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CHAPITRE V

LES ANOMALIES DE L'INSTINCT SEXUEL CHEZ L'HOMME

Les anomalies de l'instinct sexuel sont surtout caractérisées par un défaut d'harmonie entre l'évolution psychique et l'évolution somatique. Les troubles de la nutrition peuvent agir sur l'instinct sexuel comme les troubles de l'évolution.

L'évolution défectueuse de l'organisme peut se manifester par la précocité, par le retard ou par la perversion. L'évolution défectueuse peut aussi se manifester par ces trois groupes d'anomalies. *

Sans insister maintenant sur les perversions qui seront étudiées à part, nous devons relever l'importance au point de vue de la dégénérescence de l'espèce des anomalies de l'évolution ou de l'involution (Paradoxie de KrafTt-Ebing).

La précocité de l'évolution de l'instinct sexuel coïncide en général avec un certain degré d'exaltation, aussi bien chez la femme que chez, l'homme. C'est un rapport méritant d'être rapproché d'un autre signalé par Hannover qui a observé que les règles apparaissent à des intervalles un peu plus courts chez les femmes à menstruation pré-

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coce. La précocité de l'instinct sexuel, outre qu'elle est souvent nuisible à l'individu, n'est pas favorable à l'espèce. On sait que la génération précoce donne souvent des produits défectueux; et souvent même, les rapports sexuels prématurés, paraissent une cause de stérilité. Les mauvais effets de la précocité sur la descendance peuvent se manifester même lorsque l'un des partenaires a atteint son complet développement.

La tare est plus marquée lorsqu'il y a défaut d'équilibre entre le développement de l'instinct et celui des organes sexuels. Ce défaut d'harmonie entraîne généralement des perversions sexuelles ou coïncide avec elles. Toutefois l'inversion sexuelle se manifeste souvent chez des enfants dont les organes génitaux n'ont pas un développement prématuré.

Les premières manifestations de l'instinct sexuel à la puberté * se font souvent remarquer par l'absence de choix : l'âge, les qualités propres à déterminer l'attraction paraissent indifférents. Cette indifférence s'exagère dans les cas de précocité où les mauvais exemples peuvent déterminer des dépravations. L'indifférence sexuelle de la puberté a suggéré l'idée que l'inversion sexuelle peut être un arrêt de développement*. L'imitation qui permet de réaliser l'exécution d'actes normaux à un âge précoce peut avoir sa base dans l'hérédité ; celle qui aboutit à l'exécution d'actes anormaux trahit au contraire une dissolution des acquisitions ancestrales, liée à la dégénérescence, à un trouble d'évolution embryonnaire appréciable ou non par des caractères morphologiques.

Il faut distinguer les cas dans lesquels l'onanisme a pour origine une irritation locale causée par un phimosis,

(1) Marro. La Puberta, Torino, 1898.

(2) Havelock Ellis. Studies in the psychology of sex., 1897, t. I, p. 39.

la balanite, les oxyures du rectum ou du vagin, etc. Le grattage réflexe détermine des sensations agréables dont la recherche devient habituelle. Ces mauvaises habitudes qui se développent souvent de très bonne heure, sont primitivement indépendantes de l'excitation sexuelle.

La perversion instinctive se montre nettement dans un cas de Marc, où l'onanisme précoce coïncidait avec d'autres per\"ersions instinctives.

Le retard de l'évolution, s'il constituait une anomalie isolée, n'aurait d'autre importance au point de vue de l'espèce que de retarder les chances de reproduction ; mais l'observation montre que souvent le retard coïncide avec des anomalies et qu'il parait j entraîner une caducité précoce. La tératologie expérimentale nous montre d'ailleurs qu'en général les conditions qui nuisent à l'évolution produisent en même temps qu'un retard de développement, des anomalies et une caducité précoce.

La sénilité précoce apparaît souvent chez des individus aff'ectés d'infantilisme, ou de juvénilité persistante; on observe assez souvent la môme corrélation dans l'évolution du sexe. Mais l'évolution précoce n'est pas toujours spontanée, elle peut être provoquée par des maladies qui affectent la nutrition ou par des affections locales des organes génitaux. Elle peut être utile à la préservation de l'individu, mais elle est préjudiciable à l'espèce, au moins en diminuant les chances de multiplication.

Quant à l'évolution retardée, elle peut paraître au premier abord avantageuse à l'individu et à l'espèce, en mettant en évidence une exaltation de la vitalité. Il convient de faire des réserves. La détérioration des moyens d'attraction sexuelle coïncidant avec l'activité de l'instinct inspire souvent des moyens de conquête plus ou moins dépravés qui ne sont pas toujours inoffensifs. Cette

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dépravation fait perdre les avantages qui pourraient résulter de l'évolution des instincts sociaux à Tàge mûr. D'autre part nous savons qu'en général, les produits des générateurs âgés sont défectueux même lorsqu'ils se sont associé un partenaire d'âge mûr ou jeune.

