INDISTINCT ET LES THÉORIES TRANSFORMISTES
hasard quelque aclion on dehors de ces actions accoutumées. Si cette aclion lui est avantageuse, il la répétera , puis transmettra cette habitude nouvelle à ses descendants, qui auront connue lui plus de facilité pour exterminer leurs congénères ou tout au moins pour leur survivre. La sélection peut donc, par des variations légères mais accumulées, changer peu à peu dans les générations animales les habitudes et les instincts.
Comme je l'ai dit, M. Darwin ne nous apprend pas à quoi tiennent, suivant Jui , les instincts des animaux, et le mot d'organisation mentale dont il se sert volontiers est aussi loin que possible d'être clair. Il y aurait sur celte partie de la théorie que nous venons d'exposer des réserves considérables à faire. Nous concevons bien, il est vrai , qu’un très-grand nombre d'habitudes , précédées ou suivies de modifications organiques, puissent être héréditaires comme les modifications organiques ellesmêmes dont elles sont inséparables. Mais M. Darw in nous cite bien des variations légères d’habitudes qui, imposées par des circonstances accidentelles, une fois par hasard, une fois dans la vie, ne peuvent guère avoir modifié telle ou telle partie du corps, de manière à être transmises par voie de génération. De même, que d’instincts qui n'entrent en jeu qu’au moment où l’animal va périr! Et que d instincts qui n'admettent aucun degré, pour qui
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celle lente accumulation est impossible, puisque la perfection immédiate et absolue est pour eux une véritable condition d’existence!
Dira-t-on que nous ne connaissons pas toute la portée possible de l'hérédité, surtout quand il s’agit du travail si mystérieux des libres cérébrales? Mais il serait au moins bizarre de vouloir appuyer sur l inconnu une théorie si considérable. Rappelons d’ailleurs ce que nous avons recueilli des physiologistes les plus récents sur le véritable rôle du cerveau. On l’a vu, son rôle est un rôle consécutif, et il n’y a pas, à vrai dire, pour les animaux, d'organisation mentale indépendante de leur organisation tout entière. 11 faut donc revenir à la partie principale de la thèse de M. Darwin; il faut prendre l'animal dans l'ensemble de son être et dans la complexité de ses facultés. Ressort-il évidemment de l'argumentation que nous avons analysée que les espèces se transforment les unes dans les autres, et que par conséquent il n’y a point d'instinct spécifique proprement dit?
Tout d'abord, cette loi de la sélection naturelle, c’est-à-dire de la survivance de ceux qui ont été accidentellement pourvus de quelque avantage, celle loi dont on vante si fort l'importance, en comparaison des lois de l'hérédité et des modifications des habitudes, quelle en est donc au juste la portée? La sélection naturelle nous explique sans
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doule la disparition des individus inférieurs et des races impropres à la lutte. Mais est-ce bien là le point capital ? La thèse de la fixité des espèces, nous le verrons, s'accommode au moins aussi bien que la thèse transformiste de l’extermination des individus les plus faibles. Etant donné que la concurrence vitale exige le sacrifice d’un très-grand nombre de représentants de la même espèce, et qu'un petit nombre seulement est élu pour la survivance et la propagation, voici, ce me semble, la question qui doit se poser. Qu’est-ce qui assure la supériorité des uns sur les autres? Est-ce la fidélité au type spécifique? Est-ce le changement? Si c’est le changement , la sélection naturelle ne peut rien sans l’hérédité qui transmet et accumule les variations. Mais l’hérédité ne fait que conserver les formes organiques, elle ne les crée pas. En cherchant à la suite de M. Darwin la première origine des transformations et du progrès dans le monde organique, voici ce que nous trouvons : des changements avantageux accidentels, qui se transmettent et s'accumulent peu à peu. Un fait accidentel, voilà donc la base fragile sur laquelle doit reposer tout l’édifice de ce monde organisé où nous sommes si habitués à voir faction des lois constantes et générales. C’est là évidemment le point central de toute la théorie darwinienne, c’est là aussi qu’il faut chercher le secret de sa faiblesse.
