CHAPITRE VI
LES ANOMALIES DE L'INSTINCT SEXUEL CHEZ L'HOMME
PARESTHESIES SENSORIELLES
A côté des anomalies relatives à l'âge et à l'intensité, l'instinct sexuel présente encore des anomalies relatives aux agents provocateurs du plaisir. Tandis qu'à l'état normal le patient est éveillé surtout par un individu de l'autre sexe susceptible par ses caractères physiques, intellectuels et moraux de concourir le plus efficacement à la reproduction sexuelle et à l'éducation des produits, on le voit mis en jeu par des excitants étrangers à la fonction sexuelle ou qui ne sont erl rapport avec elle qu'à titre accessoire ou épisodique. Krafft-Ebing désigne ces anomalies sous le nom collectif de paresthésiesdu sens sexuel. On peut diviser les paresthésies en deux groupes : paresthésies sensoriellles et paresthésies psychiques. Dans les paresthésies sensorielles, l'éveil de l'instinct est provoqué par des excitations physiques anormales ; dans les paresthésies psychiques, il est exalté par des états affectifs divers.
L'appétit sexuel est éveillé surtout par des représentations ou des excitations directes portant sur les organes génitaux; cependant l'éveil peut être déterminé par des excitations et des représentations très variables.
Mantegazza fait remarquer avec juste raison que c'est
le tact qui tient le premier rang parmi les sens susceptibles d'éveiller Tinstinct sexuel *. Tantôt c'est le toucher actif, le palper qui est particulièrement excitant, d'autres fois c'est le toucher passif, l'excitation provoquée par le contact d'un individu de l'autre sexe. Quelquefois c'est une région très limitée qui provoque cette attraction ou jouit de cette sensibilité particulière qui peut aller jusqu'à l'orgasme : les lèvres, la langue, le lobule de l'oreille, la nuque, le petit doigt, etc.
On arrête quelquefois dans les foules ou dans les promenades des individus qui cherchent à toucher avec leurs mains ou avec leurs parties génitales certaines parties du corps des personnes de l'autre sexe ou même du leur, et qui sont connus sous le nom de <( frotteurs ».
L'observation suivante en fournit un exemple de cette sensibilité spéciale du toucher actif :
Observation III. — Traumatisme crânien. — Emotivité morbide. — Aliénation mentale ultérieure. — Un élève de la Salpétrière, sur l'hérédité duquel je n'ai aucun renseignement précis, mais qui avait subi dans son enfance un traumatisme crânien qui avait laissé une cicatrice profonde et avait été suivi d'une obtusion intellectuelle qui avait duré plusieurs mois, me signala un jour une émotion singulière qu'il venait d'éprouver. Il y avait dans la salle ci-devant Saint-Alexandre une vieille rhumatisante chronique, avec déformations considérables des mains et des pieds qui était bien incapable d'éveiller, même chez un jeune homme vigoureux (ce n'était d'ailleurs pas le cas), aucun sentiment esthétique. Celte femme présentait une atrophie de la peau qui donnait au tégument des mains principalement une douceur extrême, une consistance velvétique qui n'est pas rare chez les malades de ce genre complètement réduits à l'inaction. Le simple contact de ces mains provoquait l'érection chez ce jeune homme ; plusieurs fois il avait non sans étonnement répété l'expérience, et l'aveu qu'il m'en fit fut pro-
(1) Mantegazza. La physiologie de Vamour, p. 146.
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voqué par la circonstance suivante. La malade souffrait d'une mauvaise dent et qu'il avait fallu arracher. Pendant que j'exécutais cette apération, l'élève en question s'était chargé de maintenir les maine. Sous Tinfluence du contact intime, il s'était produit une éjaculation avec tout son cortège émotionnel. Ce jeune homme avait à peine conquis son grade de docteur qu'il dut être séquestré pour un accès de délire mélancolique, et il est mort dans un asile depuis plusieurs années.
Cette forme d'émotivité, qui n'est en somme qu'une variété du délire du toucher, tient une place importante dans Témotivité morbide qui pousse certains individus à s'emparer des cheveux des femmes, ou de certains objets de leur toilette, à couper les nattes ^ à voler les mouchoirs dans les foules.
