RETOURS APPARENTS A L INSTINCT
incomparable. La grossièreté des mœurs et l’immoralité ne l’étouffent pas toujours ; mélangé parfois d’orgueil et d’égoïsme, il nous étonnera par les contradictions inattendues que sa persistance fera éclater dans des âmes viles ou criminelles. En un mot , si l’amour paternel est surtout fait de raison, l’amour maternel est surtout fait de passion et de sensibilité.
* Cette sensibilité d’ailleurs, d’autres causes travaillent à l’exalter. Dans le sexe féminin, la force active est moins développée, l’impressionnabilité l’est davantage. Les sensations, les images impriment aisément dans l’esprit de la femme, de fins, d’imperceptibles détails qui l’ont une fois intéressée ; mais en revanche, elles tendent toujours à interrompre ou à faire dévier le ' cours de ses raisonnements. Par cela même, il lui est plus difficile de réfléchir, et elle est plus prompte à . céder aux entraînements de la passion, bonne ou mauvaise. Avec moins de suite et moins de portée dans
■ l’intelligence, elle peut nous surprendre aussi bien par l’énergie de sa vertu et sa puissance de sacrifice que par la profondeur de sa dépravation. Je ne sais si -l’on trouvera jamais dans l’homme ce dévouement obscur et patient de la femme, qui tout entière à son idéal, l’imagination remplie par lui seul, ne songe ni .à ses plaisirs, ni à sa beauté, ni à sa vie, et meurt victime inconnue, « douce envers la mort, » comme envers ceux qui la lui donnent; mais je ne sais si l’on trouverait aussi souvent dans l’homme cet entêtement étroit et aveugle, quand l’idéal est mauvais, cette perversion si profonde de tous les bons sentiments. JLa femme se dévouera plus souvent pour ses enfants; 'jüus souvent aussi., elle les livrera de se£ .propres