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La plupart de ses partisans l'ont senti, et ils cherchent à étayer de ce côté la théorie un peu chancelante. Lun nous dit naïvement qu'on n’y comprendra jamais rien , tant qu’on n'accordera pas aux animaux un certain goût esthétique, un peu d’imagination, le désir du mieux, la fantaisie et la liberté de changer d’état et de condition (1). Reconnaissons-leur toutes les facultés qu'on voudra. Les changements dont ils prendront l’initiative n’en resteront pas moins particuliers et accidentels. Essaiera-t-on de les assimiler plus complètement encore à ceux que subit l’espèce humaine? Mais bien des raisons donnent à croire que dans l’espèce humaine, le progrès s’accomplit eu vertu de causes non point fortuites et particulières à tel ou ter individu, mais générales et pesant sur tous les hommes d’un môme siècle et d'une môme race. Nous retomberions donc dans la théorie desprogrès nécessaires, dont M. Darwin ne veut pas, et cela pour une raison, entre autres, qui est facile à comprendre. Supposez que ces premiers changements, constituant un premier écart vers une variété nouvelle, ne soient pas accidentels, ils seraient subis par tous les êtres vivant dans des conditions analogues et doués d’une organisation commune. Mais alors tous feraient un progrès en même temps ; les
(1) M"c Clémence Itojer , prf-faco A la traduction de Darwin.
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rapports qui existent entre eux resteraient les mômes. Il ne se manifesterait aucune de ces supériorités qui, avec la concurrence vitale, sont absolument nécessaires pour expliquer la disparition de certains types et l'avénement de types nouveaux. C’est donc être logique que de maintenir contre partisans et adversaires que la première origine des transformations est une différence tout individuelle, soudaine, presque insensible au début, et provenant tout simplement du hasard.
Mais de quelle manière une pareille variation peut-elle être avantageuse? On conçoit qu’un organe existant déjà, ayant son emploi tout marqué dans le genre de vie propre à l’animal, se développe et se fortifie, et qu’il en résulte une supériorité. Ce n’est pas là, à proprement parler, une variation dans le sens où l’entend M. Darwin : un pareil changement, est-il besoin de le dire, contribuerait bien plus à maintenir le type spécifique qu’à l’altérer. Mais comment un premier écart destiné à produire ultérieurement une variété nouvelle peut-il être avantageux? et comment peut-il donner plus de chances de remporter la victoire? Dans la plus grande partie des cas , il n’est guère aisé de le comprendre. Un des savants les plus favorables à la nouvelle théorie, M. Claparède, le proclame luimême. « Le premier rudiment d’un œil , » dit-il ,
« a déjà un certain degré d'utilité ponr l’animal,
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en lui permettant de distinguer la lumière de l’obscurité; et ce fait suffit à rendre possible le perfectionnement d'un organe par sélection naturelle. Mais quel sera l’avantage du premier rudiment de l’aile de l’oiseau ou de l’insecte? L’élection naturelle ne pouvant conserver que les variations utiles à l'organisme chez lequel elles se produisent , il devient extrêmement difficile de se rendre compte de la formation première d une foule d’organes. Le plus souvent, en effet, les premiers rudiments d'organes ont dû être moins utiles qu'embarrassants pour l’organisme (1). »
Ils le seraient d'autant plus que tout se tient étroitement dans le corps de l’animal, et que la condition des instincts comme de la vie est justement cet accord préordonné de toutes les parties de l'organisme. La transition entre un état ancien et un état nouveau ne pourrait pas ne pas se prolonger, en vertu de celle nécessité même de remanier tous les organes pour rétablir entre eux cette corrélation sans laquelle la vie n'est pas possible. Or, comment de pareilles transitions, tout au moins dangereuses, ne placeraient- elles pas l'individu dans un état réel d’infériorité relativement à ses congénères? Ces derniers, armés de toutes pièces pour la lutte, lui laisseraient-ils le temps de se compléter?
(!) Revue germanique , tome XVII, page 240.
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On arrive ainsi , ce semble, à se convaincre que c’est beaucoup plutôt la fidélité au type spécifique qui a chance d’assurer la supériorité d’une bête sur une autre. D'abord elle suppose ce concours et cette harmonie de tous les organes, ce qui est un avantage incontestable. « Plus un individu , » dit Burdach, « porte le cachet de son espèce, plus aussi il a de chance d’arriver au terme normal assigné à la vie de l’espèce dans les caractères de laquelle ce terme entre comme élément constituant. Une taille moyenne , une structure bien proportionnée , une bonne poitrine, un pouls vigoureux, un estomac robuste, ne sont des conditions de longévité que parce qu’ils expriment un développement normal du caractère de l’espèce. Les géants et les nains ont une courte carrière ; une proportion semblable se remarque dans le cas d’énergie ou de faiblesse extraordinaire des facultés de l’esprit. Mais ce qui ne peut pas réaliser le type de son espèce dans les bornes de l’individualité périt nécessairement. Aussi la plupart des monstres meurent-ils au moment de leur naissance, même ceux dans l'organisation desquels on ne découvre aucune cause de mort. » S’il s’agit de luttes pour la possession des femelles et la reproduction, ne peut-on pas dire également que plus l’individu tend à différer de ses congénères, moins il a de chance de trouver à s’apparier. Plus l’homme est homme et plus la femme est femme, dit
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encore Burdach, plus est vif l’amour qu'ils peuvent éprouver l’un pour l’autre. Un coq sans ergots, un cerf sans bois, un oiseau à la robe moins colorée ne pourraient pas, dit M. Darwin lui- même, se procurer des compagnes.
