Assemblée générale dos évêques du 3 septembre
MUTILATION DE LA LIBERTE DE L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR b/
Dans le cours de ces quatre premières années, 1.258 candidats de la Faculté libre de droit se présentèrent aux examens, dont 664 devant le jury mixte et 594 devant le jury d'Etat. La proportion des admissions, qui fut de 80 °/0 devant le jury d'État, et de 75 °/0 devant le jury mixte, malgré la valeur supérieure des candidats, donnait la preuve évidente que les exigences du jury spécial étaient plus hautes (1).
Aussi la presse hostile, accourue, la première fois surtout, pour assister aux examens, se montra sobre de renseignements, et, faute de pouvoir mordre, elle se borna à enregistrer les faits. La simple impartialité aurait dû l'obliger à reconnaître que ce mode d'examen par un jury composé était plutôt défaATorablc aux étudiants libres, et qu'il était plus propre à relever le niveau des études qu'à l'abaisser (2).
Mais, de cette impartialité, elle n'était pas capable.
Le jury spécial représentait un commencement de liberté, un premier dessaisissement de l'État, c'était trop ; il fallait à tout prix qu'il périt.
Il devint donc le bouc émissaire, « le pelé, le galeux, d'où venait tout le mal ». Une certaine presse lui fit son procès, ses ennemis s'échauffèrent à crier ses méfaits, ils lui reprochèrent de faire baisser le niveau des études, sans apporter à l'appui de leurs dires le moindre lambeau de preuve. L'intention n'était que trop claire ; il importait de préparer d'abord l'opinion, et quand l'opinion serait mise au point, on en viendrait à l'exécution du projet dont l'échec n'avait été considéré que comme un ajournement.
Les événements politiques avaient marché rapidement. Dès le début de 1879, après les élections sénatoriales qui
1. Prospectus de l'Institut catholique pour la rentrée de 1880.