Ces anomalies les plus simples de l'instinct sexuel aboutissent souvent à la production d'anormaux ou de malades ou à la stérilité ; on peut donc les considérer comme liées à la dégénérescence. D'ailleurs, si l'instinctse transmet héréditairement, c'est qu'il est lié à des particularités de structure ; ses anomalies sont aussi liées à des anomalies de structure qui peuvent coïncider avec des anomalies morphologiques .

Les manifestations de l'instinct sexuel jusqu'à un âge avancé ne doivent pas toujours être considérées comme pathologiques, mais il n'en est pas de même de leur retour après une suspension graduelle. Ce réveil est souvent le précurseur de la démence sénile, et il peut apparaître longtemps avant l'alTaiblissement intellectuel. Ce réveil symptomatique se manifeste d'ailleurs souvent sous une forme anormale : souvent il s'adresse à des enfants ou à des personnes du même sexe; il peut ne se montrer que dans les gestes et les paroles, mais il n'est pas rare qu'il s'objective par des actes plus caractéristiques, comme l'exhibition, les attouchements, le viol accompagné ou non de violence, de flagellation. Les déments séniles n'épargnent pas les animaux auxquels ils infligent en même temps des tortures. Tardieu, Brouardel, Lacassagne, ont remarqué qu'en général dans les attentats aux mœurs, Tâge de la victime décroît à mesure que croît l'âge du criminel. Chez les vieillards en effet la dissolution du sexe se manifeste assez souvent par la recherche de filles impubères ou même de jeunes garçons.

Mais la recherche des enfants n'est pas exclusive aux

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vieillards, on la retrouve aussi chez les individus épuisés parles excès, chez les cérébrasthéniques. Gepenchant peut se manifester d'une façon précoce et en apparence spontanément indépendamment de toute condition pathologique, chez des dégénérés. On en peut citer des exemples aussi bien dans un sexe que dans l'autre. Magnan a rapporté l'exemple d'une fille de vingt-neuf ans qui éprouvait une attraction anormale pour un petit garçon de deux ans *.

Si on doit considérer la conservation de l'espèce comme une fonction de l'individu sain, l'absence du désir sexuel ne peut pas être conciliable avec l'état de santé ^. Cependant Hammond admet l'existence d'hommes normaux n'ayant jamais eu de désirs sexuels. Zacchias a signalé chez la femme la naturœ frigiditas qui est beaucoup plus fréquente que Tanesthésie de l'homme et souvent liée à un état névropathique; elle se traduit souvent par une lenteur extrême de la production de l'orgasme ou des défaillances.

La frigidité peut être liée à des anomalies des organes génitaux, elle est fréquente dans tous les cas d'ambiguïté sexuelle '.

La femme est sujette à une frigidité physiologique fréquente à partir de la fécondation et se prolongeant après

(1) Magnan. Des anomalies^ des ahei^^atîons et des perversions sexuelles {Ann. méd. psych., 1885, 7« série, t. I, p. 455).

(2) Belkowsky. Ein eigenthiimlicher Fall von Impotenz aus Mangel des Geschlechtstriebes (Allg. Zeitsch. f. Psych., 1899, LV, 5, p. 717).

(3) J.-C. Carson and Alois F. Hedlicka. An interesting case of pseudo hermaphroditismus masculinus camp le tus (Albany Med. minais, 1897, n» 10).

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raccouchement jusqu'à la réapparition des règles; elle se prolonge souvent pendant Tallaitement.

L'absence de désir est plus souvent acquise. Elle peut être la conséquence du défaut d'excitation, surtout sous l'influence d'une activité physique ou mentale très intense ; mais alors elle n'est pas définitive. Elle peut être temporaire ou définitive à la suite d'excès sexuels. Bien qu'on puisse voir le désir survivre à la cessation de la fonction menstruelle ou l'ablation, ou à la destruction pathologique de l'ovaire ou du testicule, en général la perte de l'organe entraîne la perte de la fonction. Les troubles de la nutrition générale ont aussi une grande influence sur la fonction sexuelle qui est souvent suspendue ou détruite par les infections ou les intoxications dans le diabète, dans le morphinisme, le cocaïnisme, le caféisme. Souvent Tabsence de désirs a une origine toxique que l'on peut attribuer aux bromures, au plomb (Tanquerel des Planches), à l'antimoine, à l'arsenic (Orfila, Devergie, Delioux de Savignac, Rayer, Biett, Charcot), au sulfure de carbone (Delpech), à l'iode.

