‹ L'inspiration prouvée par ses œuvresChapitre 6 sur 10 · EE · texte numérisé non relu

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le dos. Il est écrit, et par qui? Par Moïse, le témoin, le messager, le serviteur, la créature de celui auquel sa parole vient en secours dans l’heure du combat et de la détresse! Eh! comment cela, je le demande, je le demande au ciel, je le demande à la terre, Je le demande même à l'enfer, qui sait à quoi s’en tenir là-dessus, — comment cela, si la parole de Moïse, qui est «utile » au Fils de Dieu lui-même, qui, par un côté, le domine et lui commande, est moins que ce que l’Apôtre l’appelle dans mon texte, une parole « divinement inspirée ? » Réponde autrement à cette question qui jugera le pouvoir : pour moi, l'évidence pratique, celle à laquelle je m’attache dans ce discours, cette évidence est telle en cet endroit que Je ne saurais pas même la développer n1 la prouver. Le soleil lisant ne se démontre pas ; il se montre. Aux yeux de mon Sauveur tenté , l'Écriture, toute écriture, a été « divinement « inspirée, » et c’est par là qu’elle lui a été « utile.» Ce qu’elle a été pour lui, il faut bien qu’elle le soit pour moi, ou mon Sauveur ne serait pas mon Sauveur. Le soleil luit, Jésus est le Fils de Dieu, et « toute l'Écri- « ture est divinement inspirée. >

Y a-t-il ici quelqu'un qui demande encore si l’Écriture est la vraie Parole de Dieu, ou « si nous devons « en attendre une autre?» Voici comment l'Écriture lui répond. Elle rassemble autour d’elle tous les malades qu’elle a guéris, les aveugles auxquels elle a ouvert les veux, les sourds dont elle a débouché les

oreilles, les possédés qu’elle a délivrés de leurs démons, les affligés dont elle a séché les pleurs, les pécheurs qu'elle à sauvés, les mauvais qu’elle a faits bons; à cet innombrable cortége elle joint le Fils de Dieu qu’elle a rendu vainqueur au désert. Puis elle vous dit à son tour : « Allez et annoncez ce que vous avez vu et en- « tendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les « lépreux sont nettoyés, les sourds.entendent, les morts « sont ressuscités, et l’Évangile est annoncé aux pau- « vres > — le Fils de Dieu est fortifié contre la tentation — n’a-t-elle pas le droit d'ajouter encore : « Et bien- « heureux est celui qui ne se scandalise point en moi!»

Si le spectacle que Jésus avait mis sous les veux des deux envoyés de Jean-Baptiste avait pu laisser dans leur esprit quelque doute sur ce qu’il était, un moyen

leur restait pour achever de s’en éclaircir : c'était delle comparer avec le reste ait hommes. En voyant de combien 1l s'élevait, non-s ulement au-dessus des plus sages d’entre les païens, mais au-dessus de ses concitoyens en possession des Le” lumières et des mêmes ressources spirituelles que lui; ; au-dessus même de ses disciples élus qui avaient vécu dès longtemps dans. la communion intime de sa parole et de sa vie, comment refuser de reconnaître le Fils de Dieu à cette supériorité manifeste sur tous les enfants des hommes, sans exception des meilleurs! ? Un rapprochement analogue

1 Jean IT, 31.

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achèvera de nous révéler l’origine divine de l’Écriture. I ne faut que la comparer avec les autres livres sortis de la main des hommes, et mesurer son.utilité avec celle des plus utiles d’entre eux, pour reconnaître en elle, avec l'Apôtre, un livre qui n’a pu venir que de Dieu.

