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à tous les besoins de la sainte guerre, et dont un bon livre est le riche arsenal : vous arriverez invariablement à l’Écriture. L’Écriture, voilà l’école modèle, oserai-je dire l’école normale, où se sont formés les pieux instituteurs et docteurs de toutes les générations successives ; l’Écriture, voilà le maître commun auprès duquel ont cherché leurs inspirations les Jérôme, les Chrysostôme, les Bernard, les Jean Huss, les Arndt, les Pascal, les Adam, les Jean Newton, les Vinet, les Rochat, les Chalmers; un maître dont l'influence salutaire sur l’élève est la mesure exacte de l'influence salutaire de l'élève sur ceux qu’il instruit à son tour. Sans l’Écriture, nous en serions réduits à la littérature du siècle pour nous affranchir des tentations et des erreurs du siècle !
Sans l’Écriture, où seraient les exemples saints qui tout ensemble enflamment votre zèle et frayent votre chemin devant vous? Etudiez la vie de ces serviteurs de Jésus-Christ, fidèles entre les fidèles, qui ont régénéré leur siècle, renouvelé le monde ou réveillé l’Église : les Augustin, les Luther, les Whitfield, les Félix Neff, les Élizabeth Fry. Demandez-leur comment ils ont atteint à cette simplicité de foi, à cette énergie de dévouement, à cette farm et soif de la justice, à cette grâce de renoncement, à cette communion avec les réalités invisibles, qui les ont rendus capables de faire de si grandes choses ; au fond de leur réponse à
tous, vous trouverez encore l’Écriture : sans elle, rien
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de ce qu’ils ont fait n’eût été fait; sans elle, nul d’entre eux ne fût devenu ce qu'il a été. Rendez grâces pour les milliers qu'Augustin à gagnés par son exemple ou touchés par sa parole, et pour les dix milliers qu'il a sauvés, et qu'il sauve encore, de siècle en siècle, par la lumière de ses écrits et par la foi qu'ils respirent. Mais faites honneur, après Dieu, d’Augustin devenu Augustin, à l’Écriture qui, recommandée à sa conscience dans le jardin par cette voix mystérieuse tolle et lege, le rappelle de son long égarement, change son cœur, sanctifie sa vie, nourrit son travail, inspire ses discours, et d’un libertin fait un apôtre. Rendez grâces pour la réforme salutaire autant qu'étendue que Luther a opérée au sein de l’Église chrétienne, et dont recueillent encore aujourd’hui les fruits, après trois siècles écoulés, tant de disciples fidèles, tant de familles pieuses, que dis-je ? des peuples entiers que l'Évangile
a élevés au premier rang entre les nations. Mais faites
honneur, après Dieu, de Luther devenu Luther, à l’Écriture, à ce mot d'Habacue commenté par saint Paul : « Le juste vivra par la foi, » qui, jeté comme au hasard sur le chemin du jeune novice, dans la bibliothèque poudreuse de son couvent, l’arrête sur là pente de la justice propre; lui explique la justice de Dieu, le retire de son désespoir, l’introduit dans un monde nouveau, commence par son cœur ce que Dieu voulait accomplir par lur dans le monde, et d’un moine aveugle fait une lumière pour la chrétienté déchue. Rendez
grâces pour le bel ordre qu'Élizabeth Fry établit dans la prison de Newgate, pour cette multitude de pécheresses endurcies qu'elle instruit à mourir dans la paix ou à vivre dans la grâce, pour tant de femmes de bien à qui elle révèle leur mission, et pour cette vaste réforme qui se propage de proche en proche, au bruit de ses pieux succès, dans les prisons d'Angleterre, et jusque dans celles des pays les plus lointains. Mais faites honneur, après Dieu, d’Élisabeth Fry devenue Élisabeth Fry à l'Écriture, seule défense qu’elle porte devant elle dans cet antre impur de Newgate, où d’intrépides geôliers n’osent s’aventurer sans des précautions infinies; à l’Écriture, qui l’a affranchie elle-même de liens plus subtils, qui lui a découvert la vanité du siècle et de ses honneurs, et qui, d’une jeune et brillante héritière, a fait une humble et infatigable Dorcas. Otez l’Écriture, soit; mais prenez garde que vous ôtez avec elle ces grandes vies qui, selon une belle expression de Vinet, « sont aussi des paroles de Dieu. » Que dirai-je encore ? Nommez-moi, si vous en savez un, nommez-mol un sentiment chrétien, nommez-moi une lecture chrétienne, nommez-moi une entreprise chrétienne, à laquelle l’Écriture n’ait été ce qu'est au fleuve qui arrose nos cités.et fertilise nos champs, la source cachée sous les ombrages de la montagne, qui, de jour en Jour nourrie par les pluies du ciel et par les eaux de la terre, l’entretient jour et nuit, le renouvelle d'âge en âge depuis que le monde est monde, sans lui permettre
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jamais ni de tarir, ni de s'arrêter, ni de ralentir seulement son cours. Source commune et féconde de tout le bien qui console encore notre pauvre terre, eh! qui oserait douter que tu sortes du ciel ?
Après le témoignage que je viens de rendre à l'Écriture, disons mieux, au Dieu qui l’a inspirée, il semble que je ne puisse aller plus loin : et pourtant, je m’enhardirai jusqu'à l’élever plus haut encore. Sans l'Écriture, nous l'avons vu, on ne saurait expliquer ni un Augustin, ni un Luther, ni une Élizabeth Fry; mais que serait-ce si l’on ne pouvait, sans l’Écriture, expliquer Jésus lui-même? Ne me répondez pas que c'est l'Esprit de Jésus qui nous a donné l’Écriture, en suscitant et en animant les apôtres et les prophètes. Je le sais bien, mais il n’en est que plus merveilleux de voir l’Écriture nous donnant Jésus à son tour l'Écriture présidant à son éducation, l’Écriture le nourrissant dans la vie divine, l’Écriture le formant à son ministère, l’Écriture «l’instruisant en toute justice, » et « le préparant pour toute bonne œuvre, » que dis-je? lÉcriture le fortifiant au désert contre la tentation et lui prêtant des armes pour triompher de Satan. L’Ecriture citée tout simplement, sans développement ni commentaire, voilà tout ce que Jésus oppose au grand adversaire, dans cette journée mystérieuse et terrible, à l'issue de laquelle œuvre entière de notre rédemption était suspendue. Il est écrit, et le tentateur s’arrête; il est écrit, et il recule; il est écrit, et Le voici qui a tourné
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