CHAPITRE VII
lT>stinct et le système nervelx.
Les impulsions d'oii paraissent r<5sultcr les instincts des animaux supi>osent un mccanismu intérieur <|ui assure le concours de toutes les parties de l'organisme. — Ce mécanisme est le système nerveux. — Rôle des divers centres nerveux. — Rôle du cerveau. — Le cerveau ne produit pas l'instinct. — 11 n’est nue la pièce maîtresse du mécanisme. — De Tunion de la sensibilité avec ce mécanisme résultent les instincts.
Nous avons essayé d'analyser les causes d’où résultent les actes instinctifs. Nous avons vu comment à une impulsion triple et une émanée de l’organisation, correspondent des mouvements complexes , au moyen desquels l'animal pourvoit à ses besoins. Nous pourrions à la rigueur constater ceci comme un fait et passer outre. Mais ne peut-on trouver le secret de ce consensus de l'organisme et de cette harmonie qui règle les mouvements de l'animal? Sans doute, il faut s’arrêter tôt ou tard devant un fait irréductible. Mais ne pouvons-nous
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recaler encore un peu plus loin celle limile ? El d’ailleurs, pourcompléler noire explicalion, n’avonsnous pas besoin de nous demander commcnl s’opère une pareille liaison ? Les besoins éprouvés , les sensalions venues du dehors , les organes appropriés, voilà bien les éléments, et chacun d’eux est comme ajusté à tous les autres, cela est vrai. Mais ne faut-il pas qu’un mécanisme intérieur en facilite le jeu réciproque et en assure la constante harmonie ? Adressons-nous aux physiologistes. Par delà les organes extérieurs , par delà les os et les muscles, ils nous décrivent tout un réseau de fibres sensibles et motrices qui enveloppe et pénètre le corps entier. C’est lui, nous disent-ils, qui donne la sensibilité, c’est lui qui donne le mouvement. C’est lui, disent même quelques-uns d’entre eux, qui, chez l’homme, produit la dernière et la plus haute manifestation du mouvement et de la sensibilité, la pensée.
11 est permis de douter que le système nerveux ait toutes ces vertus; mais à tout le moins est-il peu probable qu’il soit étranger aux actes instinctifs. Voyons donc ce qu’on en sait de moins incertain et cherchons quel rapport existe entre les fonctions qu’il accomplit et l’instinct.
Le système nerveux e,xiste-t-il chez les animaux inférieurs, chez les zoophytes par exemple? C’est encore un sujet de discussion parmi les savants.
l’instinct et le système nbbveux.
Ce qui est certain , c’est que le mot de système est ici de trop. Quelques physiologistes prétendent seulement que la substance nerveuse est disséminée dans le corps tout entier de ces animalcules, et que mêlée à tous les autres éléments elle leur communique par sa présence la sensibilité et la motilité dont ils jouissent. Il paraît en tout cas avéré que des animaux comme les hydres n’ont jamais présenté à l’œil du micrographe aucun tissu nerveux ; ce qui ne les empêche pas de posséder une grande force de contractilité ; car elles exécutent des mouvements de translation, soit en nageant, soit en rampant.
Le système nerveux paraît n’être, selon l’expression de M. Vulpian, qu’un appareil de perfectionnement, ou, comme dit plus clairement encore M. Claude Bernard (2), « un harmonisateur géné-
(t) O» va iiK'me plus loin. L’hydre d’eau douce, à laquelle ou a coupé la partie inférieure , dit M. le docteur lîouchut . ressemble à un vase sans fond. Eh bien! quand l’anim.al veut se nourrir d’une mouche , il la prend .avec ses tenhacules et l’introduit dans son sac ; mais la mouche s’en va par l’antre bout : alore que fait l’hydre? Elle serre sa proie et la maintient de force dans .son corps, pendant tout le temps de la dijîestion. Ici, dit M. Bouchut. l’animal raisonne sans cerveau ni cordon nerveux. {llevue des cours scienti/Ujues, l"oct. 1804.) Ün peut trouver que le mot de raisonnement est déplacé. Mais enfin voilà des mouvements et une sensibilité sans innervation, du moins apparente.