L'attraction par une région spéciale constitue une forme de fétichisme; mais l'excitabilité élective qui peut aussi s'expliquer par l'association, peut rentrer dans le groupe de faits que Robert Whytt, La Mettrie, J. Hunter, J. MûUer, Gubler, ont désigné sous les noms de syncinésies, de synesthésies, de synalgésies et qui ont surtout été bien étudiés dans ces dernières années ^ et qui consistent en sensations qui sont perçues sur certains points du corps à propos d'excitations portées sur des points plus ou moins éloignés; mais qui ne leur sont unis par aucune connexion nerveuse connue.
Chez quelques hystériques, il existe sur certains points du corps des régions qui ne sont pas sans analogie avec les zones hystérogcnefl et dont le simple attouchement soit à l'état normal, soit dans le somnambulisme provoqué,
(1) Macé. Un joli monde ^ p. 265.
(2) De Fromentel. Les synesthésies et les synalgésies, ln-8», 1888. — S. Weir Mitchell, Wrong référence of sensation of pain (Themed. newê, 1895, n» 11, p. 281). — Ch. Féré. Note sur un cas de synalgésie persistante (Flandre médicale, 1895, n" 18, 1, p. 517).
détermine des sensations génitales assez intenses pour amener l'orgasme et des sécrétions abondantes. L'excitation de ces zones érogènes^ peut donner lieu à des accusations difficiles à repousser. Mais ce n'est pas seulement chez les hystériques que la sensibilité cutanée peut éveiller des sensations et des désirs sexuels.
Ferrand ^ fait allusion à une « personne qui ne pouvait toucher une petite verrue qu'elle portait à la face sans ressentir la délectation vénérienne ». J'ai observé un individu qui signalait le même effet à propos de l'attouchemement d'un fîbro-cartilage préauriculaire : c'était un dégénéré phobique mais sans stigmates hystériques.
Cabanis a signalé la coïncidence de l'érection du clitoris avec celle du mamelon chez les nourrices. Pendant la gestation l'excitation du mamelon produit des contractions de l'utérus que l'on a pu utiliser pendant la délivrance '. Des effets analogues se produisent souvent chez la femme en dehors de la grossesse; la masturbation mammaire n'est pas rare. On voit aussi des imbéciles mâles qui entretiennent l'érection p«Lr la titillation des mamelons.
Le sens de l'odorat a des rapports très variés avec la fonction génésique *. Un grand nombre d'animaux sont pourvus de glandes dont la sécrétion spéciale dégage au moment du rut une odeur très intense, dont l'action spécifique est des plus nettes. Si c'est souvent le mâle qui fournit
(1) Chambard. Du somnambulisme en général; nature^ analogies^ signification nosologique, etc., th. 1881. — Ch. Féré. Les hypnotiques hystériques considérées comme sujets d'expérience en médecine mentale, etc. (Ai^ch. de Neurologie^ 1883, t. VI, p. 131).
(2) Debreyne. La théologie morale et les sciences médicales, 6* éd., par A. Ferrand, 1884, p. 48.
(3) Dufrêche. Essai sur les appareils mammaires et de la gestation dans leurs relations y th., 1896.
(4) Gust. Jaiger* Lehrbuch der allgemeine Zoologie, III, Psychologie ^ 1880.
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les sécrétions aux odeurs les plus pénétrantes, les femelles n'en sont pas dépourvues, et on sait quel rôle le flair joue dans la recherche sexuelle dans la plupart des races domestiques elles-mêmes. Un grand nombre de physiologistes et en particulier Tiedemann ont noté que ces odeurs sont plus intenses au moment du rut. L'odeur des produits de sécrétion animale n'est pas sans efiet chez l'homme : le musc en particulier joue chez beaucoup d'individus un rôle d'excitant génésique très efficace. Chez certains, des parfums d'origine végétale produisent des effets analogues : une dame citée par Mantegazza* disait : « J'éprouve tant de plaisir à sentir une fleur qu'il me semble que je commets un péché. » Il n'est pas d'ailleurs sans intérêt de remarquer que quelle que soit l'odeur qui provoque une sensation agréable, Içs mouvements mimiques du nez et de la lèvre supérieure en particulier, rappellent ceux qui accompagnent l'excitation génésique.
