôtée, mais tout le reste vous demeurant, où en seriez-vous ?

Je dis, tout le reste vous demeurant; car, à la rigueur et en principe, bien des grâces pourraient vous demeurer dans cette hypothèse, et même les plus essentielles. N’outrons rien, et fuyons jusqu’à l'apparence d’une adoration idolâtre pour un hvre. Je n’ai garde d'attribuer à l’Écriture ce que l’Écriture elle-même n’attribue qu'à Dieu : l’Écriture n’est pas l’objet de la foi, elle n’est que le chemin de la vérité; elle n’est pas la lumière, elle n’en est que le témoin ; elle n’est pas l’agent de la conversion, elle n’en est que l'instrument. Ainsi, pour être sans l’Écriture, nous ne serions pas sans Jésus-Christ, n1 sans Saint-Esprit, ni sans Parole de Dieu. Jésus-Christ a pu venir, le Saint-Esprit a pu être répandu, les apôtres, envoyés de Jésus-Christ et remplis du Saint-Esprit, ont pu annoncer lÉvangile au monde, sans mettre leur témoignage par écrit. Cela a pu se faire, et cela s’est fait. Durant le temps qui s’est écoulé entre l’ascension du

Seigneur et la composition des premiers livres du Nouveau Testament, les apôtres ont rendu leur témoignage en parlant, non en écrivant : peu importe, pourvu que leur parole ait été gardée contre le danger d’altération, comme elle l'était suffisamment alors par leur présence vivante et leur contrôle personnel. Eh bien! avec Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, avec la Parole de Dieu dans le monde, mais sans l’Écriture, où en serions-nous ? CHR

Sans l’Écriture, la Parole de Dieu ne serait pas parvenue jusqu'à nous, et dès lors elle n’existerait pas quant à nous : avec Jésus-Christ, nous serions sans Jésus-Christ, et avec le Saint-Esprit, sans le Saint- Esprit. Il serait encore vrai, dans cette hypothèse que nous essayons de suivre, que l'Évangile, l'Évangile tout entier et tout pur, a été transmis par la parole vivante des apôtres ; mais, les apôtres étant morts avec leur génération, nous n’aurions aucun moyen de retrouver cette parole vivante, à travers dix-huit siècles d'histoire, si elle n'a pas été fixée sur les pages d’un livre, à moins que vous ne la sauviez par Je ne sais quelle doctrine de tradition, plus incroyable que l'inspiration elle-même, puisqu'elle ne ferait que substituer l'inspiration d’un grand nombre à celle de quelques-uns. Il serait encore vrai que Jésus-Christ est venu, qu'il a parlé, qu'il a vécu, qu'il est mort et ressuscité, qu'il a accompli tout l’ouvrage de notre rédemption; mais tout cela serait, quant à nous,

comme s’il n’était pas, n’ayant aucun moyen de connaître nice que Jésus-Christ a dit, ni ce qu’il a fait, ni ce qu'il a été, puisqu'on nous aurait coupé le seul pont de communication entre lui et nous, la Parole de Dieu déposée dans l’Ecriture. Il serait encore vrai que « le Saint-Esprit a été donné, » et qu’il peut «convaincre «touchant le péché, touchant la justice et touchant le «jugement; » car qui oserait nier qu'il ne puisse faire tout cela sans Écriture, sans Parole de Dieu sensible

d'aucune sorte? D’accord : mais aussi, qui oserait

affirmer qu’il le fasse? Le Saint-Esprit glorifie la Parole de Dieu en agissant par elle; et nous n’avons aucune preuve qu'il ait agi une seule fois sans elle, mi aucun lieu de croire qu’il le veuille faire jamais. Ward, ce pieux missionnaire dans les Indes, à dé-

y 4 & CN , claré, à la fin de sa longue carrière, n’avoir pas ren-,

contré un seul païen qui, avant d’être mis en rapport avec la Parole de Dieu eût eu des notions spirituelles de la vérité : cette expérience, n’en doutez pas, à été celle de tous les missionnaires, sans exception. En deux mots donc, être sans l’Écriture, ce serait être, je ne dis pas, absolument et en principe, mais en fait et quant à nous, sans Parole de Dieu, sans Jésus-Christ, sans le Saint-Esprit même, l'Écriture étant, quant à nous, le seul canal par lequel la Parole de Dieu nous arrive, la seule voix par laquelle Jésus-Christ nous soit annoncé, et le seul instrument même dont le Samt- Esprit fasse usage.

as 4

Cette réflexion devrait suffire : mais peut-être ne vous suflit-elle pas, faute de saisir du prémier coup tout ce qui suivrait la suppression de l’Écriture. Elle n’est pas, après tout, pensez-vous, le seul moyen de grâce : l’Écriture ôtée, la prière, les bons livres, les saints exemples nous restent, pour nous conduire à Jésus-Christ et nous maintenir dans le chemin de la vie éternelle. Fort bien : mais en parlant de la sorte vous ne considérez pas que, sans l’Écriture, vous n’auriez aucune de ces ressources par lesquelles vous vous flattez de suppléer tant bien que mal son absence, parce qu'il n’y à ni prière, ni bon livre, ni sant exemple, n1 rien enfin de bon et de vrai, qui ne vous viénne, directement ou indirectement, peu importe, dé cette même Écriture. Il vous semble peut-être que J'exagère ; mais regardez-y de plus près. |

Sans l’Écriture, où serait la foi de vos prières, où seraient toutes les pensées de vérité ou de piété qui montent aujourd’hui dans votre cœur? Sondez-vous, et recueillez vos souvenirs. Si vous découvrez dans votre âme, au travers de tout le mal que vous y déplorez, quelques dispositions selon Dieu, quelque ferveur de piété, quelques sacrifices de charité, quelque amour pour vos ennemis, quelque renoncement à vous-même, quelque patience dans l’affliction, quelque force contre la tentation, cherchez bien la cause de ces sentiments chrétiens en remontant jusqu’à leur origine, et vous trouverez invariablement que l’Écriture y est

de

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