L'alcool qui a eu longtemps la réputation d'augmenter les désirs comme l'énergie motrice*, n'a cette action que d'une façon tout à fait éphémère. Il diminue la résistance aux tendances perverses (Anstie , Marie Manacéine ^ , Forel, etc. ^), qui sont plutôt liées à l'impotence; l'absence de désirs vient bientôt. Dans l'alcoolisme, comme dans la neurasthénie en général *, les désirs sexuels sont quelque-

(1) E. Destrée. Influence de Valcool sur le travail musculaire {Jouim. méd. de Bruxelles, 1897, p. 547, 573). — De Boeck et Deladrier. De V influence de Valcool sur le travail musculaire (ibid., 1899, p. 43).

(2) Marie Manacéine. Le surmenage mental dans la civilisation, 1890, p. 120.

(3) G. Scagliosi. Valcool nelle perversioni sessuali e nelVepilepssia (Riformamed., 1898, IV, p. 75),

(4) Th.-D. Savill. Clinical lectures ou neurasthenia, 1899, p. 33*

fois augmentés pour un temps, mais la puissance sexuelle est généralement diminuée.

Les lésions de la moelle épinière qui affectent directement ou indirectement le centre génital peuvent aussi produire l'anesthésie qu'on observe encore dans certains cas de lésions de Técorce du cerveau, notamment dans la paralysie générale progressive. Ce que réalisentdes lésions grossières et permanentes de Técorce, des troubles de nutrition peuvent le reproduire comme on le voit dans l'hystérie, l'hypochondrie, la mélancolie.

La neurasthénie se trahit souvent par des troubles de la sexualité * plus fréquents chez l'homme que chez la femme ; ils consistent principalement en une excitabilité excessive coïncidant avec une impuissance d'abord relative et quelquefois absolue et s'accompagnant de perversions diverses.

La préoccupation mentale peut^ supprimer les désirs sexuels sous quelque forme qu'elle se présente : travaux de l'esprit *, émotions, etc. Le désir peut être interrompu par des représentations rendues inséparables de l'excitation sexuelle par association, comme une image comique (Hammond) ou une scène de violence.

L'instinct sçxuel peut être altéré consécutivement à des troubles fonctionnels ou à des lésions organiques des organes génitaux qui peuvent être affectés dans leur sensibilité, leurs sécrétions et leur motilité.

La sensibilité peut êti'e diminuée ou troublée ; les organes génitaux peuvent être affectés d'anesthésie ou de dysesthésie. Ce qu'on désigne sous le nom de d'hyperesthésie, de sensibilité exaltée, ne doit pas être considéré

(1) G. Beard. Sexual neurasthénie y etc., 1884. — A- Eulenburg. Sexuale génitale Neurosen und Neuropsychosen de*^ Mœnner und Frauen^ Leipzig, 1895.

(2) Réveillé-Parise. Physiologie et hygiène des hommes livrés aux travaux de V esprit ^ 1853.

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comme un perfectionnement de la sensibilité, mais bien plutôt comme une sensibilité douloureuse ou une excitabilité anormale qui détermine des réactions fortes pour des excitations faibles.

La sécrétion peut être diminuée ou augmentée. L*aspermie et la polyspermie de Thomme ont leurs analogues chez la femme ; Tovulation peut manquer ou augmenter de fréquence. Il n'est pas rare même de voir des femmes affectées d'anomalies de Tinstinct sexuel, présenter des fluxions intercalaires se reproduisant à une époque fixe de la période intermenstruelle et se manifestant par une douleur locale* avec pesanteur et quelquefois même par un écoulement peu abondant et des phénomènes d'excitation corrélatifs.

Les troubles moteurs sont surtout liés à des affections spinales ou cérébrales qui peuvent agir directement sur l'érection et sur l'éjaculation, mais ils peuvent aussi être d'origine réflexe.

La plupart des anciens et en particulier Galien confondirent le priapisme et le satyriasis. C'est Paul d'Egine qui paraît avoir le premier établi la distinction entre le satyriasis, maladie qu'on peut considérer aujourd'hui comme une forme de délire aigu, et le priapisme, symptôme.

Le priapisme est caractérisé par Térection extrême du pénis dont la courbure s'exagère avec la distension ; cette érection s'accompagne d'une sensation d'étranglement et d'ardeur douloureuse à l'exclusion de tout désirvénérien. Ce symptôme plus ou moins durable, est quelquefois simulé par un épanchement de sang dans les corps caverneux d'origine traumatique ; il est souvent réflexe, et se développe en conséquence de là simple plénitude de la vessie 2 ou de lésions incitatives de l'urètre, de la vessie,

(1) M. Fassina. Des douleurs intermenstruelles. Th. 1899.

(2) J.-R. Smith. Idiopathic priapism (The New Orléans jour n, ofmed., 1869, XXII, p. 57).

des vésicules séminales (d'irritations mécaniques, équitation, voyages en voiture) ; mais il peut être produit par Tingestion de cantharides.Goltz a vu que lorsque Ton coupe la moelle au-dessus du centre génito-spinal chez le chien, l'érection est plus facilement [provoquée. Il peut être la manifestation locale d'états névropathiques multiples, affections encéphaliques ou médullaires, maladies infectieuses, tétanos en particulier, névropathies*. L'épilepsie ne figure dans son étiologie que d'une manière un peu vague ^.