(2) Leçons sur le sijslènu' nerveux. Leçon XI».
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ral , nécessaire seulement dans les organismes compliqués pour obtenir des effets d’ensemble. »
Voilà donc un fait à signaler, l’instinct peut exister sans système nerveux, mais quand l’organisation elle-même peut s’en passer. En revanche, dès que nous trouvons des besoins plus étendus, exigeant des mouvements plus compliqués, des impressions sensorielles plus nombreuses , en un mot dès que la division du travail s’accuse dans les différentes parties de l’organisme, et que l’unité cependant n’est pas ébranlée, c’est alors que nous voulons connaître ce qui permet d'obtenir ces effets d’ensemble. C’est ici que se dessine devant nous le système nerveux proprement dit.
Un premier point à noter, c’est que la division du travail et la complication des organes ne vont jamais sans une centralisation proportionnée des forces nerveuses qui animent ces organes et président à leur travail. Rien ne démontre mieux cette grande loi que les phénomènes des métamorphoses. Dans les insectes, la larve contient le plus souvent autant de renflements ganglionnaires que de segments; dans l’animal parfait plusieurs coalescences se sont opérées, parce que des organes nouveaux ont apparu. Dans le papillon, au fur et à mesure que nous voyons augmenter avec le nombre et la diversité des fonctions le nombre et la diversité des organes, nous voyons que les centres
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nerveux se rapprochent et acquièrent plus d’unité. Nous arriverions au môme résultat en comparant une espèce à une autre. « Ces degrés de centralisation, )) dit un récent historien des insectes (1), « nous donnent la mesure précise de l’état de développement, on mieux de l’état de perfectionnement organique auquel l’espèce est parvenue. » Mais sortons de cet exemple particulier, prenons tout le règne animal , cette loi n’a pas d’exceptions. Plus on monte, plus on voit augmenter à 1a fois et le fractionnement de l’appareil nerveux et la concentration du système principal, auquel sont subordonnés tous les autres. « Faible chez les poissons, cette concentration augmente chez les reptiles ; elle augmente encore chez les oiseaux, pour acquérir son plus haut degré chez les mammifères et enbn chez l’homme (2). » Nous avons donc, avec le dernier progrès de la division du travail dans les différentes parties de la machine, le dernier progrès de la centralisation dans les appareils nerveux qui la dirigent.
Une seconde loi peut encore nous faire pressentir le rapport étroit qu’il existe entre le système nerveux et le genre de vie propre à l'animal. C’est que la conformation de ce système est en parfait
(1) Blanch.ml, Rame dru rourx sdent., l"juin tS67.
(2) Lcui'cf , Anal, du .tysl. mrveux , tome I , j>. 138.
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accord avec la disposition des organes d’où résnllenl les instincts.
Chez les inolliisqnes, dont le corps est tout en masse, le système nerveux n'a lui-mème qu'une <lisposilion confuse. Le corps des articulés a une CCI laine symétrie ; cette symétrie se retrouve dans leur système nerveux. Enfin chez les vertébrés, tous les membres se rangent avec un ordre plus parfait de chaque côté d'un tronc qui est la colonne vertébrale. Celte colonne, surmontée de la tète, enferme le cône médullaire central, de chaque côté chujucl viennent se rendre en ordre [mi faitement symétrique les nerfs qui enlancent et pénètrent tous les membres.
