ARCHITECTURE
Nous voici chez les architectes. Le sujet à traiter, d'après le programme, était une cour de justice, ym tribunal suprême, une cour de cassation. Programme excellent, parfaitement choisi, qui donnait aux élèves l'occasion de prouver leurs éludes, leurs sérieuses connaissances dans l'art et aussi leur goût. Aucun d'eux ne nous a semblé s'être bien identifié avec son sujet. Les plans comme les élévations, les façades surtout nous ont paru toutes semblables aux concours des années précédentes, lorsqu'il s'agissait d'ériger un muséum d'histoire naturelle ou bien des bains, ou encore une école de droit. Toujours le même fronton, à quatre, à six, à huit colonnes ; des marches, des pentes douces, etc., etc.
Un architecte très-célèbre, de mes amis, que je rencontrai dans la salle de l'exposition, me disait que le concours n'avait pas lieu entre les élèves, mais bien entre les professeurs. M. Boitte a eu le premier grand prix ; M. Thierry a obtenu le second premier grand prix, à cause de son plan, qui nous a paru le plus simple et le meilleur; et M. Pascal, le second prix. Ces trois messieurs ont certainement du talent; mais aucun d'eux n'a fait preuve de raison ni de l'originalité nécessaire que donne seule l'étude de l'art synthétique, qui nous rend naïf et vrai, et simple, n'obéissant jamais qu'à rendre notre sujet, qui, fouillé profondément, naïvement, nous fait rencontrer et trouver des formes toutes nouvelles, sans nous écarter toutefois des grandes lois de l'art.