Taylor a fait récemment à l'Association américaine des chirurgiens génito-urinaires une communication sur le priapisme dont il donne une classification étiologique dans laquelle on ne trouve point l'épilepsie '.

Cependant Hargis* avait observé un nègre, non épileptique, sujet après le coït à des crises de priapisme paraissant dues à un état spasmodique et cédant au bromure de potassium. Et Legros Clark ^ cite un individu qui succomba dans le coma à une affection de la rate et qui avait présenté outre des attaques d'épilepsie plusieurs attaques de priapisme du corps caverneux seul, des migraines, du délire, etc.

En raison de la nature au moins douteuse de ces cas, le fait suivant m'a paru mériter attention.

(1) Ma^nan. Des anomalies^ des aberrations et des perversions sexuelles {Ann. med. psrjch., 1885, 7» série, t. I, p. 451).

(2) Spring, Van Lair. et Masius. Symptomalologie ou traité des accidents morbides, t. II, p. 1047.

(3) Médical News, 1897, LXX, p. 775.

(4) R.-B.-S. Hargis. Obs. on persistent priapism. with a case treated successfully by tlie bromide of potassium (The New Orléans journ, of med., 1869, XXII, p. 442).

(5) Legros Clark. Some records of sargical expérience (Saint- Thomas's hosp. Rep., 1887, XYI, p. 19).

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Observation IL — Friapisme épilepHqueK — 0...,12 ans. — Son père est un homme de 40 ans, vigoureux, bien portant. Il a deux frères un peu plus jeunes, indemnes de tares nerveuses. Le grand-père a 78 ans et la grand'mère 76, tous deux d'une remarquable santé.— Sa mère a 33 ans, aussi sans antécédents névropathiques et bien portante ; elle a un frère plus âgé qu'elle qui a eu plusieurs attaques de rhumatisme articulaire aigu, mais n'est pas nerveux. Le grand-père est mort d'apoplexie cérébrale à 66 ans, la grand'mère est morte d'un cancer de l'utérus à S5 ans.

0... a un frère d'un an plus âgé et deux sœurs de 2 et de 4 ans plus jeunes qui sont bien portants, ont été sujets à des fièvres éruptives et à des angines, mais n'ont jamais eu aucun trouble nerveux ni aucune anomalie de croissance jusqu'à présent.

Lui-même est né à terme comme les autres, mais la grossesse avait été troublée par une peur au sixième mois. Il est venu au monde chétif; s'est bien porté cependant jusqu'à Tépoque de la première dentition, où il a eu à plusieurs reprises des convulsions.

Il a marché et parlé à l'âge normal comme ses frères et sœurs et a été propre de bonne heure. Il a eu la scarlatine, la rougeole sans accidents nerveux. A 9 ans et demi il a eu, dans l'espace de six semaines, quatre accès convulsifs avec perte de connaissance, miction, morsure de la langue, stupeur consécutive. Il n'a gardé aucun souvenir de ces attaques, et on ne sait si elles étaient annoncées par des phénomènes subjectifs quelconques.

Quand il fut débarrassé de ses vers, les attaques convulsives n'ont plus reparu, mais elles ont été remplacées par des éblouissements que l'enfant décrivait et décrit encore d'une manière très précise. Tout à coup, généralement dans les premières heures de la matinée, les objets et tout ce qui l'entourait paraissait rouge, puis au bout d'un instant l'intensité de la couleur augmentait rapidement et il ne voyait plus que du rouge, toutes les formes disparaissaient. Il avait une sensation de

(1) Ch. Féré. Priapisme épileptique [la Médecine moderne, 1899, p. 74).

FÉRÉ. — L'Instinct sexuel . 1

no l'instinct sexuel

nausées, et expulsait par régurgitation deux ou trois gorgées de liquide clair. Le tout durait environ une minute, il ne perdait pas connaissance, entendait ce qui se disait autour de lui, mais il était très pâle et avait Tair ahuri.