D'accord avec M. Longet, résumant et développant comme lui les travaux de Lafargue et de Bouvier, M. Lélut nous dit (I) : « Qu’on fasse le détail de tous les organes de sensation et de uiouveiiieut dont se composent la tète et le cou , organes qui, parleur disposition, leurs rapports, leur mécanisme, constituent un si admirable ensemble auquel il semble impossible de pouvoir rien changer; on restera convaincu que le cerveau, placé au-dessus de tout cet assemblage, n’a rien dans sa forme générale qui ne soit consécutif à celle qu’impose à
(1) Longet, Trait'.’ de phyjtolngie , II. Lélut. Physiologie de la pensée, t. IL
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la tête la réunion et le jeu de toutes ses parties.
» Dans la série animale , la forme du cerveau se modifie, non pas avec la nature et le degré de l’intelligence, mais suivant l'espèce de mouvements, soit de la face soit du reste du corps , qu’imposent à l’animal son genre d’alimentation et de progression, son genre de vie, en un mot. Le cerveau et le crAne, étroits et pointus en avant, quand par exempte l’animal, étant fouisseur, doit se servir de son front et de son museau pour creuser la terre ; larges au contraire , quand il lui faut pour se nourrir, pour voir et pour entendre, un large bouche, de vastes yeux, de vastes oreilles, entraînant le reste du crâne dans un sens bilatéral; développés en arrière, hérissés de crêtes osseuses, lorsque les exigences de l’équilibre ou celles du mouvement nécessitent elles-mêmes un telle forme. »
Si nous demandons maintenant à la physiologie comment fonctionnent ces appareils, voici ce qu’elle nous dira. Tous les centres nerveux président chacun de leur côté à quelques fonctions particulières; tel centre met en jeu le mécanisme de la voix , tel autre celui de la marche et de la station, tel autre rend possible un certain nombre de mouvements physiologiques, qui paraissent contribuer pour leur part à produire la sensation. Ces centres, on le sait, sont les masses nerveuses qui servent d’intermédiaires entre les nerfs de la sensation et
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les nerfs du mouvement, car elles sont le point d’arrivée des unes et le point de départ des autres. Or, ces centres, sont, dans une certaine mesure, autonomes , et se suffisent à eux-mémes ; chacun d’eux peut souvent, réduit à lui seul, rester le théâtre de mouvement réflexes importants et faire exécuter aux organes auxquels il préside les mouvements qui leur sont propres. Prenez une poule, un rat, une carpe, privés de leur cerveau; jetez l’un en l’air, imitez aux oreilles de l’autre le souffle du chat en colère, jetez le troisième dans l’eau. Ces excitations extérieures mettront en jeu un mécanisme tout prêt à fonctionner, la poule volera, la carpe nagera , le rat fera un brusque soubresaut. Si vous attaquez avec une pince tel ou tel membre d’un animal décapité , chaque point lésé réagira comme un ressort et fera mouvoir un mécanisme qui changera suivant le point attaqué. Chacun de ces centres a des usages spéciaux; et chacun d'eux contribue à préparer au principe, quel qu’il soit, qui gouverne la machine, des mouvements tout montés, pour ainsi dire, par avance, et tout prêts à se dérouler d’eux-mêmes.
.Ajoutons que dans les organismes compliqués dont la moelle épinière surmontée d’un encéphale assure l’unité, les centres nerveux entrent en rapport les uns avec les autres; toutes les parties deviennent solidaires. Ainsi une odeur particulière produira
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certains mouvements dans les organes reproducteurs. Ces mouvements détermineront à leur tour des sensations nouvelles : de là une deuxième série d’action réflexes, de mieux en mieux adaptées au but que semble poursuivre l'organisme.
Tous ces centres nerveux sont donc autant de (I cerveaux inférieurs dont la complexité correspond à celles de la fonction elle-même. » Au-dessus d'eux tous est le cerveau proprement dit. L'animal dont nous avons enlevé les lobes cérébraux semble n'agir qu'en vertu de réactions automatiques(l).
