‹ L'instant éternelChapitre 70 sur 101 · JAMAIS IL NE M'A DIT · texte numérisé non relu

JAMAIS IL NE M'A DIT

Jamais il ne m'a dit : « Je suis ton bien-aimé,

Je suis ton cœur, ta joie éclose, Penchons-nous l'un vers rautre,en un souffle embaumé

Moi le silence, toi la rose... »

Jamais il n'est venu sur ma porte s'asseoir,

Si beau d'avoir vu la vallée...

Et d'avoir regardé flotter l'ombre du soir

Et ma chevelure étoilée.

Jamais il ne m'a dit : « Je suis ton bien-aimé,

Ton heure entre toutes choisie, Mon âme est près de toi comme un livre fermé

Où bourdonne la poésie. »

Je ne dois plus le voir et, pourtant, ô douleur,

Je lui suis à jamais fidèle, Je l'attends... et, pourtant, il est mort pour mon cœur

Comme pour l'hiver l'hirondelle.

Entre nous a passé l'inexorable adieu,

Un temps sans heures, sans limite...

Je ne sais même pas, pour le montrer à Dieu, Quel est le pays qu'il habite.

Jamais il ne m'a dit : « 0 ma grâce, ô ma sœur. Toi qui connais le meilleur charme,

Toi qui dois me quitter, garde-moi la douceur D'une pensée et d'une larme... >

Jamais il ne m'a dit : «Je suis ton bien aimé... >

Et pourtant; et pourtant, il est mon bien-aimé !...

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