Ces crises d*érythropsie se sont reproduites une ou deux fois chaque jour pendant environ deux mois, puis elles ont disparu toiit à coup sans alternative ni éloignement préalables. On avait, dans cet intervalle, donné plusieurs fois des vermifuges, mais il ne s'était produit aucune expulsion de vers. Pendant deux ans, la santé de l'enfant fut parfaite : il était exempt de tout trouble nerveux, son sommeil était bon. Une nuit, vers deux heures du matin, le père fut réveillé par uh grand "cri : il se précipita vers le lit de son fils et il le trouva découvert, tenant le pénis à deux mains et se tordant de douleur. Il existait une érection très intense ; le gland, complètement, était distendu et violacé. Presque instantanément, il s'est fait une résolution complète. Il y avait de la lumière dans la chambre, le père s'était levé tout de suite au cri, il avait été très frappé de cette chute subite, d'autant plus que l'enfant n'avait pas paru avoir conscience de son arrivée. Malgré les pleurs de l'enfant, il conservait des doutes sur l'origine du phénomène, ou plutôt il était convaincu qu'il y avait eu une provocation, puis une surprise ou de la douleur. L'enfant fut surveillé de près, mais on ne put surprendre aucune trace de mauvaises habitudes. Un mois plus tard, la même scène se reproduisit, à peu près à la même heure; puis encore quinze jours plus tard, une heure environ après le coucher. Deux heures plus tard, on entendit l'enfant pousser un cri étrange, et on le trouva en pleines convulsions, l'écume à la bouche, ^.u bout d'une minute ou deux, il retomba dans un sommeil profond, et ne se réveilla que le lendemain matin, courbaturé, hébété. Il avait uriné dans son lit et s'était mordu la langue. Il paraissait complètement remis lorsque, six semaines plus tard, au milieu du déjeuner, on le vit tout à coup prendre une expression d'effroi, pâlir, et porter brusquement les deux mains aux organes génitaux en criant ; on constata la même érection violente qui, au bout d'un temps qui n'a pas dépassé deux minutes, est tombée brusquement. L'enfant n'avait pas

IS

Mife.

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perdu connaissance. Il a décrit à plusieurs reprises, uniformément, le phénomène comme un choc brusque, terrible, avec distension presque instantanée et bientôt extrêmement douloureuse.

Quelques jours plus tard, l'enfant a commencé un traitement bromure : pendant les six mois qui ont suivi, il ne s'est produit ni accès convulsif, ni accès de priapisme, mais plusieurs vertiges, avec perte de connaissance, qui doivent inspirer des réserves sur le résultat définitif du traitement, mais qui servent au moins à confirmer le diagnostic.

Il n'a existé aucune cause d'irritation locale : ni constipation, ni vers intestinaux, ni lésion de la verge ou de l'urètre. La miction est facile et normale ; le prépuce n'est pas étroit, et sa muqueuse pas plus que celle du méat et du gland ne présente aucune trace de lésion irritative, les testicules ont leur volume normal, sont bien descendus et ne peuvent pas être repoussés dans les trajets inguinaux. Il n'existe aucun signe de puberté, ni du côté des organes génitaux ni du côté du larynx ; rien d'anormal dans les régions mammaires.

Ces accès de priapisme se manifestant brusquement et cessant de même, d'une durée très courte, coïncidant avec des attaques convulsives et des vertiges, supprimés ou au moins, éloigaés par le traitement bromure peuvent être, il me semble, considérés à bon escient comme des manifestations épileptiques.

D'ailleurs si on faisait des réserves sur les caractères positifs de la nature épileptique de ces paroxysmes, on éprouverait une grande difficulté à les rattacher à un autre état morbide. On observe, il est vrai, quelquefois chez les ataxiques du priapisme et du clitoridisme sous forme d'accès analogues aux autres crises paroxystiques ; mais dans les cas que j'ai observés et que j'ai rencontrés aussi chez des paralytiques généraux (qu'on pourrait rapprocher d'ailleurs dans l'espèce des épileptiques), ces crises étaient graduelles à leur début et à leur terminaison et surtout plus durables, se rapprochant par consé-

quent des priapismes qu'on observe dans diverses affections de la moelle épinière ou à la suite des traumatismes spinaux.

Où commence l'excès du désir sexuel ? Emminghaus admet que le réveil immédiat du désir après sa satisfaction, ou son excitation par des objets qui n'ont pas normalement cette propriété caractérise l'anomalie.

Cet excès peut se manifester à propos de crises physiologiques, à la puberté dans les deux sexes, comme prélude ou à la suite des périodes menstruelles et à la ménopause chez lés femmes. L'euphorie consumptive des phtisiques peut se manifester sous forme d'excitation sexuelle. Les irritations locales des organes génitaux ou des organes voisins peuvent la provoquer surtout chez des individus nerveux. Les excitations sensorielles peuvent produire le même effet chez les mêmes sujets. L'hyperesthésie sexuelle peut être épisodique ou passagère dans certaines affections sujettes à des alternatives dans leur marche, dans la paralysie générale, dans la démence sénile. Les lésions médullaires produisent rarement l'augmentation des désirs sexuels ; cependant on la retrouve assez souvent dans les antécédents des ataxiques, et je suis porté à croire qu'elle joue plutôtchez eux le rôle de symptôme que celui de cause : ne fait pas qui veut d'excès sexuels.

L'excitation sexuelle symptomatique, s'objective généralement par des rapports normaux ; mais quelquefois son caractère morbide s'accentue par la coïncidence d'anomalies instinctives : onanisme, bestialité,^ homosexualité, etc.

