‹ L'instinct (volume 2)Chapitre 39 sur 72 · LA LIBERTE MORALE · texte numérisé non relu

LA LIBERTE MORALE

forces aveugles dirigeant toutes choses à son insu et coutre lui.

Un économiste considérable établissait en 1818 cette vérité dans la page qu’on va lire : « Telle ou telle tendance de l’homme peut être considérée comme dépendant de son organisation particulière, de l’éducation qu'il a reçue, des circonstances dans lesquelles il s’est trouvé, ainsi que de son libre arbitre, auquel j’accorde volontiers l'influence la plus grande pour modifier tous ses penchants. Il peut donc, s'il le veut, devenir autre qu'il n’est. Cependant , on conçoit que ces différentes facultés finissent par se mettre dans un état d’équilibre et par contracter entre elles certains rapports dont nous cherchons à nous départir le moins possible. C’est l'état qui va le mieux à notre organisation; des causes accidentelles peuvent l’altérer , mais nous tendons toujours à y revenir. Des événements imprévus peuvent exciter nos passions , nous porter au mal comme aussi nous élever au-dessus de nousmêmes ; ce sont ces causes accidentelles qui nous font osciller plus ou moins autour de notre état moyen; et par cela même que les variations s’accomplissent sous leur influence, nos différents étals sout soumis à la loi de possibilité. Quant au libre arbitre, bien loin de jeter des perturbations dans la série des phénomènes qui s'accomplissent avec cette admirable régularité, il les empêche au con-

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