Si les excitations de l'odorat retentissent facilement sur le sens génital, inversement les excitations des organes génitaux peuvent retentir sur l'organe de l'olfaction. Des excitations des organes génitaux sont capables de provoquer des phénomènes analogues à ceux qui sont normalement produits par des excitations directes de la muqueuse olfactive; on a vu des épistaxis, des crises d'éternuement se produire en conséquence d'activité physiologique ou de lésions pathologiques des organes génitaux. Romberg cite un jeune homme qui étertiuait toutes les fois qu'il avait une pensée erotique. Mackensie a noté un enchifrènement passager ou des lésions inflammatoires permanentes à la suite d'excès vénériens. Heschl a rapporté un cas d'absence des deux
(1) Mantegazza. La physiologie de V amour, p. 151. — Hygiène de l'amour, p. 174.
nerfs olfactifs coïncidant avec un défaut de développement des organes génitaux'.
On peut donc admettre que les excitations du sens génital ou de l'olfaction sont capables de provoquer des effets généraux identiques, et par conséquent une émotion semblable; il s'agit d'une équivalence d'excitations comparable à ce qui se produit dans l'audition colorée et qui ne nécessite pas une association préalable.
L'influence des excitations odorantes sur la fonction généaique doit être considérée comme normale ', et à plus forte raison les odeurs du corps humain. Mais chez certains individus le rôle de l'odorat devient très prédominant à tel point qu'en l'absence des excitations de ce sens l'activité génésique est nulle, ou que les excitations de l'odorat déterminent des impulsions irrésistibles. Cette émotivité olfactive rend compte de mésalliances momentanées ou définitives qu'on est étonné de voir faire à des hommes d'une culture élevée, mais qui sont en réalité des déséquilibrés : elle fait comprendre comment on peut "' ire et le Lac et ne pas dédaigner les filles < Il y a des personnes si aveugles de leur conqu'elles n'aimeront pas moins Hécube qu'Hé- 'site qu'Achille '. »
on n'est pas provoquée seulement par l'odeur ns annexées aux organes de la génération, ; sécrétions cutanées en général, et quelque- : sécrétion locale. Certains individus sont excileur de l'urine des femmes (renifleurs de Tar-
Mitlheilungen aiia der pat/i. aaai, Anslall iit Krakau ".he Zeilach. f. prakt. Heilk., 1861. VII, p. 177). ■
Beilrdge ïmc PItys. m. Palhol. des Olfaclorius [Arch. 2,XII,p. 122).
rrd. De la maladie d'amour ou maladie éfotiijiie, inS",
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dieu*). Ces sensibilités électives sont au seuil de la pathologie.
Observation IV. — Emotivitè olfactive, — Il y a une vingtaine d'années, j'avais occasion de chasser souvent avec un homme déjà âgé de près de 60 ans, d'une santé robuste, sans défectuosité apparente, et dont la famille, que je connaissais presque tout entière, ne présentait pas de tares névropathiques grossières. Cet homme avait l'habitude de lutiner les filles ou les femmes, quelquefois même assez vieilles, d'une façon qui me surprenait fort. Il ne s'attaquait qu'aux femmes qui travaillaient dans les champs, en chemise à manches courtes, et il s'acharnait à elles jusqu'à ce qu'il fût parvenu à introduire sa main jusqu'à leur aisselle. Quand il avait atteint son but, que ne paraissaient pas du tout comprendre ses victimes, il s'en allait satisfait, mais pendant longtemps, il portait sa main contaminée à son nez avec une expression évidente de plaisir. Après de longues hésitations, je finis par lui demander une explication qu'il me donna comme la chose la plus naturelle du monde. « C'est une odeur qui me remonte, qui me ferait faire des lieues », et il me raconta que lorsqu'il était plus jeune, les femmes qui avaient une sécrétion fortement odorante étaient capables de lui faire faire des exploits extraordinaires, et que dans ces dernières années, c'était les seules qui pussent obtenir quelque chqse de lui. Il prétendait être capable de reconnaître la continence et le moment le plus propice pour l'attaque à fond rien qu'aux qualités de l'odeur. Etant enfant, il aimait cette odeur sans savoir pourquoi. Toute sa vie, le coryza s'est accompagné chez lui d'une excitation générale persistante.