Dans l'excitation sexuelle symptomatique, l'équilibre des facteurs physiques, intellectuels et moraux de l'activité sexuelle est souvent rompu ; l'un d'eux prend

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uae importance inusitée plus ou moins exclusive et une circonstance qui, en général, n'a qu'une influence négligeable, acquiert un rôle primordial. Le plus souvent ce sont les facteurs physiques qui sont exclusivement en cause et les réactions sont exclusivement physiques, mais il n'en est pas toujours ainsi. L'excitation sexuelle vésanique peut jeter quelque lumière sur ce sujet.

Bail * admet trois formes d'excitation sexuelle : la forme hallucinatoire, la forme aphrodisiaque, la forme obscène.

1° Dans la forme hallucinatoire l'excitation résulte d'hallucinations relatives aux organes génitaux. Quel que soit son sexe le malade est victime d'attouchements variés qui provoquent un éréthisme plus ou moins permanent. Ces hallucinations peuvent faire partie d'un délire de persécution. L'excitation d'ailleurs n'est pas exclusivement déterminée par des hallucinations tactiles des organes génitaux. Toutes les hallucinations des sens dont l'excitation peut déterminer par association ou par suggestion l'excitation sexuelle, peuvent avoir le même efl'et, en particulier les hallucinations olfactives (Krafft-Ebing, Savage) ^ et visuelles.

Cette excitation hallucinatoire peut se produire sous forme épidémique dans un milieu favorable à l'hystérie ; on en a vu plusieurs exemples célèbres dans les couvents, ils ont donné lieu à des procès retentissants. Ces hallucinés peuvent accuser les personnes de leur entourage ou celles qui sont accidentellement en contact avec eux ; il n'est pas prudent de les visiter sans témoins.

Les hallucinations peuvent être précédées par des obses-

(1) B. Bail. La folie erotique, 1888.

(2) F. St. John Bullen. Olfactory hallucinations in the insane (The jour, of mental se,, 1899, p. 530).

sions. Les idées obsédantes relatives à l'instinct sexuel ne coïncident pas nécessairement avec une excitation physique, on peut même les voir se développer chez certains neurasthéniques héréditaires à mesure que l'impuissance s'accentue.

2° L'excitation sexuelle à forme aphrodisiaque est caractérisée par l'exaltation de l'appétit sexuel. Cette exaltation s'observe dans un grand nombre de maladies mentales. Elle n'est pas rare chez les imbéciles. On la voit chez bon nombre d'excités maniaques, particulièrement dans la puerpéralité ; elle est fréquente dans la première période de la paralysie générale progressive. Elle a des rapports remarquables avec les délires religieux ^

Peut-elle constituer à elle seule toute la maladie comme le veut Bail, qui n'en donne comme exemple que la vieille femme de Trélat, sur laquelle il est permis de faire des réserves? Que l'excitation aphrodisiaque soit continue, ou intermittente comme la dipsomanie, elle paraît toujours liée à d'autres tares.

3° L'excitation sexuelle à forme obscène de Bail se rencontre chez des sujets dont le langage, l'attitude et les gestes sont constamment lubriques, sans que l'état physique réponde à cette excitation psychique. Ce sont, dit-il, des fanfarons du vice, le plus souvent impuissants. Cette forme se rencontre dans la démence sénile, dans la paralysie générale, dans l'excitation maniaque de l'hystérie et de la puerpéralité principalement.

On désigne souvent sous les noms de nymphomanie et de satyriasis des formes d'excitation sexuelle intense. Bail réserve avec raison ces deux termes à une affection grave résultant d'une lésion des organes génitaux ou des centres nerveux; on la voit à la suite d'infections ou de

(1) J. Weir. The psychical corrélation of religions émotion and sexual désire, 2» éd., 1897.

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chocs moraux ou physiques. Chauffard, d'Avignon, a vu le satyriasis à la suite d*une chute sur la nuque *.

On peut distinguer deux formes, une chronique qui s'exprime par une excitation sexuelle exagérée et moins dangereuse, et une forme aiguë souvent accompagnée de fièvre à marche rapide et souvent terminée par la démence ou par la mort. La caractéristique est Tinsatiabilité du désir dont la satisfaction n'est suivie d'aucune détente. Les troubles généraux qui l'accompagnent rappellent assez bien le délire aigu, mais les conditions anatomiques en sont encore mal connues. Le satyriasis, fureur erotique de l'homme, ne diffère guère de la nymphomanie, fureur erotique de la femme, que par l'intensité de ses tendances aggressives ; il est plus rare. Les images sexuelles remplissent l'esprit sous forme d'illusions ou d'hallucinations.

Le satyriasis comme la nymphomanie ne constituent pas toujours des formes de délire aigu ; ils ne sont quelquefois qu'un symptôme épisodique d'une psychopathie, comme la paralysie générale, la démence sénile, la folie périodique ou à double forme. On peut les rencontrer encore chez les dégénérés sous forme de crises impulsives, irrésistibles, angoissantes.