(1) Tout <>’ (1:10 nous voyons, » dit M, Vutpinn, « de la |ilivsiolo!ïio dos divor.sos |uiMios do roncôjdudo , luitros que les liéinisiilières céivbi'nu.v . tend à re.streiodre le rôle de eos liéiiiisidiè'res et en uiêine temps relever ce rôle et à uiontivr sa véril.aldi' disnité. Lorsriu’on dépouille le cerveau jiropreiiient dit des ntirilnits que l’on trouve dans la généralité des animaux, pour lui laisser uniquement les fonctions qui ne s’oliservent d’une façon nette, que chez les animaux supérieurs, on est assurément dans la bonne voie; car c’est ainsi seulement (pi’on peut s’exiiliquer la progression de son développement, au fur et ;’i mesure qu’on monte les di’grés de l’écliello anim.alc. »
Le cerveau cependant doit avoir un rôle précis dans 1 ■ mécanisme. Quel e.st ce rôle’.’ Pour nous l’apprendre, l’éminent physiologiste que nous suivons ici pas à pas met devant nos yeux deux animaux de la mémo espèce ; à l’un il laisse le cerveau . à l’autre il l’enlève. Or , le second exécutera se.s mouvements habituels, mais à une condition, c’est ([ue l’excitation instinctive ou volonbiire, comme on vomira l’aiipeler, soit remiilacée par une autre excitation arliOcielle. Si celte
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C'est seulement lorsqu'il a conservé ces lobes dans leur intégrité, qu'il exécute des mouvements vrai-
«lornicrc ne s(> [pi'oiluisait ])iis, l’animal restci'ait indéfinimcMil inininltile; elle inton enant . le iiuVanisine fonctionne et il'‘ nianii-re à iinxliiire une étonnante illusion.
.\insi . une iioiile sans cei-veaii non-seulement l'csiiiTc et ilifîèi'»', mais jetée en l'air, elle vole. De jiliis, elle si-eoue la têt', lissi' ses liluines, met su tête sous son aile, etc. Lespliysiolofiistes nous allirmimt que eliacuii (le ces mouvements est niactiinal, et voici ce qu’ils (lisent pour le prouver; ces mouvements sont dus à des e.Ncitations soit extérieures comme la douleur de la plaie, des iléniangeaisons dans un point (|Ueleonqiie du corps, un pincement où une ( liiquenaiide, soit intérieures comme la gène ou la fatigue. D’autres fois encore elles sont (lues à une association préétaldie. « Ainsi le mouvement [iliysique par letpiel un oisi'au cache sa tête sous son aile est un mouvi'iiient associé d’une façon machinale à ceu.x que suscite le sommeil. »
Xoici plus encore. Le contact de l’eau détiTmine à lui seul chez un hatraeien ou un jioisson la mise en jeu du mécanisme de la nage. Prenez une grenouille privée de son cerveau, jetez-la à rc.iu; elle nage iiarfaitement et gagne le hord, mais là elle iN'ste immohile ; si vous la r('jetez . (die recommence à nager et ainsi de suite. Une carpe dans le même état, placée au milieu d’un ha.ssin nage si hien . (pie ses allures paraissent n’avoir snhi aucun changement . Kn examinant hien , on voit seulement que le poisson mutilé se ment en ligne droite, ne tournant que lorsqu’il se heurte à un ohstacle et ne s’arrêtant que sous l’influence de la fatigue. Enfin des mammifi'res semblahlement opérc'S se com])orlent de même sous l’action des inc'mes excitations.
En résumé, (piand le cerveau subsiste, on remarque en jilus ce qu’on ap|)cdle la spontanenté des mouvements, mam
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ment spontanés et qu’il met lui-môme en jeu les divers mécanismes de ses organes. Aussi est-il de mode d'attribuer aux licmispbères ou lobes cérébraux la direction supérieur du corps tout entier. Cest là l’explication matérialiste.
