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CHAPITRE Vm

LE l’RINCII’E DE l’iNSTI.NCT ET LE PRINCIPE DE LA ME.

La scnsibilitc n'est qu’un mode particulier de l'aclivild. — Elle suppose donc une force ddjàcn action. — Le principe de la sensibilité et de l’instinct n’est autre que le principe de la vie. — Toutefois r.aclivité instinctive et l’activité vitale ne doivent pas être confondues.

Mais après avoir constaté cette liaison entre les instincts et la sensibilité, ne pouvons-nous pénétrer plus avant dans la nature de l’animal et y trouver une source encore plus reculée d’où jaillisse cette sensibilité même. Car enfin, sentir est-ce une manière d’étre irréductible et qu’on soit obligé de constater sans l’expliquer, sans la ramener à un fait plus général? Ici les apparences que nous fournit l’observation extérieure ne suffiraient pas. Interrompons-nous un instant pour demander à notre expérience intime ce que c’est que sentir, et ce que nous semblent impliquer les sensations dont jouissent ou souffrent également l’homme et l’animal.

1,E PniNCIPE DK l’i.NSTIXCT ET LE PEIXCIPE DK LA VIE. 13;{

C'est une chose bien démontrée , que dans la sensibilité dite intellectuelle ou morale, la vivacité et surtout (dans le sens où l’entendait Platon) la pureté du plaisir, sont en raison de l’activité que l’ùme déploie , soit que la vivacité de ses efforts triomphe de tout ohstable , soit qu’une force exercée et doublée par l'habitude rende l’effort môme inutile et assure à toutes les facultés de l'individu un facile et libre développement. La loi n’est pas différente pour les plaisirs qu’on nomme les plaisirs physiques et que nous partageons dans une large mesure avec les hôtes.

Les 'actions dans lesquelles nous nous sentons le plus heureux d’exister ne sont-elles pas celles où notre force physique peut, en se déployant , s’accroître et s’affermir, où elle s’atteste à ellemôme sa propre énergie en se multipliant dans le temps et dans l’espace? Sans doute nous hésitons bien souvent à sortir de notre inaction. C’est qu’une suspension trop prolongée de notre activité nous a comme engourdis, et que l’effort destiné à recueillir et à rappeler à nous toutes nos forces nous est devenu trop pénible. Si nous trouvons dans le repos un vrai plaisir, c’est que notre force étant bornée, le moment est venu assez vite où nous avons senti que nous approchions de la limite. -Nous nous sommes donc arrêtés à temps; jouissant encore du sentiment de notre énergie déployée.

13i LE PIU.NCIPE DE l’iNSTLNCT

heureux de pouvoir prévenir un épuisement pénible, nous acceptons ce repos réparateur, où nous sentons nos forces physiques se reconstituer. Bientôt le moment revient où, affermies, ces forces aspirent à s'exercer de nouveau. Alors le repos nous ferait souffrir; car une force non exercée s'affaiblit et tend à disparaître, en produisant dans l'étre tout entier un vide, un affaissement de toutes les énergies et par là un malaise douloureux.

Le plaisir qu'on éprouve à satisfaire sa faim n'at-il pas la môme origine? L’action môme de la vie produisant dans toutes les parties du corps une déperdition incessante, les sources de notre activité se tarissent : bientôt nos organes éjmisés refusent tout service. C’est alors que le travail de la digestion et de l'a.ssimilation des aliments nous fait sentir partout le retour de la vie, mettant à notre disposition des organes plus vigoureux et plus dociles. De là une variété croissante de sensations agréables qui , éveillant tour à tour chacun de nos sens, provoquent et encouragent notre activité à se manifester sous toutes ses formes.

C'est <pi'en effet cette activité plus apparente à laquelle nous nous livrons dans nos actions extérieures suppose un grand nombre d’activités élémentaires diffuses dans le corps tout entier et qui, à un moment donné, se trouvent résumées dans un acte unique où, fortifiées l’une par l'autre, cl-

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