La nymphomanie peut se présenter sous forme platonique ; Gharcot et Magnan ont cité une femme qui n'avait jamais cédé à ses désirs. D'autres fois l'excitation génitale est telle qu'elle est mise en jeu par des excitations douloureuses. Mantegazza cite une nymphomane qui éprouva une pollution au moment de la section du clitoris.

On peut ranger parmi les obscènes les exhibitionistes de Lasègue ^, qui prennent plaisir a exhiber en présence

(1) Chauffard. Satyriasis consécutif à un coup sur la région occipitale inférieure {Arch. gén. de méd.^ 1829, t. XIX, p. 263).

(2) Ch. Lasègue. Études médicalesy 1884, t. I, p. 692.

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d'enfants, de filles, de femmes, leurs organes génitaux. L'excitabilité morbide se traduit souvent par le besoin d'activité sans la puissance d'activité : il n'est pas rare que l'exhibition ne s'accompagne d'aucun éréthisme local ; tout se borne à une mimique sans résultat autre que le scandale. D'autres fois l'exhibition en présence d'enfants ou de femmes provoque une excitation physique suivie de manœuvres qui aboutissent au spasme. L'exhibitionisme constitue un syndrome commun à un grand nombre d'états morbides ; on le rencontre chez les faibles d'esprit, les idiots et les imbéciles ; chez les paralytiques généraux principalement au début, plus souvent chez l'homme, mais aussi chez la femme (Magnan) ; chez les déments séniles, chez les alcooliques, chez les épileptiques. Chez les dégénérés il se présente souvent sous une forme angoissante ; et les crises sont fréquemment provoquées par un appoint alcoolique. Il s'est manifesté quelquefois dans le somnambulisme. Les exhibitionistes se font souvent remarquer par la répétition des mêmes actes sous une forme en quelque sorte stéréotypée.

L'érotomanie constitue une forme idéale (platonique, céladonique) de l'amour morbide, l'appétit sexuel avec ses accompagnements physiques lui est, en général, complètement étranger. La représentation de l'être ainsi s'impose à l'esprit ; c'est une obsession sans rémission. L'érotomane fait en quelque sorte abstraction de sa personnalité, c'est un idéal qu'il poursuit. Ce peut être un besoin de possession, une tendance conjugale sans élément sensuel et sans réaction, une sorte de gamomanie i, ou désir de possession morale d'un individu de l'autre sexe. Le désir de possession, quelle que soit sa forme, peut être provoqué soit par l'ensemble des qualités de

(1) Legrand du Saulle. Obs. d'un cas de gamomanie {Gaz. des hôp„ 1857, p. 42).

ANOMALIES DE l'iNSTINCT SEXUEL CHEZ l'hOMME H7

la personne qui en est l'objet, soit par une qualité spéciale, soit encore par un caractère physique ou moral sans importance aux yeux du commun : c'est-à-dire qu'il existe un fétichisme érotomaniaque. L'érotomanie s'accompagne d'angoisse comme la dipsomanie ou la kleptomanie ; elle peut être tout aussi irrésistible.

L'érotomane objective son idéal dans la personne qui a frappé son attention, et il en arrive à lui attribuer les charmes qui lui sont le plus étrangers, toutes les qualités qui peuvent successivement provoquer le désir dans son imagination : il réalise au plus haut degré ce que Stendhal * désignait sous le nom de « cristallisation ». Don Quichotte attribuait des mains de princesse à une fille d'auberge. Du reste l'érotomane s'adresse en général à une personne d'une position plus élevée que lui, une reine, une princesse, une actrice célèbre. C'est la reine du ciel, la sainte Vierge qui a le plus souvent inspiré la folie de l'amour chaste. L'erotique semble aimer l'inaccessible. On peut rapprocher de lui certains amoureux idéalistes qui ayant trouvé dans une personne un des caractères qui les impressionnent particulièrement, exigent d'elle qu'elle ait toutes les qualités qu'ils associent à ce caractère dans leur idéaP. Cette forme d'anomalie est aussi négative des fins de l'instinct sexuel que l'érotomanie. Poster Scott ^ range aussi l'amour romanesque parmi les formes anormales de l'amour : quand le roman finit, l'amour finit aussi, dit-il.

Les érotomanes réagissent très difl'éremment à leur passion amoureuse; le plus souvent ils sont entreprenants et même agressifs et persécuteurs. Cependant cer-

(1) De Stendhal (Henry Beyle). De V amour. — Le rameau de Saltzbourg.

(2) Ch. Féré. La pathologie des émotions, 1892, p. 435. (Paris, . F. Alcan.)

(3) J. Foster Scott. The sexual instinct. ^ ^tc, p. 141*

tains débiles se bornent à gémir de leur indignité et la subissent avec une résignation relative. Du reste, chez les imbéciles et les débiles, Tamour, quand il ne se montre pas irapulsifjusqu'à la violence, est souvent capable de toutes les résignations, acceptant les humiliations les plus révoltantes.

