‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 15 sur 112 · Assemblée générale des 25 et 20 juillet · texte numérisé non relu

Assemblée générale des 25 et 20 juillet

Tous les rapports furent favorables ; chacun rendit hommage au grand effort accompli en si peu de temps et à la valeur scientifique du nouvel établissement.

Le projet de décret, approuvé au Conseil d'Etat, était à la signature du Président de la République, lorsque les événements, qui se précipitaient, vinrent faire échouer les négociations si habilement conduites. La chute du ministère de Broglic, arrivée le 23 novembre 4877, et l'avènement du ministère Dufaure, le 13 décembre suivant, firent évanouir toutes les espérances. La presse irréligieuse, mise en humeur par l'annonce de la préparation du décret, essayait d'agiter l'opinion. Plusieurs conseillers d'État consultés recommandèrent l'abstention pour le moment.

Le cardinal Guibert attendit donc. Il consulta les évêques, réunis en assemblée générale le 1er août suivant, et la majorité se prononça pour l'expectative. L'expectative, hélas! allait durer longtemps!

La démission du Président de la République, l'avènement de Jules Grévy à la présidence, la nomination de Jules Ferry au ministère de l'Instruction publique ne permirent plus de conserver aucun espoir. Jules Ferry ne put contenir la haine qu'il nourrissait contre tout enseignement chrétien et il mit toute sa clairvoyance h préparer les mesures les plus capables de lui nuire.

La loi qu'il se hâta de proposer, qu'il réussit à faire voter par les deux Chambres, le 18 mars 1880, et dont nous aurons à parler plus longuement, réservait désormais au pouvoir législatif, entre autres mesures hostiles, le droit de conférer aux établissements libres d'enseignement supérieur la personnalité civile ; or, cette personnalité se conférait précédemment par un simple décret. C'était fermer la porte à toute mesure favorable à la liberté. Force fut donc de renvoyer à des

temps meilleurs le projet de reconnaissance légale (1).

Projet d'Institution canonique. — L'échec de ce premier projet en entraîna un autre, celui de l'Institution canonique de l'Université catholique.

Cette Institution, qui relève de l'autorité exclusive du Saint-Siège, était l'objet de l'ambition des évêques fondateurs; aussi fut-elle poursuivie de bonne heure. Elle est considérée à Rome comme la garantie indispensable de l'esprit vraiment catholique des Universités libres. L'expérience montre que les meilleures intentions, la foi et le déATouemcnt des maîtres ne suffisent pas sans ce lien. En retour, Rome y met comme condition l'existence d'une Faculté de théologie (2).

Pour préparer un accord avec le Saint-Siège, Mgr le Coadjuteur de Paris se rendant à Rome au printemps de 1877, traita la question avec le préfet de la Sacrée Congrégation des Etudes, l'Emmence Martinelli, et le secrétaire, Mgr Czacki.

Le cardinal Guibert, de son côté, dans un rapide passage à Rome, à l'occasion d'un consistoire, s'entretint de l'affaire avec presque tous les cardinaux qu'il rencontra et en conféra avec le Pape lui-même.

Il fit ressortir dans ses entretiens la nécessité où l'on était en France, surtout à Paris, d'aller au plus pressé, c'est-à-dire de sauvegarder les intérêts religieux et moraux de la jeunesse qui se préparait dans les Écoles supérieures aux carrières libérales. Il montra que le grand objet qu'on s'était proposé en réclamant la liberté de l'enseignement supérieur, était de compléter le bien déjà produit par la loi de 1850, et de faire, dans l'ordre

1. Assemblée générale des 31 juillet et 1" août 1S78. — Paguelle de Follenay, Vie du cardinal Guibert, t. IL p. 62:2.

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