Prenons la portion de Écriture que l’Apôtre a devant l'esprit en écrivant ces paroles : « Toute l’Écri- « ture est divinement inspirée. » Comparons-la avec la littérature religieuse ou philosophique des nations paiennes les plus éclairées et les mieux connues; et pour que cette comparaison soit plus équitable et plus décisive, mettons en regard, d’un côté, et, pour ainsi dire, dans une colonne, les livres sacrés rangés dans l’ordre des temps, et dans une colonne correspondante, les livres des païens contemporains — quand il yen a. Pendant que Moïse, David, Ésaïe, Daniel, Malichie, écrivaient les pages que j'ai sous les yeux, et dont le peuple juif me transmet d’âge en âge le dépôt vénéré, les poëtes et les philosophes de la Grèce, que je nomme seule pour la grande avance qu’elle a sur Rome, que faisaient-ils, et qu'écrivaient-1ls? La ré-

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ponse ne demande pas de: grandes études : tout. élève studieux d’une bonne école primaire la ferait pour moi.

Moïse, ou la Loi, date de 1,500 ans avant Jésus- Christ. La création du monde actuel et la formation du genre humain, par un Dieu personnel, vivant, voulant, pensant, parlant, et dont l’ouvrage. n’a point d’égal, si ce n’est peut-être le langage dans lequel 1l est décrit;

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la chute de notre race, et la compassion de Dieu lui préparant un Sauveur à venir, mais dont le salut est déjà présent ; les origines de l’histoire, de la famille, de la société, des gouvernements, du culte, des arts et de l’industrie ; Abraham croyant à la promess de Dieu, sa foi lui tenant lieu de justice personnelle, ei le rendant capable du plus grand de tous les sacrifices ; Dieu se révélant à Moïse, ét par Moïse, à Israël, sous son nom de Jéhovah, ou « Je suis celui qui suis, » au sein du monde plongé dans l'idolâtrie ; le Décalogue, ce sommaire en dix articles de toute la morale, religieuse, sociale et individuelle, développé dans un code où la sagesse des nations les plus policées trouvé encore aujourd'hui à puiser; et tout cela couronné par un discours d’adieu qui respire une sainteté, une dévotion, une tendresse qui semble anticiper sur l'Évangile:

voilà pour la colonne de l’Écriture. Mettez en regard” dans l’autre colonne — mais non, n Y mettez rien, car il n’y a rien ; à moins que”

e vous ne teniez pour quelque chose ce vide historique presque absolu, comblé tant bien que mal avec les exploits chevaleresques et les

honteuses amours de ce ax devenus des hommes, ou

de ces hommes devenus des dieux; cet immense naufrage de toute certitude et de toute vérité, auquel échappent tout au plus, flottant sur labime, quelques rares débris, où vous avez peme à déchiffrer, à l’obscure clarté de la nuit, les noms à demi disparus d’Inachus, de Codrus, de Cadmus, mêlés à ceux d’Apollon,

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de Minerve, de Jupiter; ou, si vous réclamez quelque souvenir plus précis, les Bacchantes du mont Rhodope mettant Orphée en pièces, et les Hellènes s’attendrissant sur les aventures d’Eurydice, au temps qu'israël écoutait avec terreur la loi procliliée en Sinaï, par la voix du Dieu vivant et vrai !

David, avec Salomon son fils, ou la royauté prophétique, date de 1,000 à 1,100 ans avant Jésus-Christ. La création et la providence célébrées, la rédemption annoncée, le Rédempteur prédit et dépeint; le péché reconnu, apprécié, confessé, à la lumière de la sainteté divine : « J’ai péché contre toi, contre toi proprement; » la grâce acceptée, sentie, savourée, d’un esprit qui devance le jour de l'Évangile : « Bienheureux l’homme « dont la transgression est pardonnée, et dont le péché

« est couvert; » la consolation paternelle, la direction Fm l’éducation paternelle, la faveur paternelle,

invoquée, obtenue, glorifiée, et la terre entière invitée

à partager ce festin spirituel ab de pardon, d’obéissance, de félicité — dans ces Psaumes inimités, inimi-

tables, dont la beauté surhumaine échappe au lecteur,

ivine ; — ces besoins

effacée qu’elle est par leur} profonds de l'intelligence, de la conscience, du cœur, que la terre et la vie ne flattent un moment d'une réponse que pour ajouter l’amertume de la déception à celle du désespoir, et qui ne trouvent enfin à se satisfaire et à se reposer qu'en Dieu, sa parole, son amour — dans ce petit traité de quelques pages, l'Ecclésiaste,

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