‹ L'instinct (volume 2)Chapitre 47 sur 72 · LES RACES · texte numérisé non relu

LES RACES

que le doute aujourd’hui n’est plus possible (1).

La chasse, la pèche, la culture, voilà les trois états sociaux élémentaires dans lesquels on peut • classer tous les peuples, toutes les tribus. Or, chacun d’eux entraîne nécessairement des conséquences qui font promptement diverger les mœurs, les institutions et les coutumes. Le chasseur a besoin d’un grand espace autour de lui : inévitablement guerrier, il considère tout prisonnier comme une bouche de plus à nourrir, et il le tue. Les pécheurs, s'ils habitent le long d’une mer poissonneuse, peuvent former des agglomérations plus considérables. Mais dès que la terre sera cultivée, la population deviendra dense et coutinuc , le prisonnier sera conservé comme esclave, etc... Or, chacun des états n’est évidemment engendré que par les nécessités des milieux où les représentants disséminés de l’espèce humaine ont été primitivement jetés. Si l’on prend les trois grandes masses de population qui représentent les trois types physiques, blanc, noir et jaune, dans chacune d'elles on retrouve ces trois états. Parmi les nègres, l’Australien est chasseur (2),

(1) Rapport sur les progrès de l'anthropologie, p. 370-379.

('2) Encore est-il capable d'adopter un autre mode d’existence. Dans l'ouvrage de M. Salvado on peut voir, h la fin du livre, une note du traducteur sur l'amélioration du sort des naturels. D’après les rapports officiels dos commissaires anglais, il a constaté qu’c a beaucoup d’endroits un nombre assez considérable

nETOl'RS APPARENTS A l’iXSTINCT.

le Cafre pasteur, le Guinéen cultivateur. Plusieurs populations blanches vivent encore à l’état de sauvages, tandis qu’il est parfaitement établi qu’au moyen âge le bassin du Niger a connu des empires . florissants. Veut-on des détails plus précis encore? Il n’est point de race qu’on ait mise à part de toutes les autres autant que la race sémitique , il n’en est point dont on ait aussi étroitement circonscrit le génie et pour ainsi dire fixé les destinées. Mais n’y a-t-il pas eu des Sémites industrieux, commerçants, navigateurs, civilisés comme ceux de Tvr, Sidon, Carthage, Babylone? et des Sémites nomades, pillards et barbares, comme ceux de l’Arabie Déserte etdel’ldumée? Est-ce que les Hellènes, les Romains et tous les peuples qui sont sortis d’eux n’ont pas changé leurs institutions, leurs lois et leurs mœurs selon les temps et les lieux ? Dans l’Inde même, cette terre classique de l’immobilité, on a pu trèsjustement opposer les Aryas primitifs , menant la vie patriarcale sous la loi de l’égalité, aux Hindous des âges suivants, soumis au régime des castes et créateurs d’une civilisation raffinée et corrompue (I).

Les croyances religieuses sont-elles plus que les

d’Australiens défrichaient, labouraient la terre et entretenaient des troupeaux.

(I) A. Sudre, Revue européenne, 15 mars 1861.

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