I.A UtIEIlTK MORALi
s’ouvrent à un peuple ou à une race, sont toujours variés ; les directions dans lesquelles peut s'engager une masse d’hommes sont multiples. Mais plus le champ des observations s’élargit , plus les causes accidentelles s’évanouissent ; les chances de déviation diminuent en conséquence, et les causes universelles , c’est-à-dire rationnelles , pèsent d’autant sur les destinées sociales. Les hommes qui ont véritablement agi sur leurs siècles (1) sont ceux qui pouvaient servir de types à leur époque et qui résumaient en eux les aspirations et la raison de leurs contemporains. Quant à la généralité des hommes, ne croyons pas qu’elle suive toujours comme un vil troupeau. Elle continue elle-même sa marche, indifférente pour ceux qui viennent trop tôt ou trop tard, et brisant un jour ou l’autre l’œuvre des grands hommes eux-mêmes, s’ils ont voulu placer leur égoïsme ou leur orgueil en travers de la raison commune et du progrès. Donc les progrès soutenus et nécessaires du genre humain sont le résultat de la raison et par conséquent de la liberté.
Mais lorsqu’on descend de ces hauteurs et qu’on
(I) Nous di.sons : Ceux (|ui ont agi sur leurs sitcles , mais non pas nécessairement tous les grands lioninies. Il est des grands liomnu'S qui, trop supérieurs h leur époque . n’ont agi <|ue par la postérité et sur riiumanité en général.