Mantegazza, considère que la coquetterie, qui n'est qu'une forme de l'art de séduire et de conquérir, appartient à la pathologie K Bien qu'elle existe chez l'homme, elle est plus fréquente chez la femme. L'amour-propre y occupe une si grande place que son étude rentre plutôt dans celle de l'orgueil que dans celle de l'amour. La séduction physiologique est un besoin, la coquetterie est un vice. Le besoin de plaire est une des nécessités les plus fondamentales de l'amour, et l'un de ses instruments les plus actifs; la coquetterie est à elle-même sa propre fin. Quand la conquête est faite, la séduction physiologique désarme ; la coquetterie, au contraire, est permanente. (( Dans les cas les plus graves, dit Mantegazza, le cœur ne peut se donner à aucun, parce qu'il est promis à tous, et l'atroce fatigue de plaire à un grand nombre lasse tellement le sentiment qu'elle rend impossible le développement d'une affection sérieuse. » La coquetterie exaltée exclut l'amour ; malgré les apparences, elle constitue un caractère de la dissolution de l'instinct sexuel. Du reste, il n'est pas rare de la voir coïncider avec des anomalies des réactions sexuelles et la stérilité qui constituent des caractères de la dissolution du sexe.

La coquetterie peut exister d'ailleurs en dehors de la sexualité dont elle est la négation dans la forme que Nacke* appelle Narcismus ou amour de soi-même.

(1) P. Mantegazza. La physiologie de V amour (trad. de la 4" éd. ital.), p. 85.

(2) P. Nâcke. Die sexuellen Perversilâten in der Irrenanstall {Psychialrische en Neurologische Bladen, 1899, p. 428)*

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Dana les deux sexes, la jalousie peut se manifester comme une anomalie de l'instinct relatif à la poursuite ou à Tattraction sexuelle. La jalousie constitue une douleur morale qui peut avoir pour cause légitime un sentiment blessé, amour ou amour-propre, une atteinte à la propriété, mais qui souvent se manifeste sans provocation, par une suspicion habituelle, constitutionnelle en quelque sorte. C'est une véritable psychalgie où Tamour-propre tient plus de place que l'amour. La nature asexuelle de la jalousie-psychose se montre surtout lorsqu'elle s'exerce à propos de personnes qui n'ont rien à faire avec la concurrence sexuelle, comme les parents de ceux qui l'excitent. Elle est liée à la débilité nerveuse. Plus souvent que les hommes, elle conduit les femmes à l'asile d'aliénés^ ; c'est en effet souvent une véritable folie ^ ; elle se développe souvent à la puberté ou à la ménopause ^ ; elle peut être liée à l'hypochondrie * ; mais elle se montre souvent sous la forme obsédante chez les dégénérés ; elle peut se manifester sous forme d'accès d'anxiété chez les épileptiques ^. La prédisposition à la jalousie de l'adulte peut être mise en lumière par l'existence d'accidents analogues dans l'enfance : les enfants nerveux sont, comme on sait, sujets à des jalousies provoquées aussi bien par des animaux, par des objets que par des personnes *.

Les conditions de dépression générale soit d'ordre phy-

(1) Virey. Art. Jalousie. Dict. des se. méd., XXVI, 1818, p. 303.

(2) Trélat. La folie lucide, 1861, p. 137. — Dorez. La jalousie morbide, i\i. 1889.

(3) P. Bruant. De la mélancolie sin^enant à la ménopause, th. 1888, p. 55.

(4) A. Journiac. Rech. clin, su?' le délire hypocliondriaqiie, th. 1888, p. 34.

(5) Gh. Féré. Les phobies épileptiques [la médecine moderne, 1898, p. 183).

(6) Joux. Sur la jalousie considérée comme cause de maladies dans le jeune âge [Gaz, des hôpitaux, 1853, p. 447).

sique, soit d'ordre moral dans lesquelles se développe

ordinairement la jalousie morbide', indiquent assez qu'elle

constitue un caractère de dissolution. Chez les dégénérés

la jalousie symptomalique peut s'adresser aux animaux '.

On considère quelquefois la jalousie morbide comme

le résultat d'un amour exalté, mais en réalité il s'agit en

général de toute autre chose. Si on examine les faits rap-

*'""'*'' """ les' auteurs qui ont pris la peine de noter leurs

ms, on voit qu'il s'agit de dégénérés ou d'aliénés

t mental présente d'autres caractères morbides.

« et le suicide par amour, qu'ils soient ou non

dousie, sont aussi des manifestations psychopa-

ii'on ne peut en général rattacher exclusivement

irersioQ de l'instinct sexuel.

iré. La pathologie des émotions, 18B2, p. 41».

ré. Note aur les alcooliiables (C. it. et memb. Soc. méii.

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