Ainsi donc, toute variation tendant à altérer le type spécifique rendra l’individu généralement inférieur à la masse de ses congénères. La concurrence vitale paraît 'travailler à la consolidation plutôt qu’à l’ébranlement du type spécifique.
Supposons cependant qu’il se produise accidentellement quelque modification tendant à remplacer le type spécifique existant. Comment se transmettra-t-elle? Ici, la difficulté devient encore plus considérable. Personne, que je sache, n’a répondu à cette objection de M. Janet : que le caractère dit avantageux étant accidentel chez l’individu qui le possède, le croisement avec d’autres individus de la même espèce doit amener inévitablement la disparition du caractère. La loi de l’hérédité et même la loi de la sélection naturelle agissent donc d’une manière constante pour arrêter ces premiers écarts et en neutraliser les effets.
On répète souvent que nous ne pouvons constater les mouvements insensibles qui s’accomplissent au sein de la nature, cl que nous ne pouvons surtout en marquer la direction. Ne voyons-nous pas u contraire qu’à chaque instant des causes pertur-
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batrices travaillent, il est vrai, à faire dévier l'organisation de l'homme et de l'animal, mais que des lois plus constantes luttent contre ces causes, soit par l'anéantissement des formes dégénérées , soit par le retour au type primitif? Ces causes perturbatrices sans cesse agissantes sont extrêmement nombreuses : Causes physiques, comme la nature du climat du sol et des eaux , causes physico-morales, comme le régime et les habitudes de vie ; causes congéniales, comme celles qui donnent la polydactylie; causes morales enfin, comme les passions. Ajoulez-y des procédés bizarres d’éducation tels que ceux des peuplades sauvages qui écrasent le nez ou aplatissent la tête de leurs enfants. Tout cela est sans résultat pour la race. On répondra que ces variations ne sont pas avantageuses? Sans doute, mais l'impossibilité où elles sont de se fixer n'en atteste pas moins les puissants effets de la loi qui tend au maintien des espèces. Cette loi se manifeste encore visiblement dans les races domestiques que nous formons. Nous sommes obligés de respecter les caractères essentiels de chaque espece; et pour maintenir les caractères particuliers que nous avons communiqués à la race , il nous faut continuer nos soins industrieux et maintenir constamment certaines conditions artificielles, quipréserventles individus des effets de la concurrence. Quand notre action est suspendue, un petit nombre
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de générations suffit pour les ramener sous l’empire de la loi première, et pour les restituer plus complètement à l’espèce.
H faut bien croire d'ailleurs que cette loi n'est pas une chimère, puisque nous ne constatons aucun changement significatif dans les espèces dont nous connaissons l’histoire. Cet argument historique paraît aux yeux de beaucoup de gens bien suranné. Mais eulin, si la science expérimentale ou positive ne se construit qu’avec des faits, la fixité des espèces dans la période actuelle en est bien un très-positif. 11 y a plus, la paléontologie jusqu’à présent n’a pu tenir un autre langage. Quelques savants ont même cru pouvoir établir ceci : qu’en subissant les révolutions géologiques, les espèces ou bien se maintiennent dans leur intégrité, ou bien périssent, mais que dans aucun cas elles ne se transforment (1).
Les époques de nous connues ne sont rien , ob • jectc-t-on, en face des millions de siècles que notre imagination peut rêver dans le passé de la terre... Mais n’est-ce pas encore une idée très-arrêtée dans les esprits de la plus grande partie des savants que tout est le produit des causes qui agissent encore actuellement? D’ailleurs, nous l’avons vu, la théorie ne repose nullement sur l’action prolongée du
(I) Godron , De l'espèce et tics races dans les êtres organisés.
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temps. « Les variétés intermédiaires n’ont qu'une existence passagère et elles se succèdent très-vite. Une fois qu’une espèce est ébranlée, les variations se répètent avec rapidité , elles se renouvellent à chaque génération; et les types transitoires ne sont souvent représentés que par un seul individu (4). » Cet argument est très-ingénieux, et il tend à expliquer pourquoi nous ne retrouvons pas les types intermédiaires. Il répond donc à l'objection tirée de la paléontologie ; mais par contre il rend plus forte l'objection historique : il la rajeunit, pour ainsi dire, et en double la valeur. Si une espèce nouvelle peut se former si vite, d’où vient qu’il ne s’en forme pas sous nos yeux?