Je rapprocherai de cette observation le fait suivant qui paraît montrer que Taction excitante des odeurs du corps n'est pas nécessairement liée à Tassociation d'une émotion sexuelle. Quelques années plus tard j'ai habité en face
(1) A. Tardieu. Élude médico-légale sur les attentats aux mœurs^ 1867, p. 183.
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d'un atelier de blanchisseuses, oiiies femmes travaillaient ,
souvent l'été fort peu vêtues et les manches relevées. Une femme âgée, qui avait sa place contre la fenêtre j
m'avait frappé tout de suite en raison du souvenir de mon compagnon de chasse. Très souvent et surtout vers la fin |
du jour, où le geste n'était pas cinq minutes sans se repro- ^
duire, elle introduisait sa main droite dans son aisselle sous sa manche, puis la portait à son nez comme pour i
prendre une prise. Evidemment cette manœuvre ne pouvait avoir pour but qu'une excitation agréable, et l'autre sexe n'y était pour rien. D'ailleurs je tiens d'un de mes confrères, qui a souvent occasion de fréquenter des ateliers où des hommes et des femmes travaillent dans une tenue appropriée, que ce geste n'est pas rare et qu'il est commun aux deux sexes.
L'action excitante des parfums en général au point de vue génésique n'a pas échappé aux philosophes,
a Le doux parfum d'un cabinet de toilette, dit Jean- Jacques Rousseau ', n'est pas un piège aussi faible qu'on pense ; et je ne sais s'il faut féliciter ou plaindre l'homme sage et peu sensible que l'odeur des fleurs que sa maîtresse a sur le sein ne fit jamais palpiter. »
Les parfums les plus actifs sont ceux qui se rapprochent le plus de l'odeur des sécrétions sexuelles ou qui en dérivent comme le musc.
leurs des sécrétions cutanées varient beaucoup les individus, les roux ont souvent une odeur étrante. Ces différences ne sont pas sans influence *
otivité élective. C'est un fait qui a été noté de ps et a servi de base à des légendes. « Alexandre né des Dames plus que les autres princes pouree ueur estait plus odoriférante '. »
RoussLBQ. Emile. Amsterdam, 1772, t, I, p. 282.
jes Fenaiid, Agenois. Troklé île l'essence et nuérison de
■i de la mélancolie éi'otique. Tolose, 1312, p, i^J.
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Le coup de foudre peut être Teffet d'une impression olfactive : « En 1572 on célébra au Louvre le mariage du roi de Navarre avec Marguerite de Valois et celui du prince de Condé avec Marie de Glèves, douée, dit TÉtoile {Journ, de Henri III, année 1574), d'une singulière beauté et bonté et âgée de seize ans. Après avoir dansé longtemps et se trouvant un peu incommodée de la chaleur du bal, cette princesse passa dans une garde-robe où une des femmes de chambre de la reine-mère lui fit changer de chemise. Elle venait de sortir quand le duc d'Anjou (Henri III) y entra pour raccommoder sa chevelure, et s'essuya par mégarde le visage avec la chemise qu'elle venait de quitter. Depuis ce moment, le prince conçut pour elle la passion la plus violente *. »
On a remarqué la répugnance particulière des impuissants pour les odeurs sexuelles; et les aliénistes ont relevé depuis longtemps la fréquence des hallucinations olfactives dans les folies à forme erotique.
Une sensibilité spéciale de l'ouïe est capable à elle seule d'éveiller l'amour r. A. Dumas fîls^ en a observé un exemple intéressant. Il est certain que beaucoup d'individus sont particulièrement sensibles à tel ou tel timbre de voix, à tel ou tel accent même; mais il n'existe pas, à ma connaissance, d'observation régulière relative à une excitation génitale se manifestant brusquement par des caractères objectifs assez nets pour être considérés comme morbides sous l'influence seule du son de la voix humaine, ou d'un instrument de musique. Les excitations génésiques qui peuvent accompagner les émotions esthétiques provoquées par la musique (Stendhal), résultent de con-
(1) II. Cloquet. Osphrésiologie, 2« édit., 1821, in-8°, p. 128. — E. Tardif. Étude critique des odeurs et des parfums, leur influence sur le sens génésique, th. Bordeaux, 1898.