Mais quoi? est-ce le cerveau lui-méme qui gouverne le reste du système? Est-ce lui qui sent, lui qui imprime le premier branle au mécanisme, lui enfin qui exécute des mouvements véritablement spontanés? Par quelle faveur échapperait-il donc à cet arrêt porté par la physiologie contemporaine « que la spontanéité des corps vivants n’est qu’apparente (1)? » Qn^nd les parties qui l’avoisinent, et qui sont composées de la même substance que lui, ne nous montrent qu'un enchaînement mécaniquedc phénomènes, comment irait-on loger dans ces deux lobes je ne sais quelle force supérieure à l’organisme tout entier ? Le cerveau n’est qu’une portion de matière comme le corps dont il fait partie ; comme le reste du corps, il est soumis à un déterminisme absolu , et rien de plus légitime que le langage des physiologistes tel que M. Vulpian, qui vous disent ; Voici le cerveau dé-
los inouvomcnls une fois roiiiim'iicos s’nccoin|ilissfiit sms lui dcmamlor .11101111 travail : cc sont d'autivs rouages du môcanismo qui fonotionnent,
(1) Cl. Bi’rnard, ftrrtie des D-'iijr-Mond-s , t"' août 1805.
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taché du système nerveux qui le contient ; quels phénomènes engendre-t-il ? Vous me parlez de volontés, de sensations, d’idées? mais qu’entendezvous par ces mots? Je n’aperçois pas, quant à moi, un seul mouvement qui ne se rattache à un meuvement antérieur; et dans ces fihres, je ne puis constater qu’une chose : des vibrations qui cheminent jusqu’à des cellules d'où elles sont irradiées dans l'organisme et font mouvoir les muscles. Sans doute les conditions des fonctions cérébrales nous sont encore imparfaitement connues, mais ce serait violer toutes les règles de l’induction que d'attribuer à cette masse plus ou moins compliquée de molécules une spontanéité qui n’appartient à aucune matière, ni à la matière brute ni môme à la matière organisée.
Assurément la physiologie n’a rien de mieux à apprendre du microscope et du scalpel, et la philosophie n’a rien de mieux à faire que de recueillir ces déclarations. « Les mécanismes vitaux , >) dit M. Cl. Bernard (1), « sont passifs comme les mécanismes non vitaux... La matière organisée pas plus que l’autre ne peut avoir conscience des phénomènes qu’elle manifeste par la réunion de certaines conditions, mais qu’elle ne produit pas... La matière ne peut avoir par elle-même ni la faculté
(1) li- i'iie lies DstiT-Moivi’s, t.’> (Ii-combro IStîT.
l’instixct f.t le système xervevx.
de penser ni celle de senlir. » Si donc l'animal nous présente inconleslablenient des sensations et des monvenients spontanés, il faut bien reconnaître en lui autre chose que le cerveau lui-méme. Le cerveau peut être une pièce très-ini|)orlantc du mécanisme indisircnsable à la manifestation de ces phénomènes; ce serait [tarler un langage antiscientilîquc que de voir en lui le mécanicien.
« Il est physiologiquement avéré, » dit M. Littré, « que le cerveau ne crée rien, qu'il reçoit tout. » 11 reçoit toutes les impressions qui partent de tous les points du corps pour arriver jusqu'à lui. Organes des sons, organes de la génération, organes de la nutrition, tout cela envoie dans le cerveau des vibrations qui se continuent et qui se transforment ailleurs. A moins donc qu’un principe étranger ne vienne ajouter son action soumise à d'autres lois, « le cerveau proprement dit est un centre de réactions automatiques (1). » L’acte dans lequel nous surprenons son travail « tout s[)onlané qu’il paraisse, n'en est pas moins un phénomène secondaire, consécutif (2). » Telles sont les expressions que nous trouvons dans l’un des ouvrages les plus considérables et les plus autorisés qu’on ait publiés
(t) Liiys , Itcili nhf sur k sylî'utc nerveux ecrêhro-spinal . I>. 322.
C2) l.uys , i>. 380.