‹ L'instinctChapitre 8 sur 51 · I.’lSSTlKCT ET LE MILIEU · texte numérisé non relu

I.’lSSTlKCT ET LE MILIEU

une harmonie vraiment préétablie préside aux instincts, les détermine et les dirige. Sans doute, chez les animaux supérieurs, le milieu interne s’isole et s'affranchit de plus en plus du milieu cosmique. Mais il subit toujours l’influence des conditions atmosphériques. Tous deux paraissent soumis à une loi de périodicité dont l’action toute-puissante ne s’arrêtera que devant l’universalité et la liberté des actions humaines. Nous pouvons donc, dans ce fait particulier, constater deux choses d’un égal intérêt. Nous y voyons d’abord qu’en dehors même de toute hypothèse et de toute conjecture, le milieu constant ou vit l’animal achève de déterminer et de fortifier l’impulsion, d’où nous semblent résulter les actes instinctifs. Car, à la périodicité des besoins cl des stimulations organiques vient s’ajouter la périodicité des stimulations extérieures. De plus , nous pouvons comme entrevoir cette gradation dans les mouvements émanés de forces distinctes mais destinées à s’équilibrer les unes les autres, et qui constituent, par-dessus l’unité du monde, la diversité infinie de ses phénomènes. Avant tout, se manifestent à nous les mouvements mécaniques de la matière. Ce sont les transformations multipliées de la force physique, les effets variés, divers, mais toujours égaux, de son inépuisable énergie. Ces mouvements se continuent en quelque sorte dans la vie des êtres qu’ils

LES MlUn\TIONS.

rapprochent ou séparent, transportent çà et là dans l'espace. Aussi , être physiquement entraîné dans les variations du milieu , n’est-ce pas encore là de l'instinct. Connaître les conditions d’existence dans lesquelles on se trouve placé, s’apercevoir de l'influence par laquelle on est sollicité, en jouir et en souffrir, chercher à discerner d’où elle vient, être à même de lutter contre les forces extérieures, de les faire servir à son usage, n’avoir quelquefois pas à sa disposition une énergie suffisante pour ne point céder à ces mobiles, mais pouvoir, en y cédant , savoir ce que l'on fait, o'est là l’intelligence. Enfin, vivre et se mouvoir dans une organisation et dans un milieu donc l’action combinée est sentie, puis céder purement et simplement à l’attrait physique par des moyens qui, eux aussi, se trouvent combinés à l’avance, encore une fois, c’est là l’instinct.

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