(2) Mantegazza. La physiologie de l'amour, p. J48.
(^) Binet. Études de psychologie expérimentale^ 1888, p. 30.
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ditions tellement complexes, qu'il est impossible d'eu dégager la valeur de tel son, ou de tel timbre en particulier.
Certaines conditions pathologiques pourtant peuvent momentanément mettre en évidence une émotivité auditive passagère. Lorsque j'étais interne à l'hôpital du Midi, j'ai observé un jeune homme atteint de blennorrhagie aiguë qui se plaignait d'avoir une recrudescence des érections chaque fois qu'il entendait à travers la porte la voix, fort agréable d'ailleurs, de la surveillante de la lingerie qu'il n'avait jamais pu voir. Cet effet disparut lorsque la période aiguë de la maladie fut passée.
Ce fait n'a rien qui puisse surprendre. On a observé assez souvent des perversions sexuelles liées à des lésions irritatives des organes génitaux et surtout de leurs téguments *. Des sensations spéciales à un sens peuvent être provoquées par l'excitation d'un autre sens; c'est ce qu'on voit par exemple dans l'audition colorée ^.
Le goût qui participe aux joies de l'amour et aux orgies de la luxure ^, peut être aussi sujet à des anomalies fonctionnelles qui entraînent une émotivité morbide. Peyer a observé Taffaiblissement des sensations gustatives et la perversion du goût dans la neurasthénie sexuelle *.
C'est sans contredit la vision qui tient la première place dans la détermination des émotivités morbides relatives à Tamour. Mais la vue joue surtout un rôle par les associations qui ont pour origine les impressions qu'elle reçoit. Nous retrouverons la vision dans l'histoire du féti-
(1) Ch. Féré. La patholof/ie des émotions, p. 31.
(2) P. Moreau (de Tours). Des aberrations du sens génésique, 2" éd., 1880, p. 91.
(3) Mantegazza. L'amour dan!s Vhumanité, p. 93.
(4) A. Peyer. Ueber ahnorine Geschmackempfindanif bei Neurastlienia sexualis (Corr. bl* f. schw. Aerzte, 1890, p. 291).
•.JH
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chisme, qui a des analogies avec les paresthésies sensorielles. Saint Liguori admettait que des chirurgiens pouvaient être excités jusqu'à la pollution à la vue des organes génitaux de la femme pendant les opérations dont ils sont le siège ^
On connaît un certain nombre d'individus pour qui le spectac^ des rapports sexuels constitue une attraction irrésistible et peut suppléer toute autre excitation : les maisons de tolérance ont une clientèle de voyeurs des deux sexes.
Les sensations de mouvement peuvent aussi chez quelques individus provoquer l'excitation sexuelle. L'érection peut être excitée par des contractions musculaires violentés : dans l'action de monter à une corde avec les mains, dans l'adduction forcée des cuisses, dans la constriction d'un corps volumineux entre les genoux, etc. Des pertes séminales peuvent se produire en conséquence d'un effort musculaire comme en conséquence d'une émotion forte ^. Certains individus, des femmes surtout, sont particulièrement excités par certains exercices : la machine à coudre, le cycle, le chemin de fer, etc.
Ces idiosyncrasies sensorielles constituent en réalité des anomalies fonctionnelles liées à des anomalies de structures qui restent à déterminer.
Le plus souvent, elles sont insuffisantes pour provoquer une satisfaction complète à elles seules, aussi jouent-elles un rôle considéTable dans le développement de l'onanisme ; c'est-à-dire que même lorsqu'elles sont développées à un faible degré, elles constituent une forme de la dissolution de la fonction sexuelle qui manque son but.
(1) Debreyne. Mœchialogie. Traité des péchés contre le sixième et le neuvième commandement du décalogue, 3® éd., 1865, p. 11.
(2) Ch. Féré. La pathologie des émotions^ 1892, p. 258.