En résumé, s'il y a des causes accidentelles, diverses, passagères, qui tendent à transformer les espèces, il y a des causes constantes qui tendent à les maintenir. Or, quel est le premier principe du calcul des probabilités? Quand les événements dépendent de deux ordres de causes, les unes accidentelles, les autres constantes, plus le nombre des cas observés est considérable, plus l'action des premières diminue relativement à celle des secondes ; elle Unit même par s’évanouir et par devenir, quant au résultat final, absolument nulle.
(I) Danvin , De l'ori'jine des espèces, [>. j20'J , avec la note du traducteur. — Cf. Claparède, article cité, p 235.
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Ceci à nos yeux tranche la question, et, malgré l’immense talent de M. Darwin, relègue encore sa théorie dans la région des hypothèses et des hypothèses invraisemblables. Sans avoir à nous prononcer sur les vraies limites des races et des espèces, questions controversables sur lesquelles les naturalistes seuls sont compétents, nous comprenons trèsbien qu’il y ait dans l'organisation et les instincts des variations accidentelles, parce qu’il y a des causes également accidentelles et très-nombreuses qui peuvent les produire. Mais comme on ne peut démontrer l’existence d’une loi constante portant l'animalité en général à se moditier et à s’élever, et qu’on ne peut faire remonter l’origine de ces transformations prétendues qu’à des mutations toutes fortuites, comme d’autre part un certain nombre de lois, parmi lesquelles la concurrence vitale et la sélection naturelle elles-mêmes, luttent constamment pour maintenir le type spécifique, l’application du calcul des probabilités semble toute faite, et dans un sens tout à fait opposé à celui de M. Darwin.
L'instinct et l’organisation étant solidaires , tout porte donc à croire, jusqu’à présent, que les instincts ne sont pas des facultés sans cesse en voie de formation. Assurément, nous ne pouvons remonter à leur première origine. La paléontologie peut replacer sous nos yeux des organismes dis-
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parus ; elle peut nous faire connaître à la rigueur les premiers représentants d'un grand nombre d’espèces actuelles. Est-il besoin de dire que l’histoire des instincts ne remonte pas aussi haut ? Maintenant, il faut l’avouer, parmi les instincts des animaux, il eu est dont l’origine est relativement très-récente ; il en est qui s’affaiblissent et cessent d’agir ; il en est enfin des nouveaux qui apparaissent. Or, une habitude transmise par hérédité ne peut, chez les animaux, se distinguer d’un instinct; dans un très-grand nombre de cas, il est impossible de savoir si l’on se trouve en présence d'un instinct primitif ou d’une habitude héréditaire. Pour savoir si tout instinct a commencé par être une habitude, il faudrait remonter aux temps préhistoriques ; mais l’homme seul a pu y laisser des traces de son industrie. Si l’on voulait une démonstration directe, la question serait donc insoluble.
Mais tout nous dit que l'instinct dépend de l’organisme , qu’il ne prend par lui-même aucune initiative, et que s’il subit des modifications persistantes , c’est que l’une ou l’autre des fonctions organiques dont il dépend a subi elle-même des modifications durables , transmissibles par voie d’hérédité. La question de l’origine des instincts, pour le répéter une dernière fois , est donc subordonnée à celle de l’origine des espèces. S’il était vrai que tous les organismes dérivent d’une pre-
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inière cellule primitive, n ayant d’autre attribut que celui de la vie réduite à son expression la plus simple, tous les instincts dériveraient de la pure tendance à vivre, qui serait peu à peu déterminée par les complications croissantes de l'organisme. L'histoire de l individu serait ainsi l'histoire du règne animal tout entier. N’hésitons pas à le dire : on chercherait en vain quels inconvénients pourraient résulter de ce système, au point de vue philosophique. Mais ce système est-il vrai ? Sous la forme qu’il revêt en ce moment, il présente des dillicultés considérables qui nous empêchent de l'accepter. Ce que I on peut considérer comme acquis, dans l'état actuel de la science, c'est qu’il existe des instincts qu’on peut appeler spécifiques ; ils répondent aux besoins et aux ressources provenant de l'organisation commune à l'espèce et du milieu constant auquel elle est adaptée. Puis, comme le type spécifique admet une certaine flexibilité, comme l'organisation s’accommode de quelques variations de milieu, peut perdre d'anciens caractères et en acquérir de nouveaux , nous ne devons pas nous étonner que chaque instinct soit flexible et qu'il puisse, dans de certaines limites, présenter des variations peu profondes , pareilles à celles que nous avons décrites et que nous croyons avoir expliquées.